01 septembre 2000 - n°146

Neufchâteau

Une île, au large de l'espoir, Le Père Lejeune, une vie d'apostolat

Petitvoir célèbre la mémoire du Père Lejeune

Le dimanche 17 septembre prochain sera un jour un peu particulier pour les paroissiens de Petitvoir. Ce n'est pas tous les jours que l'on célèbre deux anniversaires chargés d'autant de symbolique, à savoir le septantième anniversaire de la dédicace (première messe) de l'église de Petitvoir ainsi que le septante-cinquième anniversaire du retour du Père Lejeune dans son village natal, deux événements étroitement liés.

Pour célébrer dignement cette date anniversaire, le comité paroissial, initiateur du projet, travaille depuis longtemps pour que cette journée soit un véritable événement. Les travaux préparatifs ont commencé il y a plusieurs mois avec la restauration entière de la chapelle. Une exposition retraçant la vie du Père Lejeune ainsi que l'histoire de l'église viendra enrichir cette journée soigneusement élaborée par le comité des paroissiens de Petitvoir. Une messe solennelle d'action de grâce sera célébrée à 14 heures et un nouveau portrait du bienfaiteur de la paroisse sera dévoilé à l'assemblée. Ensuite vers 16h30, Louis Lejeune, neveu du missionnaire et actuel président du Cercle Terre de Neufchâteau, fera revivre l'existence du Père Léon Lejeune et son apostolat auprès des habitants des îles Fidji. Mais qui était ce fameux Père Lejeune? Levons un coin du voile...

 Doté d’une robuste constitution...

Le Père LejeuneNé le 12 janvier 1876 à Petitvoir, Léon Lejeune fut l'élève des Pères Maristes à l'école de Differt (actuelle commune de Messancy), avant d'entamer son noviciat et ses études théologiques en France. Ordonné prêtre mariste et missionnaire en 1901, il célèbre sa première messe le 14 juillet de la même année à Tournay (Neufchâteau), mais son devoir l'appelle rapidement à quitter son pays et sa paroisse chestrolaise. Il ne l'oubliera pourtant jamais, ne manquant pas de se tenir au courant de la vie de cette région qui lui tient à coeur aussi souvent que possible. Mais son destin l'emmènera à l'autre bout du monde. Destination les îles Fidji (Océanie)…

Doté d'une robuste constitution, le Père Lejeune s'intègre rapidement à la population locale. Après trois mois, il connaît la langue fidjienne et son travail est unanimement apprécié dans toute la région, il prêchera la bonne parole de village en village. Excepté un retour dans sa famille en 1925, ce missionnaire consacrera toute sa vie à l'évangélisation de ses îles d'adoption, où il décédera en 1951, après seize ans de lutte contre la lèpre. 

Il revient pour lancer la construction d’une chapelle

C'est justement lors de son retour au bercail entre le 24 janvier 1925 et le 26 janvier 1926 qu'il tient à laisser une marque de son passage. Il décide d'initier la construction de la chapelle de Petitvoir. Il ne la verra jamais terminée et l'on dispose d'assez peu de documents d'époque faisant état de cette chapelle. L'on sait cependant que pour financer l'édification, la commune de Tournay (ancienne commune) a vendu du bois. Cette chapelle sera dédiée à Ste Thérèse de Lisieux, patronne des missions, juste retour des choses...

On le voit, le Père Lejeune a joué un rôle indéniable dans la vie de la paroisse et ces habitants ne l'ont pas oublié. De retour aux îles Fidji, il poursuit son inlassable travail. Son obsession ? Convertir un maximum d'autochtones. Son œuvre sociale ? Sortir les habitants de leur conditions misérables en leur apprenant à bâtir et à cultiver. Personnage illustre, son œuvre est particulièrement bien suivie par les journaux catholiques de l'époque. On parle beaucoup de lui, même dans les pays étrangers.

On le compare souvent au Père Damien et sa maladie n'y est certainement pas étrangère. En effet, en 1935, il est reconnu lépreux pendant un séjour à Sydney, où il représente ses confrères dans un chapitre de la province d'Océanie. Le diagnostic confirmé, il se résout à la séquestration dans l'île de Makogaï. 

 Un dévouement exceptionnel pour la léproserie de Makogaï

Le Père LejeuneSemblable coup du sort n'est cependant pas prêt d'abattre le Père Lejeune. Il prendra à cœur de ne pas perdre ce temps précieux. Placé par la volonté de Dieu dans un monde de misère, il saura par son exemple et son activité y faire régner la joie. Sa maladie va lui permettre d'être tout proche de ses compagnons d'isolement forcé, de leur parler, de les instruire et d'en faire des chrétiens. Cet enfermement durera seize ans. Seize longues années où gagné par la maladie, il s'est employé pour faire de Makogaï, une île de paix et de joie. Médaillé de la croix de Chevalier de l'Ordre de Léopold, en reconnaissance des services éminents rendus à la Belgique au cours de ces cinquante années d'apostolat aux îles Fidji, comme du dévouement exceptionnel dont il a fait preuve à la léproserie de Makogaï.

C'est cet homme d'exception que les paroissiens de Petitvoir ont décidé de mettre à l'honneur ce dimanche 17 septembre. L'exposition organisée à sa mémoire réunit quelques objets personnels du Père Lejeune ainsi que des objets provenant des îles Fidji. Ces îles au large de l'espoir, comme le chantait un certain Jacques Brel…            
M. P.


Cérémonie d’hommage à la mémoire d’Augusta Degive, ancienne résistante et déportée

 

Ce dimanche 27 août, en début d’après-midi,  dans les jardins de la place de la Foire, la bourgmestre, Mme Gendebien, a dévoilé une plaque commémorative en souvenir de Mme Augusta Degive-Manant, ancienne prisonnière politique et déportée au camp de Ravensbrück et ancien membre de la presse clandestine.

Cérémonie d'hommage à la mémoire d'Augusta Degive, ancienne résistante déportéeAu cours de la cérémonie,Mme Gendebien a retracé le destin exceptionnel de cette dame disparue en avril 1996.

”Née à Neufchâteau en 1916, Mme Degives s’est engagée dans la résistance en 1943, au sein du Front de l’Indépendance (F.I.), son mari Sylvain Robert avait été capturé au combat en mai 1940 et envoyé au camp pour cinq ans. Elle devient courrier du F.I., faisant preuve d’une totale abnégation. Un mois avant la libération de Neufchâteau en septembre 1944, elle est arrêtée dans un bois près de Huy et déportée à Ravensbrück, camp d’internement situé à cinquante kilomètre de Berlin. Elle souffrira pendant neuf mois avant d’être triomphalement accueillie à Neufchâteau. Ses épreuves n’étaient pourtant pas terminées : sa maison avait été bombardée et son mari ne survivra que deux ans à ses années de captivité.”

La bourgmestre  invita ses concitoyens a ne jamais oublier celle qui fut la figure de proue de Neufchâteau dans le combat pour la liberté : ”Mme Degives était de la trempe dont on fait les héros”.

 

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