03 mars 2000 - n°139

Tourisme

Les acteurs du tourisme rural ont-ils été entendus ?

L’annonce dans la presse quotidienne de l’attribution d’une maison du tourisme pour le territoire de Habay-Léglise-Neufchâteau a créé une heureuse surprise chez les acteurs du tourisme rural. A l’heure où nous écrivons ces lignes, le ministre doit encore confirmer la décision en y apposant sa signature. Il faut donc rester prudent tant que cette annonce n’est pas confirmée officiellement. Mais un vent favorable souffle sur le centre de la province. Profitons de cette actualité pour nous pencher sur le développement du tourisme rural chez nous.

La mutation du secteur

Dotée d’une nature et d’un patrimoine exceptionnels, la province de Luxem-bourg constitue une destination de vacances par excellence. Au fil du temps, le tourisme s’est structuré et diversifié pour devenir une industrie à part entière.

Au cours de ce dernier quart de siècle, le tourisme a été marqué par de profondes mutations. Ainsi, aux lourds équipements touristiques tels les villages de vacances, on préfère aujourd’hui un tourisme vert diffus, via la création de gîtes ruraux et de chambres d’hôtes.

L’aménagement de locations touristiques a connu un essor considérable au cours des années ‘90, répondant ainsi à une demande croissante des touristes orientés vers plus de nature et d’authenticité.

Le développement du tourisme rural a entraîné un regain d’activité dans certaines régions de notre province. Ce phénomène est à l’origine d’une dynamique locale que les entrepreneurs, fournisseurs, commerces et services collectifs sont les premiers à apprécier. Nombreux sont ceux qui ont compris l’attrait de ce tourisme rural. Au chiffre d’affaires annuel que représentent ces nouveaux consommateurs, il faut ajouter les dépenses d’investissements consenties tant par le secteur privé que public pour l’infrastructure et l’équipement touristique.

Si les bénéfices générés par les locations ne sont pas plantureux, ils servent à amortir les frais inhérents à la valorisation du patrimoine bâti. De plus, la location touristique permet aux propriétaires d’hébergement de disposer d’une souplesse d’occupation des bâtiment et de garder une plus grande maîtrise des lieux.

La mise en valeur du patrimoine

Comme toute activité en développement, l’essor du tourisme rural a des retombées sur l’environnement, certaines positives, d’autres négatives.

Au chapitre des conséquences positives, la restauration et la réhabilitation de nombreux bâtiments désaffectés contribue à créer une dynamique environnementale telle qu’un engouement des villages pour la restauration des logements, un attrait plus prononcé pour la mise en valeur du patrimoine et une décoration florale plus recherchée.

Un autre avantage du développement du tourisme rural est qu’il atténue fortement les inconvénients liés aux grosses infrastructures destinées a accueillir un tourisme de masse. Il permet donc une meilleure osmose entre le tourisme et l’environnement.

Les bénéficiaires du tourisme

L’activité touristique interfère dans de nombreux secteurs. Les emplois créés par cette activité sont difficiles à identifier.

Les dépenses des touristes procurent du travail et créent des emplois directs : hôteliers, restaurateurs, commerçants... Très souvent, ces bénéficiaires directs sont les intermédiaires de bénéficiaires indirects qui sont les fournisseurs des branches touristiques. Par exemple, un restaurateur achète de la viande pour fabriquer un repas et crée ainsi des revenus auprès du boucher.

La nature, principal produit d’appel

Le principal produit d’appel de notre région est la nature, sa forêt, ses rivières et ses paysages.

Le choix du tourisme rural est surtout motivé par une recherche de calme, de détente et de contact direct avec la population locale. Les amateurs de séjours convoitent avant tout les promenades et la découverte de la nature. Ils représentent 40% de la population touristique.

L’attractivité de la Forêt d’Anlier

Parallèlement au développement du tourisme rural, chez nous une nouvelle dynamique d’encadrement s’est constituée. Un partenariat associant les pouvoirs publics locaux et le secteur privé a vu le jour via le projet Tarpan. Il vise principalement au développement de randonnées balisées.

Les syndicats d’initiative ont redéfini leurs missions et accélèrent la professionnalisation de l’accueil et de la promotion.

On observe aussi une prise de conscience des pouvoirs publics quant à la réalité du potentiel économique que représente le secteur touristique.

L’attribution d’une maison du tourisme pour le centre de la province est considérée comme une reconnaissance de la vigueur de ce secteur. La création d’un nouveau pays d’accueil qui repose sur l’attractivité de la célèbre Fôret d’Anlier est aussi la reconnaissance d’une identité propre et un dynamisme prometteur.

La remise en question de la création d’une maison de tourisme entraînerait une grande déception et sa non-réalisation nous reléguerait en queue de peloton des régions dynamiques.

Olivier Weyrich

Sources : Impact socio-économqiue du tourisme en prov. de Luxembourg, étude réalisée par la FTLB

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