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03 mars 2000 - n°139
Haro sur les chevaux... à vapeur
Dans le cadre du centième anniversaire de la commune, un groupe de passionnés dhistoire locale est occupé à rassembler toute linformation utile pour la rédaction dun livre sur cet événement. Parmi eux se trouve Maurice Merenne, originaire dArville, retraité heureux à Hatrival mais qui a lié toute sa vie professionnelle à Libramont-Chevigny. Il a décidé dapporter sa contribution à cet ouvrage en se chargeant de retrouver tous les éléments liés à la gare de Libramont. De lancienne à la nouvelle gare
Place de gare Comme lindique encore le nom de la rue perpendiculaire à la grand-rue, il y eut en réalité deux gares à Libramont. Maurice Merenne continue à ce jour de chercher dans les archives des Chemins de Fer, à Bruxelles et à Namur, pour trouver des plans de cette ancienne gare. Plus personne, apparemment, nen possède de photos, ce qui est loin dêtre le cas de la gare actuelle. "Tout ce que nous savons de cette ancienne gare, ajoute Maurice Merenne, cest quil sagissait dun bâtiment en bois, rapidement dépassé par lampleur prise par lactivité ferroviaire à Libramont. Le premier train qui est passé à Libramont la fait le 17 octobre 1858, venant de Grupont pour aller à Arlon. Les plans de lancienne gare remontent au mois de mars 1886 et son inauguration daterait de 1890... Ce que peu de gens connaissent, cest la particularité de lactuel bâtiment. Il est en fait de style frontalier, avec deux tours, ce qui est rare pour une gare située en plein coeur dune province. Cette architecture avec deux tours se rencontre fréquemment dans les zones frontalières, comme à Lamorteau ou en province de Liège. Pourquoi deux tours ? Parce que la première était réservée au chef de gare et la seconde au receveur des douanes.". Toute la gare et ses environs sont rapidement devenus une importante plaque tournante. De petits commerces se sont installés alentour : lhôtel du Roi (construit en 1891 par Émile Olivier), une quincaillerie, un café et même un...casino! Mais surtout il y a eu lactivité bois et ses quais remplis de cet or vert en provenance de tout le centre de lArdenne. Ensuite, Libramont a pu compter sur l'essor extraordinaire de la Foire agricole, l'implantation de la poste et de son centre de tri, la RTT, puis plusieurs entreprises importantes, des administrations, des écoles. Avec les fusions, et le retour de Saint-Pierre dans le fief de Libramont-Chevigny, la cinquième commune du royaume (en superficie avec 17 895 ha), est aujourdhui forte de ses neuf milliers d'habitants, prêts à fêter ce qui est quelque part leur centenaire! Par contre, la gare na que très peu évolué, restant quasi dorigine dans ses proportions. Sa salle dattente est toujours aussi petite alors quen 98, environ 3015 voyageurs y transitaient au quotidien, un chiffre à comparer aux 2400 dArlon, pourtant chef-lieu de la province. Ses abords ont eux enregistré plusieurs rénovations dont la dernière en date, très réussie, vient de se terminer. Les belles flammes des archives Commune récente, Libramont ne possède que peu darchives et a fortiori quand on apprend, de Maurice Merenne, qui tient cette triste anecdote de lancien receveur Louis Duchêne, que "les Allemands ont occupé lancienne maison communale en 40-45 et faisaient du feu avec les archives qui ont été brûlées parce que, selon les occupants des lieux, elles faisaient de belles flammes... Le pont a lui aussi subi de graves outrages. En 14-18, il a été agrandi par les Allemands toujours, pour la bonne raison quil nétait pas assez large pour passer avec leur charroi. Ils allaient pourtant le faire sauter en 40... ". Voilà un avant-goût du livre consacré à lévolution économique de Libramont et, ce faisant, à sa gare. Deux expositions auront lieu en mai, lune dans la gare consacrée aux chemins de fer, avec du matériel et des maquettes dont celle de la nouvelle micheline qui entrera en fonction sur la ligne de Bertrix désormais électrifiée, et lautre au Centre Culturel libramontois avec des photos du chemin de fer et de tout le passé de cette commune. Avis aux amateurs et... merci à Maurice Merenne, le plus Libra-montois des Borquins. P. Willems |
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