04 septembre 2003 - n°216 - 217 - 218

Région

Caniculaire !

À l’instar de 1976, l’année 2003 marquera les esprits à cause des effets de la chaleur. Les eaux de surface se sont évaporées, les prairies ont laissé voir des étendues rousses. On a rêvé d’air climatisé, mangé des crèmes glacées, pendant que poules et vaches adoptaient une respiration courte et que certaines routes fondaient comme du chocolat.

Denis Collard météorologueEntre deux bulletins diffusés à la radio, Denis Collard, météorologue local, nous reçoit pour établir un bilan des dernières semaines et expliquer ce phénomène qui nous laissera un souvenir brûlant. Ici, nous devons un peu quitter notre Ardenne centrale et regarder les conditions climatiques dans leur globalité.

" L’été 2003 est marqué par la conjonction de deux choses. Un anticyclone est resté assez longtemps sur l’Europe occidentale, ce qui a engendré d’une part un temps sec et d’autre part, il nous a envoyé des courants de sud très chauds, d’origine subtropicale. Après, cela s’est un peu calmé au niveau de l’origine de la masse d’air, mais par contre, même si cette masse était un peu plus chaude que la moyenne, le sol, étant sec, ne rejetait plus d’humidité.

Quand on a du brouillard, de la rosée, cette humidité consomme des calories pour s’évaporer. Ici le soleil chauffait directement l’air. De plus, quand on a de l’humidité au sol, l’évaporation génère des vents thermiques. Ici, rien de tout cela !

Ce qui est remarquable, c’est que l’anticyclone est resté longtemps. Donc, on n’a pas vraiment de record de température, mais pendant de nombreux jours, la température est restée au-dessus de la barre des 30°C en journée. L’organisme doit encaisser ! On devrait prendre d’autres habitudes de vie, comme dans le sud. Par exemple fermer les commerces entre midi et seize heures, marquer une pause. ”

On n’avait pas beaucoup de vent, puisque nous avions un anticyclone au-dessus de nos têtes et que par définition cette zone de haute pression se caractérise par un ciel bleu (les rares cumulus se dispersent rapidement) et l’absence totale ou quasi totale de vent. C’est ce que l’on nomme “ vague de chaleur ”. Le même type de temps se présente en hiver et est nommé “ vague de froid ”. Ce ne sont pas des termes rigoureux, mais on comprend bien ce que l’on veut dire.

“ Si ce n’est la parenthèse que l’on a eue lors de la Foire agricole de Libramont, le temps est resté invariablement sec… et ce n’est pas près d’être fini ! Ce matin (le 14 août) on peut déjà dire que la situation durera jusqu’à samedi. Au-delà, deux modèles météo se confrontent. Le premier donne une persistance du temps anticyclonique, jusqu’à dimanche en huit, avec peut-être, mardi, une dépression qui passerait sur le nord de la Hollande et qui pourrait provoquer quelque chose chez nous, et encore !

Le second donne un peu de pluie, mais apparemment les météorologues belges se mettent plutôt du côté du modèle américain qui prévoit une barrière anticyclonique. S’il tombait six à huit litres la semaine prochaine, ce n’est pas cela qui arrangerait le problème de la sécheresse. Les nappes phréatiques ne vont pas se recharger avec ça ! Heureusement, on a eu un hiver “ exemplaire ” : on a eu de la neige qui a tenu un mois. Elle a fondu lentement et une percolation lente a eu lieu. Après, en mai on a eu peu de pluie. Juin fut magnifique et juillet superbe. On va sûrement parler de l’année 2003 comme d’une année extrêmement sèche.

Si on ramasse de grosses pluies d’orage, l’eau a tendance à courir sur le sol et a ne pas imprégner la couche de terre. L’idéal, ce serait d’avoir de la bruine pendant deux jours, une fine pluie pendant deux ou trois jours. On voit que l’assèchement gagne en profondeur.

Actuellement, d’une manière générale et d’année en année, la tendance est incontestablement à la hausse au niveau des températures. Si on regarde l’évolution, on voit qu’entre 1890 et 1900, il y a eu un réchauffement. Par contre entre 1950 et 1970, on a noté un net rafraîchissement. Depuis 1990, on remarque que les années les plus froides correspondent aux années les plus chaudes de 1970 !

Dans les prévisions climatiques, les modèles indiquent un réchauffement sur les zones les plus froides, comme l’arctique, l’intérieur des continents. Chez nous, nous ne devrions gagner qu’un ou deux degrés. Mais on doit, si cela se vérifie, s’attendre à des phénomènes en cascade. Si avant on avait une vague de froid qui descendait du pôle en nous apportant des températures très basses, on devrait s’attendre à l’avenir à des vagues moins froides.

Mais il est très difficile d’établir des modèles. Quand on reprend les anciens, on remarque qu’à certains moments les observations sont en phase avec ce qui avait été prévu, mais qu’à d’autres, les différences sont très grandes .”

Donc, rien de neuf sous le soleil pour l’instant, pourrions-nous dire, si ce n’est que le vin devrait être exceptionnel. En Ardenne, nous pouvons peut-être nous consoler en allant cueillir les lourdes grappes de sureau. Les prunelles aussi sont abondantes et magnifiques.

B.H.

Un camion citerneUn camion citerne au garage de la grand-garde de la Protection civile de Neufchâteau, c’est tout ce qu’il reste ! Et encore, celui-ci n’est à l’arrêt qu’un court instant pour réparation. Depuis le 6 août, les hommes sont en extérieur à plein temps. Après avoir eu chaud dans un feu de ferme où ils ont dégagé des ballots, ils n’ont cessé de transporter de l’eau : à Grapfontaine, 40 000 litres, à Nimbermont, deux fois 20 m3 à répartir dans deux réservoirs, à Chiny, à Remagne, encore à Grapfontaine… Retour à Chiny, intervention à Libramont, Herbeumont, encore Remagne, ravitaillement à Monplainchamp.

Bien souvent, le fontainier local les attend sur place pour indiquer un endroit où ils peuvent pomper de l’eau fraîche afin de la conduire au château d’eau, au réservoir. Entre-temps, ils iront conduire la Lambardiny (une grosse pompe) à la pisciculture provinciale de Mirwart, parce que le ruisseau qui l’alimente est à sec et qu’il faut puiser l’eau dans une rivière proche. Des scouts ont soif sur leurs prairies roussies. C’est vrai qu’il était prévu de les approvisionner, mais voilà qu’ils se mettent à boire deux fois plus ! Et pour couronner le tout, le MET les appelle pour refroidir la chaussée : des réparations restent désespérément à l’état liquide.

Jacques Cheppe pisciculteur À Petitvoir, comme partout en Europe de l’Ouest, le soleil darde ses rayons brûlants sur les toits et les prés, les gens et le bétail… depuis plusieurs semaines. Le niveau des eaux de surface est au plus bas, tandis que leur température culmine au-delà des vingt degrés ; sale temps pour les " fario " ou les " arc-en-ciel " !

C’est en 1994 que Jacques Cheppe décide de devenir pisciculteur à titre complémentaire. En 1995, il met à l’eau ses premiers alvins. Dès le premier été, il est confronté à une vague de chaleur, mais comme son élevage est réduit, la saison se passe sans mal. Les années suivantes, il s’équipe de filets contre les martins-pêcheurs et surtout ce héron qui a pris l’habitude de déjeuner de deux truites. Il agrandit sa pisciculture, s’équipe de filets d’ombrage et de jets d’eau. Bien lui en prit, parce qu’aujourd’hui, sans cet attirail, ses poissons auraient succombé sous la chaleur infernale. Le thermomètre, plongé dans l’eau, affiche vingt-deux degrés ! Or la truite se plaît dans une eau courante à quinze degrés.

Dans ces conditions, Jacques Cheppe veille à réduire la ration alimentaire au strict minimum, à ne stresser ni les truitelles, ni les adultes. L’aération de l’eau permet la captation de l’oxygène ambiant et l’évacuation des gaz, et quand d’un geste sec, ce passionné de pêche, devenu éleveur, jette une poignée de granulés, ce sont des dizaines de truites vives qui viennent les happer.

Vacances et détente...

Les vacances estivales ne sont pas encore terminées, mais à la mi-août on peut déjà affirmer qu’elles furent très actives ! Partout dans la zone de distribution de notre hebdomadaire, comités, clubs sportifs et associations ont mis de l’animation. Avec dans l’ensemble surtout du vélo. Herbeumont a accueilli une course qui a déplacé des centaines de spectateurs, Vaux-sur-Sûre présentait sa traditionnelle Valonnée. Voyez donc la suite ci-dessous !

La ronde ardennaise

À la Ronde ardennaise organisée par le cyclo-club de Neufchâteau, il y a bien les trente kilomètres, les soixante et les nonante, mais il y a surtout les deux cents ! Avec ses 2600 mètres de dénivelé, elle est un rendez-vous pour cyclistes bien entraînés et surtout pour “grimpeurs”. Elle fait d’ailleurs partie du brevet super grimpeur belge au même titre que Liège-Bastogne-Liège, pardon, Tilff-Bastogne-Tilff !

C’est le 19 juillet, vers 6 h 30 du matin que les premiers mangeurs de kilomètres quittent le camping du Lac. Ils partent gentiment vers Petitvoir, Offagne, Paliseul, avalent une, deux, trois petites côtes. C’est à Givroule, côte numéro six, qu’ils font le premier bel effort. Recogne, Noville… direction le grand-duché de Luxembourg. Le paysage est magnifique à Schleif, côte huit, à Bohey. Après Watrange, on reconnaît les grimpeurs, les vrais, avec une succession de trois côtes, entre lesquelles les cyclistes n’ont pas le temps de récupérer.

Retour vers la Belgique avec encore une belle côte à Fauvillers et juste après le paysage de Louftémont pour se remettre. Ça se termine avec la côte de Suxy, numéro seize, qui n’est pas si extraordinaire en temps normal, mais qui fait mal après 180 km. D’ailleurs, il y en a qui n’ont plus le courage après la petite dernière de Straimont, côte dix-sept, de faire le détour par Grapfontaine… et qui se laissent descendre jusqu’au camping (ça s’appelle de la triche !)

Les premiers cracks, qui courent à 28,5 km/h de moyenne, sont arrivés depuis un moment quand les cyclistes “ordinaires” arrivent aux alentours de quatorze heures. Ils racontent leur circuit. L’un a dû monter Tintange en lacets, l’autre est parti d’Harlange à vitesse réduite et n’a cessé d’accélérer. Un troisième a eu un petit creux et a raflé une provision de bananes au ravitaillement.

C’est l’occasion de s’échanger les trucs pour tenir la route : manger une ration du tonnerre de pâtes et bien boire la veille, manger à petits coups (avant d’avoir faim) tout au long du parcours, des bananes pour le potassium et du chocolat pour le magnésium qui évite les crampes, des raisins pour l’énergie, ne pas oublier de mettre du sucre dans l’eau (certains y ajoutent aussi du sel de mer, bon appétit !), du pain d’épices pour le seigle dont l’énergie se répartit lentement… et l’Orval à l’arrivée, c’est pour les vitamines B1, B2, B6, PP, H, les protéines, le calcium, etc. Enfin, ça vous remet un cycliste debout !

Au programme : un parcours VTT d’un peu plus de quatre kilomètres, inscrit au Challenge Ardenne-Gaume. Parcours très complet et technique avec bosses, zigzags, talus, quelques côtes difficiles, une descente dans un coupe-feu où certains atteignaient les soixante kilomètres à l’heure ; ils avaient des freins à disques!

À plusieurs reprises, il fallait se déporter derrière la selle, pour ne pas passer au-dessus du guidon et perdre la face devant un participant (super chevronné !) de septante ans. Parmi les dix-huit équipes de deux vététistes, on pouvait remarquer Laurent Fontaine et Cédric Moyen qui bouclaient le tour en à peine plus d’un quart d’heure. C’est vrai qu’ils sont des champions en la matière. Il y avait aussi un participant solitaire… qui faisait le relais tout seul. Une fine pluie bienfaitrice a attendu la fin de l’épreuve pour s’intensifier. Voilà une épreuve sportive qui aura échappé à la canicule, millésime 2003.

Originalité de l’épreuve : les gagnants ne remportaient pas de coupe mais des ardoises peintes de la main d’Annie Fund, artiste locale.

Les Explorateurs

Les ExplorateursÀ Vaux-sur-Sûre, tout le monde a bu beaucoup d’eau en bouteilles. Celles-ci ne sont pas parties en ligne directe vers le parc à conteneurs puisqu’une équipe des Explorateurs les a interceptées pour les convertir en instruments de musique. Armés de ciseaux, les petits futés les ont coupées en deux et ensuite en lanières. Quand on en prend deux et qu’on les frotte, cela produit des sons. Remplies de pois cassés ou de morceaux de PET, elles sont devenues maracas.

Des bouteilles emboîtées donnaient des sons de calebasse, d’autres coupées faisaient des percussions. Il n’y avait pas que des bouteilles au menu des Explorateurs. Des tubes en carton transpercés de clous et remplis de légumes secs faisaient des bâtons de pluie. Avec un peu d’imagination, on peut faire tout un orchestre en réhabilitant des déchets.

Nuit des étoiles filantes

Nuit des étoiles filantesLa section locale des astronomes organisait la 12e nuit des étoiles filantes au Moulin Klepper. Outre les traditionnelles marches du système solaire et conférences, il y avait la soirée d’observation. Peu d’astronomes amateurs sont venus avec leur télescope cette année. C’est un peu dommage, parce que le ciel, bouché dans l’après-midi, a fini par se dégager et la température était plus que clémente. Mars était très visible au sud-est et un satellite, Iridium, passait à l’ouest à 23 h 56 et à 0 h 05 précises ! Quoi qu’il en soit, les fidèles étaient au rendez-vous et les visiteurs s’étaient déplacés en nombre.

Pétanque au Zinc

Onze équipes se sont affrontées au tournoi de pétanque en triplettes au Zinc le samedi 2 août. Dès quatorze heures, les premières boules ont été tirées ou pointées par des concurrents de tout âge, mais surtout de très jeunes. Ce sport suscite de plus en plus l’engouement dans la région. Il y en a même qui se font leur petit terrain à la maison et invitent un voisin à l’occasion. Certains se sont donc présentés bien entraînés au tournoi et réussissaient des coups à couper le souffle d’un Marseillais. Comme on nous promet des étés de plus en plus chauds à répétition, pourquoi pas se mettre à introduire progressivement ce sport (et la sieste) dans nos habitudes de vie. Le prochain rendez-vous aura lieu en septembre. Surveillez les colonnes sportives de L’info… et le soleil !

Pétanque à Petitvoir

Soleil qui était aussi bien présent pour le grand tournoi de pétanque de Petitvoir. Ce rendez-vous désormais annuel signait sa cinquième édition. Olivier Rigaux est revenu à l’époque avec cette idée d’un séjour dans le midi de la France (tiens donc!). Il a été créé pour remplacer le tournoi de football et inviter ainsi épouses et enfants des joueurs, en collectant de la sorte un peu d’argent pour le club. Le comité composé de neuf personnes et vingt et un bénévoles abattent 180 heures de boulot, avec le sourire, pour cette animation organisée à la perfection.

Cette année, canicule oblige, les douches des vestiaires étaient accessibles et un brumisateur avait été installé en bordure de terrain pour qui voulait en profiter. Une collection de parasols bordaient les douze terrains, sur lesquels cinquante-six équipes ont lancé cochonnets et boules. Trente-deux se sont affrontées l’après-midi pendant que les “perdants” essayaient d’écraser un œuf posé sur un bloc de bois !

Pour l’occasion, Éric Meunier, notre rédacteur sportif, a délaissé le clavier de son ordinateur pour se coiffer d’une casquette d’arbitre. Dans ce rôle, c’est lui qui était le plus éloigné de la logistique, mais comme il s’entraîne régulièrement à la course à pied, il n’avait aucun mal à venir déposer les résultats à Jean Fouquet (du Zinc !) qui les enregistrait. Comme pénitence, il rédigera une double dose de textes pour un numéro spécial champion de L’info. Ça lui apprendra à délaisser son poste pour s’amuser à regarder passer les boules !

Xe course des Ardoises

C’était la dixième édition de la course des Ardoises à Warmifontaine ce 26 juillet, jour de kermesse.

D’une rive à l’autre !

À l’occasion de ses trente ans, le festival des arts de la rue de Chassepierre s’est offert non pas un gâteau géant, mais un pont de bois qui enjambe la Semois. En lice pour la construction, on trouvait à la fin juin l’armée, des entrepreneurs privés et la Protection civile. Cette dernière a hérité du projet.

Chassepierre s’est offert un pont de boisLes spécifications en main, le commandant Halluent devait choisir une compagnie ; la première n’allait pas refuser ! Avec un détachement de trois hommes, il se rend en bordure de rivière et pose la question qui allait décider de tout : “Est-ce réalisable ?”, sous-entendu en si peu de temps, le festival a lieu les 23 et 24 août, et avec toutes les conditions de sécurité.

Christian Kemp, assistant technique, Maurice Modard et Philippe Trébossen ne répondent pas immédiatement. Ils enfilent des cuissardes et prennent les niveaux de l’eau, du terrain, les dimensions.Au terme de cet exercice de topographie, ils rentrent en caserne et passent la soirée à potasser la question. Résistance des matériaux, une largeur de passage qui n’incite pas les piétons à stationner en nombre, un type de construction qui permette le démontage et le stockage des éléments au sec, etc. Tout y passe ! C’est réalisable et Philippe met tout au propre sur papier millimétré. Après un parcours obligé des plans auprès des administrations communale, régionale, les Eaux et Forêts… le feu vert est annoncé.

Maurice soude les chaises, dispositifs métalliques sur lesquels les sections du pont seront déposées. Christian réussit à emprunter une précieuse scie circulaire et coupe le bois avec Philippe. Un maximum du travail de montage est effectué en caserne : trois sections de 9 mètres et deux de 8 mètres.

Chassepierre s’est offert un pont de boisÀ 16 heures, le 30 juillet, le second feu vert permet le montage sur le terrain. Les sections d’environ une tonne et demie chacune sont chargées sur un camion. L’exceptionnel convoi peut partir, de nuit, vers Chassepierre. Une équipe apporte aussi deux blocs de béton, pesant deux tonnes la pièce, pour maintenir le pont en amont. Le pont prend forme petit à petit. Un camion grue recule dans le lit de la Semois pour déposer les blocs de béton. Les chaises sont installées et le tablier posé. Les trois hommes réalisent les travaux de finition de la rambarde, les jonctions, les passerelles.

Le 19 août c’est un peu le grand jour. On apporte deux autres blocs de béton. Le camion grue recule à nouveau dans la rivière, en aval cette fois. Les stabilisateurs sont installés et on effectue la manœuvre de dépose. La grue d’une force de deux tonnes et demie refuse de lever le premier bloc qui selon les calculs ne doit pas excéder les deux tonnes.

Christian s’applique à plusieurs reprises et ça finit par marcher… Il faut savoir parler aux grues ! La grue semble être très attachée à son morceau de dalle puisque le crochet reste bloqué à l’anneau. Ça se débloque ! Il ne reste plus qu’à tendre des filins d’acier et à haubaner le pont de bois, qu’un ouvrier du festival a déjà commencé à peindre consciencieusement. Voilà, c’est terminé. Le bébé est en place. Il aura consommé 15 mètres cubes de bois scié, 80 kilos de clous, 2500 à 3000 vis, une tonne et demie de ferraille et 350 heures de travail. Il reste à ranger les outils et à rentrer en caserne sans oublier une petite photo.

Les deux hommes qui sont venus apporter les blocs de béton – en fait ce sont deux dalles de récupération venant de la E411 – osent à peine se placer devant l’objectif aux côtés de ceux que l’on appelle désormais “les ingénieurs”.

Les festivaliers peuvent envahir le terrain, sauter à pieds joints sur le pont, la résistance est de quatre tonnes au milieu de chaque section, et surtout admirer l’ouvrage!

B. Herry

Le problème du lac

Durant l’été, en raison des grosses chaleurs, le lac de Neufchâteau s’est montré sous son plus mauvais aspect. Comme chacun le sait, le plan d’eau est complètement envasé. Durant la canicule, le niveau a baissé suffisamment pour que l’on puisse observer l’importante masse boueuse. Un spectacle qu’ont pu tristement regarder les promeneurs nombreux à cet endroit.

Le problème du lacBeaucoup s’étonnent que l’on n’ait pas saisi l’opportunité de la sécheresse pour entamer les travaux de curage du lac. Travaux que l’on annonce depuis longtemps mais qui ont beaucoup de mal à être mis en œuvre.

Contactée, l’administration communale nous a affirmé avoir entrepris, durant l’été, des démarches auprès des services provinciaux compétents, l’objectif étant d’obtenir l’autorisation d’intervenir rapidement pour évacuer une première couche de vase.
À l’heure où nous imprimons ce journal, le nouveau député permanent, M. Piedboeuf, se rendait sur les bords du lac pour constater et prendre une décision. La réponse s’annonçait favorable... à suivre donc.

A propos des grands travaux de curage et d’aménagement du site (éclairage, rives et plantations), le ministre J. Happart a confirmé son accord pour le co-financement des travaux. Reste à obtenir la signature du ministre Dardenne, qui se réserve de donner son feu vert pour des raisons budgétaires.

Le dossier du curage du lac, qui date de 1997, prévoit des travaux pour un montant total de 1,189 million d’euros.

O.W.

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