04 décembre 2001 - n°169 et n°170


Le métier de fontainier

Le métier de fontainierC'est une championne de l'évasion. Un petit trou, une conduite qui lâche, une fissure et hop, elle se fait la malle. Sans réfléchir, l'eau part à toute pression à la moindre occasion. A chaque fois, on appelle les spécialistes des enquêtes aquifères : les fontainiers. Ils arrivent sur le champ ou la route avec leurs valises métalliques, une bonne oreille et bien sûr… de bons tuyaux !

La dernière grosse fuite date de dimanche. L'appel a eu lieu à seize heures; l'eau sortait de la route à visage découvert à Grandvoir-Fineuse. A dix-sept heures les fontainiers étaient sur les lieux. Vers dix-neuf vingt heures, l'issue était cernée. Le lendemain matin, c'était déjà réparé. Mais là c'était une fuite en or ! D'habitude, c'est beaucoup plus compliqué.

Sous contrôle…

Le réseau de distribution de Neufchâ-teau comprend des kilomètres de conduites. Trois secteurs sont alimentés, de façon automatisée, au départ du réservoir de l'avenue de la Gare, deux du château de Petitvoir et un au départ d'Offaing. Il y a aussi les secteurs de Grapfontaine et de Warmifontaine. Donc, la probabilité d'avoir des fuites n'est pas nulle ! Pour tenir à l'œil toute l'eau qui quitte le réservoir ou les châteaux d'eau, un système informatique prend des mesures en permanence. Toutes les données de débit sont centralisées au service des travaux. Tous les trois jours, Daniel Mertz, l'agent technique en chef, examine les courbes sur l'écran de son ordinateur. Ces courbes représentent le nombre de mètres cubes utilisés sur chaque secteur en fonction du temps. En théorie, la nuit vers trois ou quatre heures du matin, la consommation doit être quasiment nulle. C'est cette partie du graphique qui est choisie pour surveiller les installations. Si pour Grandvoir on a 0,1 m3, tout va bien ! Par contre, si tout d'un coup on voit 9,3 m3 de débit à l'écran, on peut être presque certain d'avoir une rupture de conduite. C'est bien, on voit à l'écran qu'il y a une grande consommation d'eau… mais on ne sait pas où ! Alors, on commence une enquête !

Tout un quartier téléphone

Si plusieurs personnes d'un quartier téléphonent pour signaler une chute importante de la pression, c'est une bonne piste. On sait déjà plus ou moins cerner la fuite.
Les secteurs sont parsemés de vannes. Il y en a aux points hauts, aux points bas (pour pouvoir purger) et aux carrefours. Elles sont installées dans des chambres en béton, semblables à nos puits du numéro précédent. Les fontainiers vont réduire petit à petit la zone de recherche de façon à tomber à l'endroit de la fuite. Mais, il n'y a pas de méthode ! Pas deux fuites ne se ressemblent. Tout est question de flair. Normalement l'eau sous pression n'a qu'une idée en tête, c'est de partir droit devant. C'est ce qu'elle fait dans un tuyau. Si elle change de direction pour s'échapper par un trou… elle se trahit en produisant un bruit parce qu'elle percute un obstacle. Donc, les fontainiers partent à la chasse au bruit caractéristique. Mais voilà, un coude, un réducteur de pression, une prise d'eau par une maison produisent aussi des bruits… similaires. Une façon de chasser le bruit est de fermer une vanne, d'attendre trente secondes et de la rouvrir d'un ou deux tours.

L'eau sous pression remise dans l'installation n'a qu'un petit passage et l'eau qui est partie par la fuite crée une dépression. Donc, quand on ouvre, on amplifie le phénomène. Si on est sur un tronçon sain, le bruit à la vanne doit disparaître au fur et à mesure qu'on l'ouvre. Vous pouvez faire l'expérience avec un robinet d'alimentation de machine à laver. Avec un ou deux tours, il y a un bruit. Quand le robinet est ouvert à fond, le passage est franc et il n'y a plus de bruit !

Si le fontainier est sur le tronçon où se trouve la fuite, le bruit ne disparaît pas. De cette manière il détermine déjà la bonne rue. Il n'est évidemment pas question de creuser des trous partout. C'est à ce moment que les limiers vont ouvrir leurs valises et sortir leur matériel de détection acoustique. Ils utilisent une sorte de stéthoscope. Les canalisations sont à un mètre de profondeur pour être à l'abri du gel, mais la route en tarmac constitue une caisse de résonance. En posant la membrane de son appareil sur le sol, le fontainier entend tous les bruits qui se propagent dans la route. L'art est de distinguer celui de la fuite parmi la multitude de sons. Ils sont adroits parce qu'en général, quand on ouvre un mètre là où ils indiquent, la fuite est au milieu.

Mais c'est parfois un véritable casse-tête dans la circulation routière ou quand des gens marchent à proximité. Parfois, ils doivent travailler la nuit pour avoir du calme. A la belle époque des radio-amateurs, ils avaient droit à toutes les conversations par les tuyaux. Allez trouvez une fuite là-dedans !
Ce métier demande une fameuse faculté d'écoute.

Les causes de fuites

Une cause de rupture de canalisation connue de tous est le gel. Un sol humide gonfle pendant le gel et s'affaisse au dégel. Cela crée un mouvement de terrain. La terre se déplace, les cailloux aussi. Les tuyaux ne suivent pas toujours le mouvement… et les fontainiers sont sur la brèche !

Tout autre mouvement de terrain peut entraîner des dégâts. Qu'il soit dû aux vibrations des véhicules, à des travaux de terrassement ou à des effondrements. Une cause un peu moins connue est le courant vagabond. Des décharges électriques dues au passage d'une rivière souterraine, à une ligne à haute tension, au chemin de fer peuvent percer les tuyaux de fonte ou d'acier. Pour éviter cela, on effectue une protection cathodique en envoyant sur la conduite un courant basse tension. A chaque joint, on doit faire un pontage. C'est pour cette raison que les ouvriers soudent un morceau de fil électrique d'un morceau de conduite à l'autre.

Les vilaines fuites

Le métier de fontainierVingt à trente fois par an, l'eau s'évade et il faut intervenir. En ville, là où il y a des routes, cela se passe en général assez bien. Dès que les canalisations traversent des prairies, des champs ou sont dans des chemins de terre battue… les fontainiers doivent s'armer de patience et bien souvent trouver des astuces pour pister les fuites. Contrairement aux routes en tarmac ou en béton, les routes et chemins de terre ne répercutent pas le son de l'eau. Les bruits sont étouffés. Grâce aux vannes, ils arrivent à cerner les endroits. S'ils se trouvent face à un tronçon d'une centaine de mètres de long, ils utilisent parfois un système de piques. Ils visent le tracé de la conduite et indiquent des points rouges au sol par exemple tous les vingt mètres. Ils enfoncent des piques d'acier de deux mètres jusque contre la conduite. Imaginez un peu l'adresse que cette manœuvre requiert ! Le tuyau est à un mètre de profondeur. Quand les piques sont installées, ils utilisent l'appareil qui sert au "stéthoscope" mais ils écoutent à l'aide d'une pointe d'acier d'une cinquantaine de centimètres. Le bruit de la fuite monte par la pique, passe par la pointe et est amplifié par l'appareil de détection. En allant écouter tous les vingt mètres, l'oreille avertie sait repérer un tronçon plus petit. Ils recommencent l'opération en plaçant des piques de plus en plus rapprochées. Ils trouvent toujours. La fuite parfaite n'existe pas.

Les fuites fantômes

"Cette opération peut prendre des jours et puis il faut parfois vider les chambres de visite des points bas pour accéder aux vannes avant de pouvoir faire le premier tour. Le plus vexant", dit Didier Urbain, "c'est quand on a travaillé trois ou quatre jours, qu'on est sur le point de trouver et que tout d'un coup… il n'y a plus de fuite. Il s'agit souvent, dans ce cas, d'une fuite domestique. Une conduite rompue dans une habitation ou une pâture. Le propriétaire constate la fuite, la répare… et ne pense pas à nous prévenir."

Si un jour cela vous arrive, n'oubliez pas de donner un petit coup de fil au service des travaux. Vous savez… fuite avouée est à moitié pardonnée.
B. Herry

1084 millimètres d’eau par m2 en moyenne par an… gratuitement !

Carte des bassinsNous sommes vraiment gâtés en Ardenne centrale. Nous avons la grande chance d’être dans une des zones les plus humides de la Belgique avec les Hautes Fagnes. Nous recevons 1084 millimètres d’eau par mètre carré en moyenne par an… gratuitement ! Sous différentes formes : un peu de grêle, un peu de neige… et beaucoup de pluie.en leur apportant une aide efficace.

Le souci principal de l’eau est de couler vers les petits ruisseaux, les rivières puisque notre sol constitué d’argile en majorité n’absorbe presque rien. Le Plateau de Recogne sur lequel nous sommes installés, grâce à son altitude dépassant les cinq cents mètres, est une zone de naissance de cours d’eau. Au nord, nous avons l’Ourthe occidentale qui part vers la Meuse. A l’est, la Sûre va vers la Moselle qui, elle, rejoindra le Rhin. Au sud, la Vierre coule vers la Semois… une façon détournée pour atteindre la Meuse ! A l’ouest et au nord-ouest, la Lesse et la Lomme, devenant seule Lesse, vont vers la Meuse.

Lors d’une simple promenade en forêt, nous pouvons constater, surtout après de grosses pluies, que notre région est parsemée d’une multitude de ruisselets. Toutes ces eaux qui coulent et atteignent finalement les rivières constituent ce qu’on appelle les eaux de surface.

Dans ce numéro, nous allons profiter de l’inauguration du radar météorologique de Wideumont pour jeter un œil vers le ciel et les masses nuageuses, et aussi puisque le point vient d’être fait, nous regarderons l’état des eaux de surface.

Les eaux de surface

Un très gros travail scientifique à propos des eaux de surface vient d’être terminé. Pendant six ans, des échantillons d’eau ont été prélevés dans toute la province. Ils ont été analysés et les résultats ont permis d’établir des cartes sur lesquelles on visualise la " santé " de nos cours d’eau. L’aventure a commencé en 1993 sous la responsabilité du député Daniel Ledent. La réalisation de toutes ces mesures, analyses et interprétations est issue d’une collaboration entre la Province de Luxembourg, secteur environnement, et la Fondation Universitaire Luxembourgeoise. Des personnes du Département Services techniques ont aussi contribué à la collecte d’échantillons d’eau.

Pour donner cette image des cours d’eau, 535 stations représentatives ont été choisies et 19.000 résultats analytiques ont été traités. Au fil des cinq années, les scientifiques ont remarqué que certains points d’analyses faisaient double emploi. C’est ainsi que seuls 140 points ont été conservés dans les derniers temps.

Qui peut être intéressé par ce travail ?

Tous ceux qui aiment l’eau sans raison particulière, mais aussi et surtout tous ceux qui l’utilisent ou en ont la responsabilité ! Les premiers sur la ligne sont évidemment les pisciculteurs et les associations de pêche, les communes, les associations qui s’intéressent à la préservation de l’environnement. Les entreprises, les établissements scolaires, les particuliers peuvent aussi y porter leur intérêt.

Comment le consulter ?

Les amateurs du câble consulteront les résultats via le site de la Province du Luxembourg. Les personnes souhaitant plus d’informations pourront se procurer un CD-Rom, soit par le site, soit par écrit.

Que faire de ces informations ?

Il serait malheureux d’avoir une étude de cette ampleur sous la main… et de ne pas se sentir concerné par la question des eaux de surface. Toute activité humaine engendre des répercussions sur l’eau, donc nous sommes tous impliqués. Certaines de ces activités sont positives sur la qualité… heureusement ça existe ! Saluons en particulier les équipes de bénévoles qui passent des heures à ramasser des tonnes de déchets dans les rivières. D’autres activités le sont moins, mais il n’est pas toujours évident de percevoir et de mesurer les incidences de tout ce qui est entrepris. C’est pour cette raison que le groupe de travail voudrait passer à la vitesse supérieure en entamant un travail de sensibilisation.

Comment détermine-t-on l’état de santé d’un cours d’eau ?

La première façon qui vient à l’esprit, c’est d’observer la présence des différents poissons. D’ailleurs, une des sonnettes d’alarme bien connue du grand public, en cas de problème sérieux, est la présence de poissons morts. On connaît aussi les avis des pêcheurs qui disent, à tel endroit on ne voit plus de truite… ou par contre : “Ah, on voit de nouveau des truites !” Les cours d’eau comprennent quatre zones piscicoles principales : la zone à truites, la zone à ombres, celle à barbeaux et celle à brêmes. En fonction du nombre, plus ou moins important, de ces poissons et de tous les autres qui les accompagnent, on peut avoir une bonne idée de l’état de l’eau.

Une autre manière, c’est de mettre une bonne paire de bottes ou mieux de cuissardes et d’aller observer des animaux plus petits… mais cela commence à être du travail de spécialiste ! Sous les cailloux, dans la vase… ou sur les bords, on trouve des tas d’animaux plus ou moins curieux : des trichoptères à fourreau (les animaux en sac de couchage constitué de graviers ou de morceaux de bois !), des planorbes (les escargots plats), des larves d’éphémères… il y en a pour tous les goûts. Et si on prend un échantillon d’eau et qu’on le regarde au microscope, on remarque que cela grouille de vie. Les biologistes ont établi une échelle qui, en fonction de la présence de tel ou tel animal, permet d’avoir une idée rigoureuse de la qualité de l’eau. A l’aide de cette échelle, on détermine l’indice biotique d’un cours d’eau, en un endroit précis.

Il existe encore un système qui consiste à observer des algues unicellulaires, les diatomées, et de travailler comme avec les animaux, en les classant et les dénombrant. C’est cette méthode qui a été choisie par la Fondation Universitaire Luxembourgeoise pour poser son diagnostic, en plus des teneurs en oxygène dissous, le pH et les autres détails expliqués sur le site.

Nous remarquerons toutefois que certains paramètres comme la présence de métaux lourds, d’hydrocarbures ou de germes pathogènes n’ont pas été analysés. Il fallait bien poser des limites, c’est certain, mais là ou des zones de baignades sont envisagées… il sera nécessaire d’affiner l’investigation.

En conclusion, et sur base des cartes disponibles, la situation est rassurante… à condition que la vigilance soit de mise.


Questions à Daniel Ledent, député permanent

L’Info : Qu’est-ce qui a motivé cette mise en route d’une telle étude ? Y avait-il des problèmes qui ont déclenché cette initiative ?
Daniel Ledent : Considérant la valeur et l’importance pour une province comme la nôtre de maîtriser la qualité de l’eau qu’elle soit souterraine ou de surface, la Province a souhaité dresser un état des lieux de ses eaux de surface. Conscients que des problèmes pouvaient exister et devaient être maîtrisés, il nous apparaissait important de faire cette photographie de la qualité de nos rivières.

L’Info : Lors de la conférence de presse, vous expliquiez que vous aimeriez aller plus loin dans le travail, en réduisant les analyses et en passant à des actions concrètes. Avez-vous une idée qui se précise ?
Daniel Ledent, député permanetD. L. : Nous pensons diminuer de manière significative le nombre de prises d’analyses générales menées et cela pour nous permettre de peut-être mieux nous consacrer à des endroits, rivières ou portions de rivières posant problème. Une autre réflexion sur les options à venir pourrait être de s’intéresser plus à certains critères particuliers, comme par exemple, les nitrates ou les conséquences des épandages d’effluents agricoles, les pesticides dans certaines sous-régions ou dans des endroits sensibles de notre territoire provincial.

L’Info : Etes-vous rassuré sur l’état des eaux de surface ? Avez-vous des craintes particulières pour les prochaines années ?
D. L. : Je pense pouvoir dire qu’il est globalement bon même si l’un ou l’autre problème existe et doit être géré et maîtrisé.

L’Info : Chaque année un budget a été consacré dans un premier temps pour les analyses, dans un second pour l’édition d’un CD-Rom et la création d’un site internet. Dans les années à venir, quels genres de projets souhaiteriez-vous soutenir ? Des actions ciblées en agriculture et en sylviculture ? Des actions plus grand public, pour sensibiliser chacun à l’état de l’eau ?
D. L. : Après les investissements consentis, je pense donc pouvoir réorienter quelque peu nos budgets. A noter cependant que si nous ne voulons pas perdre le mérite de cette opération originale, il nous faudra assurer la mise à jour de cet outil, seul moyen de suivre l’évolution de la situation. Déjà des initiatives sont prises pour sensibiliser le milieu scolaire au monde et réalités du réseau aquatique. Par ailleurs, soucieux d’aider, de sensibiliser et de conseiller les candidats bâtisseurs, nous avons lancé une campagne d’information sur l’épuration individuelle de l’eau de pluie. Nous pensons aussi utile de mener dans les prochains mois une opération en rapport avec les épandages d’engrais chimiques dans l’agriculture.

Prévoir quand la pluie tombera, où et pendant combien de temps

Le volume des cours d'eau varie en fonction… de la pluie. Pas besoin d'être sorcier pour le dire ! Ce qui est difficile, par contre, c'est de prévoir quand la pluie tombera, où et pendant combien de temps. Le meilleur moyen est de consulter le bulletin météo… qui dorénavant sera encore plus précis grâce au nouveau radar de l'I.R.M. de Wideumont.

Les météorologues belges sont parmi les meilleurs au monde… parce que notre pays, étant dans une position charnière, a un climat influencé par de nombreux paramètres. Ils sont donc habitués à la précision.

Prévoir le temps…

Radar météorologiquePour prévoir la météo, il est nécessaire d'avoir d'une part des mesures physiques les plus fraîches possible et d'autre part une expérience basée sur des données collectées et des constatations de longue date qui constituent des modèles. Pour établir un bulletin, il faut connaître la pression atmosphérique, la température de l'air, l'humidité atmosphérique et la densité de l'air. On doit déterminer la direction et la vitesse du vent, repérer les masses nuageuses, les zones de pluie qui se déplacent… et ce dernier point est le travail du radar météorologique. Au nord, nous avons le radar de Zaventem. Au sud celui de Nancy. A l'est, il y en a un en Allemagne… mais nous étions dans un " trou ". L'Institut Royal de Météorologie a donc décidé d'en implanter un dans notre région, et il s'est avéré que Wideumont remplissait les conditions d'accueil idéales.

L'utilité du radar

Un radar permet de localiser des objets. Dans ce cas-ci, des précipitations : des gouttes d'eau, des flocons de neige, des grêlons… grâce à sa conception spécifique. Ce radar fonctionne jour et nuit. Toutes les cinq minutes, il donne une " photo " de la situation. En superposant les photos, on peut visualiser le déplacement des précipitations, mais aussi et c'est très important… l'intensité de celles-ci. De cette manière, on verra la forme extérieure du nuage, les zones ou l'intensité de la pluie est plus importante et les " noyaux " où la pluie est maximale.

Toutes ces informations partent à l'IRM à Bruxelles, où un spécialiste, Laurent Delobbe, va confronter les données des autres radars et préciser ses cartes avec les données transmises par les météorologues amateurs et les stations. En effet, deux cent cinquante collaborateurs bénévoles, dispersés partout en Belgique relèvent chaque matin leur pluviomètre et leur thermomètre à minima et maxima et communiquent ces données à l'IRM.

De cette manière, on piste les précipitations et on peut, le cas échéant, lancer des bulletins d'alerte en cas de phénomènes météorologiques dangereux : un passage de grêle, une pluie intense qui risque d'amplifier le débit des cours d'eau… et de causer des inondations.

Comment fonctionne le radar météo ?

Comment fonctionne le radar météoUn magnétron génère des ondes radio à courte longueur d'onde (5,4 cm) avec une grande puissance. Une antenne parabolique envoie un faisceau de ces ondes radio. Les ondes radios partent droit devant jusqu'au moment où elles percutent un objet. A ce moment, les ondes partent en tous sens, mais une partie revient vers l'antenne qui reçoit l'information et la communique à un ordinateur qui l'enregistre. L'ensemble des informations permet l'établissement d'une carte de ce que détecte le radar. Mais ce qu'il " voit " ne constitue pas nécessairement la réalité parce que les ondes radio circulent dans l'air. Le trajet des ondes peut être infléchi vers le haut, ou vers le bas. Le travail du spécialiste radar comprend donc une part de rectification des données.
B. Herry


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