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03 juillet 2003 - n°212 - 213
De l’écrit à l’écran “Et si on réalisait un court métrage ?” Mis au défi par leur professeur de complément de français, une vingtaine de rhétoriciens de l’institut Saint-Michel de Neufchâteau ont relevé la gageure de ce pari un peu fou. Chronologie d’un travail original rempli de difficultés. Habituellement, le cours de complément de français propose à ses participants d’aborder la poésie, le théâtre ou le roman d’une façon un peu plus “libre” que le cours de français traditionnel. En septembre 2002, Quentin Dekimpe, professeur fraîchement arrivé à l’institut Saint-Michel, bouleverse la routine en proposant à ses élèves de réaliser un court métrage. Euphorie générale avant de se rendre compte de la difficulté de la tâche. Comment écrire le scénario ? Comment gérer le plateau de tournage ? Quid de l’image, de la bande-son, de l’éclairage, du casting, de la musique, du montage… Face à tous ces questionnements, un laborieux travail de documentation et de recherche est mis en marche pour aboutir finalement à la décision de réaliser un court métrage commun à toute la classe. Las, les aléas scolaires, le degré de disponibilité de chacun et la complexité du projet amèneront les élèves à se scinder en quatre groupes avec la volonté de réaliser chacun un court métrage sur un même thème, en l’occurrence le sida. Chaque équipe écrit son scénario, le confronte aux autres, modifie les plans, l’enchaînement des dialogues, la durée, le choix des interprètes… tous ces éléments qui concourent à l’élaboration d’un film. Le story-board se précise (mouvement des caméras, durée des plans…). Le matériel (table de montage, éclairages…) prêté par la Communauté française arrive. On dégote une caméra VHS et on peaufine le plan de tournage. Par sécurité, on fait appel à François Pirot, cinéaste originaire de Neufchâteau et animateur du ciné-club Moulin Klepper, pour collecter le maximum de conseils utiles. La poésie et la teneur dramatique d’une scène pouvant dépendre d’un plan qui dure un peu, d’une pièce laissée vide après la sortie d’un personnage ou d’un enchaînement rapide de gestes. Le voisinage de deux plans, de deux couleurs ou de deux formes produit des effets sensibles, parfois effets de sens qui font la logique et la matière d’un film. Un seul court métrage Il ne reste plus qu’à confronter le film aux yeux du public. Une projection est effectuée via un écran de télévision pour les élèves et quelques professeurs. Les réactions sont encourageantes et tous saluent le travail accompli. Mais cela reste une “projection privée”. Alors, on franchit le pas. Et ce soir, jeudi 26 juin, ils vous présenteront leur court métrage en première partie de la séance mensuelle du ciné-club Moulin Klepper. à 20 h, la magie du cinéma opèrera et le grand écran s’illuminera pour trois minutes d’aventure et de partage avant de laisser la place au Dictateur de Charles Chaplin. Avoir Charlot comme “parrain” de cinéma, qui dit mieux ! D’autant que leur court métrage possède une bande son muette de dialogues et qui laisse la place à un travail sur la musique pour suggérer les émotions. Si vous voulez soutenir cette initiative originale, rendez-vous ce soir au Moulin Klepper. Clap de fin. P. Dabe |
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