03 mars 2000 - n°139

175 ans des Pompiers

Le centre ville éventré par l’incendie du siècle

maison RenoyLe 18 octobre 1899, vers 21 h, une lueur rouge éclairait sinistrement le ciel de Neufchâteau, tandis que d’innombrables étincelles s’envolaient, emportées par un vent violent. Un incendie venait de se déclarer en plein centre de Neufchâteau.

Le feu commence rue de l’Industrie dans la maison occupée par les sœurs Vanhau, qui exercent la profession de modistes. Les flammes gagnent rapidement la grand-rue et la rue de Longlier, le foyer prend alors une ampleur effroyable. Des passants attirés par les crépitements donnent l’alerte, en criant dans les rues : " Au feu, au feu ! ".

Rapidement plusieurs personnes sont présentes et crient à leur tour pour réveiller les habitants en danger, déjà couchés à cette heure. D’autres courent chez Camille Yungers, chef des pompiers.

Rue RooseveltLes pompiers-clairons sont rapidement à pied d’œuvre, ils courent aux quatre coins de la ville pour sonner le rassemblement de leurs camarades. Le rappel de l’effectif se fait rapidement. Les hommes du feu accourent au local des pompes. Chaque équipe se dirige vers le sinistre avec son matériel.

Pendant ce temps, des habitants se sont rendus à l’endroit du stockage des échelles et parviennent à réaliser le sauvetage d’une maman et de son enfant.

Les pompiers sont sur place, ils positionnent les engins à des endroits judicieusement choisis par leurs chefs. Ils se raccordent à la distribution d’eau installée depuis peu et commencent l’arrosage massif des foyers. Entre-temps, le feu n’a cessé de grandir en intensité. Une équipe de sapeurs grimpe sur les toits pour réaliser un coupe-feu, mais cela ne suffit pas et le feu a vite fait de sauter au-delà de ce barrage.

Le feu est alimenté par les charpentes de bois très sèches, par les cloisons en torchis qui séparent les maisons et surtout par un vent violent. L’incendie ne cesse de progresser. Plus d’une dizaine de maisons sont en feu. Quand on croit l’incendie arrêté par une muraille élevée, des flammèches créent un brasier plus loin.

Une grande partie du quartier est la proie des flammes. Le foyer, difficilement contrôlable, est présent sur trois fronts. Au fur et à mesure de la soirée et de la nuit, il n’y a plus rien à faire pour les maisons de la grand-rue.

A ce moment, la tactique de combat change, on déplace les pompes pour réaliser un véritable mur d’eau avec un maximum de lances. On arrose copieusement les toits restants du quartier. Le feu ne progresse plus, il est finalement maîtrisé vers 6 h du matin. Une vingtaine de maisons sont détruites.

Ces maisons appartenaient aux familles Emile Renoy, Vanhau, Gérard Delvaux, Lepot, Perin, Charlier, Gozin, Burnotte, Gilles, Chenot, Maréchal.

J.-M. Panier

Retour au sommaire



Publicityweb Référencement & E-marketing


Retour page d'accueil