|
04 décembre 2001 - n°169 et n°170
Les cormorans sont là ! En circulant dans la région de Freux ou à proximité du barrage de la Vierre, vous vous êtes certainement demandé quel était ce grand oiseau aquatique fin et noirâtre qui forme avec ses congénères de longues lignes obliques et ondulantes dans le ciel au-dessus des plans deau ? Le baron Charles de Fierlant, président
des pisciculteurs de Belgique, vous répondra sans lombre dune
hésitation : il sagit du Grand cormoran ! Comme son compère
le corbeau dont il est le cousin - au moins au niveau de létymologie
- (cormoran provient de lancien français " corp " qui
signifie " corbeau " et de ladjectif " maren " - mer),
le grand palmipède anthracite est un héros de fable. Déjà
à lépoque de Jean de La Fontaine, la tension entre oiseau
pêcheur et pêcheur tout court était déjà aisément
" Les poissons et le cormoran " Retour en force Le Grand cormoran (Phalacrocorax carbo, pour les intimes) est lune des deux espèces rencontrées en Belgique. Son cousin le vrai est huppé : il visite très rarement notre pays. Le Grand cormoran, par contre, est fréquemment rencontré dans nos contrées sous sa sous-espèce continentale dénommée " sinensis ". Depuis des temps immémoriaux, Phalacro-corax carbo nichait en colonies (sur des arbres situés à proximité de plans deau) en Flandre doù il a disparu comme tel après 1965, conséquence des dérangements et persécutions continuelles dont il était lobjet. Cependant, on assiste depuis une dizaine dannées à un rétablissement progressif des populations suite aux mesures de protection qui ont été prises. Une première colonie sest installée à Obourg en 1992, une seconde dès 1994 à Harchies (Hainaut) portant à environ deux cents, le nombre de couples nicheurs en Wallonie. Le Grand cormoran ne niche donc pas dans le Centre
Ardenne. Cependant depuis cinq ou six ans, il est bien présent chez nous
à dautres moments de lannée : automne et hiver. En
migration, certains individus font une courte halte dans nos régions.
Dautres, par contre, séjournent tout lhiver
ce qui
nest pas du goût de tout le monde ! Pêcheur redoutable et redouté "Depuis quelques jours, un groupe dune cinquantaine doiseaux circule dun étang à lautre " explique le baron Charles de Fierlant. " Parfois, en hiver, on peut compter jusquà deux ou trois cents individus ! En sachant quun cormoran peut avaler près dune livre de poissons par jour, il est facile dimaginer les pertes que loiseau cause. Lorsquils sont en nombre, les cormorans peuvent boulotter jusquà une tonne et demie de poissons reproducteurs en quinze jours Affirmer que les 6/7 de la rentabilité de la pisciculture sont perdus nest certes pas exagéré ! ". Du côté des pêcheurs, le son de cloche est moins alarmiste. Josy Fissers du "Pêche-mouche" dHerbeumont est lui aussi confronté à la présence du volatile au barrage de la Vierre : " En ce qui concerne les pêcheurs de notre région, la situation nest pas trop inquiétante. Quelques dizaines de cormorans sont aperçus sur le barrage, mais là, les oiseaux ne pêchent quessentiellement des poissons blancs : gardons et compagnie. Cela dit, on commence également à observer des cormorans en rivière, notamment près de Pin-Izel. " Protéger les poissons ou les cormorans ? Comment dès lors les propriétaires dune pisciculture peuvent-ils envisager une "cohabitation" avec les cormorans ? La solution la plus radicale consisterait à envoyer une volée de plombs dans le croupion des volatiles. Mais les ornithologues se réjouissent et les oiseaux-plongeurs se frottent les ailes : en effet, le Grand cormoran est intégralement protégé en Wallonie au titre de lArrêté du Gouvernement wallon du 14 juillet 1994 sur lavifaune indigène. Cela signifie quil est interdit en tout temps et en tout lieu de piéger, capturer ou de mettre à mort cette espèce. Plus pacifique : le canon. " Relativement efficace, reconnaît laconiquement Charles de Fierlant, mais difficilement applicable ! Mettez-vous à la place des riverains qui sursautent à chaque détonation toutes les douze minutes ". Reste enfin la solution de couvrir les étangs à laide de filets. "Cette méthode est opérante mais difficilement envisageable vu son coût exorbitant : il faut compter six cent mille francs pour couvrir un hectare détang ". Difficile la cohabitation entre hommes de poissons
et oiseaux piscivores (le héron
héros dune autre
fable est aussi visé par ce haro) ? Sans aucun doute ! Malgré
les primes octroyées par la Région wallonne (jusquà
500 000 F, ce qui est tout de même loin dêtre du menu fretin
),
pour indemniser les dommages causés par certaines espèces protégées
dont fait partie le Grand cormoran, il faut reconnaître que les professionnels
de lélevage piscicole ne nagent pas en plein bonheur : " Nombre
de pisciculteurs sexpatrient, car dans certains pays proches du nôtre,
le cormoran est chassable. En ce qui me concerne, je dois constater avec regret
que les jeunes refusent de reprendre une pisciculture-mangeoire pour cormorans
" conclut Charles de Fierlant. Depuis le début des années 90, le
Grand cormoran est devenu un hivernant et un migrateur relativement commun en
Wallonie. Actuellement, la population hivernante sest stabilisée
autour de 3000 individus occupant principalement la Meuse et ses affluents majeurs. Libramont-Chevigny : Retour sur images
Il sagit de la première publication dun cercle créé en 1997 et devenu asbl depuis le mois de mars de cette année. Ce livre se présente comme une invitation à la redécouverte des images de jadis. Il évoque différents thèmes : des rues et des pierres, de la charrue au cheval-vapeur, le train sifflera trois fois, vivre en communauté, des rires et des larmes, après le labeur la détente et les institutions au service des citoyens. Cette publication est le fruit dun travail de longue haleine réalisé par une équipe de Libramontois : Claire et Jean Counet, Anne et Louis Smeets, Gustave Mouzon, Josette Mouzon-Destree, Mariette Devresse, Remy Clement, Olivier Oriane et Jacques Reginster avec la généreuse participation de nombreux habitants de la commune qui ont prêté leurs anciennes cartes postales. Louvrage compte 144 pages avec en moyenne deux illustrations par page. On y trouve un certain nombre de documents précieux ou surprenants comme ceux présentés ci-contre.
Retour sur images est disponible en librairie et auprès du cercle dhistoire (061 22 24 70). En haut ci-contre, Eddy Merck en
1962. il vient de remporter le championnat de Belgique des députants.
La petite fille qui avait peur des oiseaux. Françoise Lievens, de Lamouline, vient de
publier, aux éditions Eole, un ouvrage sur l'anorexie-boulimie.
Les Wallons de Libramont avaient rendez-vous au Centre culturel C'est le dernier vendredi d'octobre qu'a eu lieu au Centre Culturel la finale de la vingt-troisième édition du Libramonissime. Elle mettait aux prises les équipes de Sainte-Marie et Freux (vainqueurs des éliminatoires disputées à Sainte-Marie face à Recogne) et les équipes de Moircy et Remagne (qui avaient devancé Saint-Pierre et le quartier de la Haynol aux éliminatoires de Freux). Tout savoir sur le Libramonissime Le thème de cette édition 2001 faisait la part belle à la gastronomie dans nos Ardenne, le boire et le manger de notre régions sous toutes ses formes, ses expressions et mots typiques. Mais aussi le secteur des hôtels, restaurants et cafés, sans oublier les traiteurs et ce, depuis l'après-guerre, soit un demi-siècle d'histoire. Et parce que les simples connaissances " passives " ne suffisent pas pour briller, chaque équipe se devait d'interpréter une petite pièce sur ce même thème et évoquer sur les planches un repas champêtre, familial ou pris dans un restaurant. A ce petit jeu, l'équipe de Remagne a fait fort sans qu'aucune autre ne démérite. Si lors des éliminatoires, les équipes des villages sont interrogées sur toutes les autres entités de la commune, à l'exception de la leur, il en va différemment pour la finale. Questionnés sur le secteur Horeca de Libramont-centre uniquement, les candidats se sont révélés des mieux informés et documentés. Ceux de Moircy en particulier qui, en plus d'un " sketch " de haut vol, ont émergé au terme de ce Libramonissime. Enrichissant intellectuellement autant qu'humainement Questionné sur l'origine de ce concours,
Jean-Claude Rigaux, l'une de ses chevilles ouvrières, rend à Serge
Guiot ce qui lui appartient, à savoir l'idée : " Tout comme
les Fêtes de Wallonie, le Libramonissime est né à la Maison
des Jeunes. Serge Guiot est maintenant parti au Canada depuis de nombreuses
années mais ces, ou plutôt ses, deux rendez-vous libramontois vivent
encore aujourd'hui. Le Libramonissime a surtout été tenu à
bout de bras par l'Abbé Mouzon, originaire Neuvillers, pendant plus de
vingt ans. Aujourd'hui, le jury se compose de Willy Leroy, Pierre Otjacques,
Louis Urbain et Jean Herman, toutes ces personnes étant impliquées
dans la " sauvegarde du wallon ". Précisons encore que le regain
d'intérêt enregistré lors de cette dernière finale
a eu pour résultat d'inciter le comité organisateur à poursuivre.
L'important, plus que la compétition, c'est l'esprit dans lequel se vit
le Libramonissime et la joie des rencontres qu'il génère. Au début
de la fusion des communes, les gens de Moircy ou Remagne paraissaient bien éloignés
des habitants du centre de Libramont. Grâce à ce concours, ils
sont plusieurs dizaines à être devenus de véritables amis.Intellectuellement,
c'est enrichissant, mais ce l'est bien davantage humainement. Les équipes
ont certes envie de remporter le Trophée, mais l'esprit reste empreint
de fair-play. D'ailleurs, les rouspétances sont de moins en moins nombreuses.
C'est un signe. Je pense que, pour 300 à 400 personnes de la localité,
le Libramonissime est devenu un évènement important, incontournable
pour apprendre à mieux se connaître et faire vivre le wallon de
chez nous
Le thème de 2002 ne sera pas moins original. Il mettra
à l'honneur les festivités sous toutes leurs formes : familiales,
kermesses, Saint-Eloi ou Saint-Nicolas, fêtes de villages ou d'associations
Bref, ce devrait vraiment être la fête ! ". |
|
Publicityweb Référencement & E-marketing |
Retour page d'accueil |