02 novembre 2001 - n°168

Neufchâteau

Petit batteur deviendra grand !

Ce 23 novembre 2001 sortiront deux ouvrages, accompagnés de deux CD et de deux cassettes vidéo produits par Stéphan Lay. Présentation.

Batteur et percussionniste de profession, autodidacte, Stéphan Lay se mue en professeur pour les jeunes et les moins jeunes. Suite à ses découvertes musicales, il s'est dit qu'il pourrait partager cette passion avec d'autres personnes que ses élèves. Et ainsi faire découvrir son approche de la musique à une plus grande tranche de la population.

Stéphane Lay" Mélodies & Mouvements " ainsi que " Batteries & Percussions " sont les premiers ouvrages de Stéphan Lay. Dans le premier, Stéphan livre tous les bons conseils pour les batteurs avertis ou futurs. Ces petites choses nécessaires pour se sentir en parfaite harmonie avec son instrument : la forme, la respiration, l'organisation de la batterie … . Stephan le dit lui-même, dès l'enfance il fut fasciné par l'infinité des qualités mélodiques que peut offrir une batterie. Les différentes matières qui la composent, ses peaux, ses sonorités, font de cet instrument un objet qui peut revêtir mille facettes. Il nous parle également de l'influences de grands musiciens qui ont bouleversé son approche du monde des percussions : Art Blakey et Tony Williams.

Dans " Batteries & Percussions " , Stephan Lay développe plus le lien qui lui tient à cœur. Comme le dit si bien le titre, combiner l'art de la batterie à celui des percussions. Tout cela est né de l'envie de connaître de nouvelles sensations, et surtout pouvoir partager les mêmes envies entre deux langages différents. Car il est conscient qu'un batteur et un percussionniste possèdent un langage propre à leur style, mais l'enjeu est justement là, expérimenter un jeu batterie/percussions à mi-chemin entre les deux ! Trouver une sorte de phrasés communs, et créer une complicité entre l'utilisation des deux instruments. Ce deuxième recueil se tourne vers les connaisseurs, ayant envie d'explorer une approche musicale inexpérimentée, permettant la découverte de nouvelles sensations : différents instruments utilisés pour la main gauche, droite, le développement rythmique au pied, les stades de coordinations… Mais derrière ces livres se trouve un homme, passionné, qui vit pour la musique… Qui est-il ?

Stephan Lay n'est pas tombé dans la musique par hasard. Dès six ans, il débute pour poursuivre professionnellement à douze ans dans l'orchestre de son père. C'est en tant qu'autodidacte et ayant une expérience multidirectionnelle qu'il part travailler au Sénégal avec les musiciens de l'orchestre National ainsi qu'à l'école de la Havane à Cuba. Batteur et percussionniste, il écrit sa méthode basée sur une lecture parallèle et propose à ses élèves la possibilité de jouer des concerts avec une formation de plusieurs batteurs, percussionnistes et musiciens divers. C'est ainsi qu'on a pu le découvrir entouré de ses élèves aux concerts du Chest'Rock en 1997 et 1998. Musicien de jazz, il est principalement influencé par part Art Blakey, Tony Williams, Tata Guiness… Ses cours sont accessibles dès l'âge de cinq ans, et peuvent former dans différents registres : cours de rythmique (danse, chant, piano, guitare…), perfectionnement… tout cela axé sur la pratique de l'instrument avant tout !

Stéphane LayL'info : - D'où te vient cette passion pour la musique ? Est-ce parce que tu as été poussé par ton père ?
Stephan Lay : - Cela vient du fait que j'ai baigné dans cet univers-là. J'étais comme l'est un enfant en Afrique, bercé par sa maman par le chant et le rythme. Donc à un moment donné on se retrouve passionné. Et puis cela s'est fait naturellement car les musiciens de l'orchestre de mon père étaient souvent présents à la maison. Cela explique peut-être aussi que je sois autodidacte, je n'avais en tout cas aucune envie d'aller dans une école de musique.
L'info : - A six ans, tu as commencé à jouer de quel instrument ? "
S.L : - Ah ! pas du tout la batterie ! Mon père était accordéoniste et j'ai commencé par l'accordéon ! Et puis dans l'orchestre de mon père, il y avait un très bon batteur et je me suis de plus en plus rapproché de lui. J'ai eu progressivement une espèce de coup de foudre. Et puis peu de temps après, à douze ans, je l'ai remplacé. "
L'info : - Parle-nous de ton parcours, de ton voyage en Afrique de l'Ouest…
S.L : - Je suis parti en Afrique en 1988, un peu à l'aventure, une batterie démontée dans mon sac à dos, et je suis arrivé à Dakar. J'ai intégré, comme ça, en fonçant, l'orchestre National du Sénégal. Le but était de proposer, dans un orchestre traditionnel, le mariage de la batterie et des percussions. Car la batterie n'y a pas généralement sa place. J'y ai fait seize concerts en trois mois, dans les ambassades, les théâtres, les stades de foot…. De plus j'ai toujours été influencé par Art Blakey, et lui-même dans les années 50 avait fait le même parcours au Nigéria, donc j'avais un peu envie de l'imiter.
L'info : - Et puis Cuba…
S.L. : C'était en 1994, et là aussi j'ai eu beaucoup de chance. J'ai pu faire de nombreuses rencontres, dont Tata Guiness qui est l'un des plus anciens percussionnistes (pour l'anecdote, il est le professeur des percussionnistes de Carlos Santana !). Toujours avec ce but d'amener la batterie, de stimuler les musiciens là-bas, pour provoquer un échange entre les percus et la batterie. "
L'info : - Pourquoi ces destinations ? Le Sénégal, Cuba et bientôt le Brésil ? "
S.L. : - C'est une sorte de triangle magique, un lien entre l'Afrique de l'Ouest, le Brésil et les Caraïbes. Cuba, c'est vraiment un carrefour culturel d'une richesse exceptionnelle.

Propos recuillis par
Gr. Franceus

Tchesté Paradise conforte sa réputation et celle de ses concerts

Les Chestrolais ont le Blues dans le sang. Après un festival en avril (Fred & The Healers…), le Chest'Rock en juillet (Chilly Willy…), et un mini-festival fin août, le Centre du Lac a bougé au sons des guitares Blues/Rock ce 3 novembre.

Fort d'une renommée grandissante, l'asbl Tchesté Paradise a remis le couvert dans le hall du centre ADEPS. Un 3 novembre, trois groupes pour trois cents personnes ont joué : Albert Blues Band, Shawn Pittman (USA), et Montana Red Dog (NL).

Cette soirée a mis l'accent sur la variété de style. C'est Albert Blues Band qui commença le spectacle, en remplacement de JMH. Band, et c'est en terrain connu qu'ils se produisaient. C'est leur deuxième représentation (ils sont déjà venus en 1999). Les régionaux de l'étape nous ont offert un visage teinté de rock, blues, de slows et de reprises de standards comme Jimi Hendrix, les Doors ou encore Deep Purple. C'est en fait différentes sources d'influences qui se rencontrent chez Albert Blues Band. Des envolées solistes, un batteur punk, et un chanteur à la voix proche de Rod Piazza : et la sauce monte. Ce frontman essaya de faire bouger un public encore amorphe, et c'est par le côté Rock'n Roll qu'il y arriva. Les cinq musiciens se donnèrent, partagèrent, mais on peut rarement oublier cette maxime "mais qu'il est dur d'entamer un festival" !

Attention, pour le deuxième band, "on va faire pipi dans notre culotte" dixit Eric Lafalize, organisateur principal du festival… et bon sang, comme il a raison ! C'est le Sud des Etats-Unis qui débarque (Austin, Texas), et de bien belle manière. Shawn Pittman et ses deux acolytes mettent le feu à la scène. Ils alternent Boogie Woogie et Blues Rock. Un dynamisme scénique qui ne laisse pas le public indifférent ! La complicité des musiciens met en exergue ce côté chaleureux, et pourtant le combo n'existe sous cette version que depuis trois mois !

Nico Leophonte, batteur : "Shawn jouait déjà avant que nous nous rencontrions. C'est lors d'une jam que nous avons fait connaissance. Et tout s'est précipité. C'est pour nous la première tournée en Europe. Et on peut dire que le public était assez chaud ! On s'est bien éclatés, et surtout on a eu un très bon accueil !"
De quoi ravir les organisateurs, tous les groupes qui passent par le Tchesté Paradise en ressortent toujours heureux ! Et ce n'est pas pour rien que le premier rappel de la soirée a été demandé.
(adresse du site : http://www.ShawnPittman.com)

Sur de telles bases, le tapis rouge était dressé pour le groupe suivant, Montana Red Dog. "Ce groupe hollandais mérite d'être plus connu qu'il ne l'est" nous souligne Eric Lafalize. Quatre musiciens sur scène et on ne sait à quoi s'attendre… et ce fut une grosse surprise de découvrir un groupe au style si particulier. Ce n'est pas un groupe qui est sur les planches, mais plusieurs, tellement ils arpentent des styles forts différents. On passe par le rock, le blues, la country, le folk…
Quand les lumières vertes se mettent à irradier les musiciens, c'est toute la scène qui absorbe, et rend une atmosphère chaude, proche des rives du Mississippi. Il ne manque qu'un décor pour nous y croire. L'intensité monte d'un ton. On ferme les yeux et le rythme nous lance au plein milieu du pays des cow-boys. Ce sont différentes dimensions qui s'emparent de Neufchâteau. C'est le calme et la tempête, et le chanteur n'est pas étranger à tout cela ! En véritable leader, il arpente la scène, donne de la mouvance et de la voix, joue de l'harmonica ou du banjo.

La diversité est l'arme première de Montana Red Dog, et ils savent s'en servir.

De nouveau, l'asbl Tchesté Paradise nous a étonnés, en nous proposant un festival qui ne détonne pas avec les éditions précédentes. La jeunesse présente y vient de plus en plus nombreuse. Pour conclure ? A quand le prochain concert ?

Greg Franceus

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