|
04 décembre 2001 - n°169 et n°170


A propos du projet de Molinfaing
: Jacques Balon appuie les bourgmestres du Centre-Ardenne
Jeudi dernier, les bourgmestres de Neufchâteau,
Léglise et Vaux-sur-Sûre étaient réunis autour de
Jacques Balon et Anne Laffut, conseillers provinciaux. A leurs côtés,
Bertrand Ligot, chargé de l'aménagement du territoir chez Idelux.
Durant
une bonne heure, les élus ont fait le point sur le projet de plate-forme
logistique à Molinfaing, insistant sur la pertinence de la démarche
et de la nécessité de donner un nouveau souffle économique
au Centre-Ardenne. "Neufchâteau, ville-noeud se retrouve dans l'incapacité
d'accueillir des entreprises à marchés extérieurs, au contraire
de ses voisines. La ville connaît une forte pression du secteur secondaire,
mais un faible développement des services aux entreprises" souligne
Jacques Balon. "Malgré une nette progression, le poids du secteur
secondaire et tertiaire marchand reste inférieur aux moyennes régionales
et nationales. La moitié des principales entreprises sont d'origine locale
(15 sur 31). L'évolution dans la construction est le fait d'acteurs locaux.
Le tissu économique est fort déséquilibré dans le
sens où le nombre d'entreprises de taille 20-49 et 50-99 emplois reste
insuffisant."
Les élus ont aussi insisté sur l'intérêt
de la proximité du carrefour autoroutier, condition requise par de nombreux
investisseurs. Ils ont aussi rappelé le très large consensus luxembourgeois
sur le projet au niveau politique (communal, provincial, régional et
fédéral), patronal, syndical et l'appui manifesté par le
Parc nature de la Haute-Sûre et de la Forêt d'Anlier.
En conclusion, Jacques Balon insiste sur la pertinence
de baser le développement économique provincial sur la dynamique
d'un réseau dense de petites villes, la pertinence du secteur visé
et du projet économique et des critères de localisation propres
à ce secteur économique.
Sur la photo de gauche à droite : J. Balon,
N. Gendebien, A. Lecomte, A. Laffut et Yves
Besseling.

Sur la trace de saint Nicolas
Cette semaine, saint Nicolas a rendu bien des enfants
heureux. Fidèle à son rendez-vous annuel, le patron des enfants
perpétue l'une des plus belles traditions que notre région connaisse.
Les années n'ont pas changé sa silhouette et malgré son
grand âge, saint Nicolas a toujours su être moderne. Ce qui a le
plus changé, c'est sans doute sa générosité... devenue
si grande ! Il y a septante ans, saint Nicolas n'avait pas les mêmes habitudes.
Témoignage avec Mariette Fonck, de Warmifontaine.
-
Comment se passait la fête de Saint-Nicolas quand vous étiez petite
? Mettiez-vous vos chaussures près de la cheminée ? Receviez-vous
une orange ? Et à l'école, saint Nicolas venait-il vous rendre
visite ? Et le père Fouettard
.
- Attends, je vais te raconter. Tu sais,
quand j'étais petite
au moment de la Saint-Nicolas, une semaine
avant son passage
nous avions peur. Tout d'abord, la maîtresse d'école
nous racontait l'histoire des trois petits enfants dans le saloir. C'était
terrifiant, ce boucher qui tuait des enfants et les mettait à conserver
dans un tonneau rempli de sel
et puis saint Nicolas arrivait et les faisait
revivre. A l'époque, en 1930, nous
n'avions pas la télévision. A l'entrée de l'hiver, nous
allions l'un chez l'autre, le soir, et les personnes plus âgées
nous racontaient des histoires. D'ailleurs, ma grand-mère était
conteuse. Il y avait de la magie
et de la naïveté, beaucoup
plus que maintenant. Alors, à l'école, nous écoutions
,
nous étions suspendus aux lèvres de l'institutrice et pendant
toute la semaine qui précédait le passage de saint Nicolas, nous
faisions très attention. Nous étions plus sages que d'habitude
parce que saint Nicolas était au-dessus de nous, il voyait tout
entendait tout. Nous apprenions aussi une chanson. Je ne m'en souviens plus
très bien et elle n'existe plus. Nous chantions quelque chose avec le
père Fouettard. Il y avait une phrase qui disait que nous donnerions
du pain à son âne pour le calmer.
- Que se passait-il pendant la semaine
avant
l'arrivée de saint Nicolas ?
- Si nous étions gentils
très tôt le matin, nous entendions
une clochette qui sonnait dans la rue. Il faisait noir. Guilling, guilling,
guilling
la porte s'ouvrait et dans le coup de vent, une main lançait
une poignée de nic-nacs ou de bonbons. Nous placions aussi nos chaussures
soit près de la porte de la maison, soit près de la cheminée.
- Près du poêle ou près de
la cheminée ?
- Oh, tu sais, en 1930 dans quasiment toutes
les maisons, il y avait une cheminée. Le matin, au moment d'enfiler nos
bottines ou nos souliers
nous trouvions des bonbons à l'intérieur.
- Et le soir du cinq décembre, que faisiez-vous
?
- Eh bien, le soir
dans la salle à
manger, nous posions sur la table une grande assiette
qui ne servait que
pour saint Nicolas. Tu sais que cette assiette, je l'ai donnée à
ma fille
qui l'a donnée à la sienne ? Elle est un peu craquelée,
un peu grattée
mais c'est l'assiette de saint Nicolas. Alors donc,
nous déposions l'assiette avec dedans une ou deux carottes, pour l'âne,
un navet et à côté un petit verre avec " de la goutte
" pour saint Nicolas, pour qu'il puisse se réchauffer
et aussi
un petit verre pour son serviteur.
- Saint Nicolas buvait une petite goutte à
chaque maison ?
- Bien sûr !
- Et après ?
- Après, quand tout était installé
nous montions
dans notre chambre. Mais tu sais, nous ne dormions pas beaucoup. Nous étions
énervés. Nous avions peur. Nous écoutions tous les bruits.
Quand nous nous endormions enfin
c'était déjà le
matin ! Le matin, il y avait du bruit. C'est le bruit qui nous réveillait.
Nous entendions la clochette ! Alors, nous descendions à toute vitesse
à pieds nus, pour voir ce que saint Nicolas nous avait apporté.
Sur la table
les deux petits verres étaient vides. Nous sentions
l'odeur du cigare, parce que saint Nicolas fume le cigare. Dans l'assiette
il y avait des noisettes, des noix normales, des noix du Brésil
tiens, nous ne voyons plus beaucoup des noix du Brésil
et aussi
une noix de coco qui faisait du bruit si nous la secouions près de notre
oreille. Au milieu
une petite pomme rouge qui brillait, qui brillait !
C'était la pomme de saint Nicolas. Près de la cheminée,
dans nos chaussures ou dessus ou tout près
nous trouvions des cadeaux
!
- Que demandiez-vous à saint Nicolas ?
- Les petits garçons demandaient souvent
un mécano et les petites filles
des poupées ! Je me souviens
d'avoir demandé une poupée noire
avec un pagne en raphia.
Je connais un monsieur
quand il était petit
il demandait
des choses pour lui, mais il demandait toujours
en plus
un cigare
pour son instituteur ! Nous demandions aussi des crayons de couleurs, des plumiers
en bois, une dînette
Les dînettes étaient en porcelaine
et nous ne pouvions jouer avec
que le dimanche. Nos mamans avaient tellement
peur que nous les cassions !
- Et après ?
- Après nous allions nous habiller
en vitesse. Nous mangions
en vitesse et nous sortions dans la rue pour
nous rendre à l'école. Alors
dans la rue, nous voyions arriver
saint Nicolas ! Avec son âne, des paniers en osier accrochés à
l'âne. Il était accompagné de son serviteur
et du
père Fouettard ! Les paniers étaient remplis de bonbons
nous recevions des poignées de bonbons. Et puis, nous allions tous à
l'école
Tous les enfants apportaient
ce qu'ils avaient reçu. Je me souviens d'une année
une petite
fille de ma classe est arrivée avec une trottinette
avec des pneus.
Nous avions des trottinettes, mais avec des roues en bois. Celle-là avait
des pneus
alors, tu penses
nous avons tous essayé la trottinette
! Des garçons apportaient leur mécano,
mais aussi des boîtes en bois avec des cubes. Sur les cubes, il y avait
des images
avec Blanche Neige,
enfin tu sais
les contes pour
enfants. Ou ils avaient des animaux de ferme : un cheval, des moutons,
Les filles avaient des poupées. Une
fois, j'avais reçu un appareil photo
mais c'était un faux
! Tu sais, à l'époque les appareils
c'était une boîte.
Quand j'ouvrais ma boîte
à l'intérieur, il y avait
un nécessaire de couture. J'étais fière
Quand je
suis arrivée à l'école avec, une petite fille m'a demandé
pour échanger ma boîte de couture avec
un coupe-cigare !
Il brillait
j'ai dit oui ! En rentrant à la maison, je l'ai montré
à maman. Elle m'a demandé qui était cette petite fille
et nous sommes allées rapporter le
coupe-cigare. En chemin, en
sens inverse
nous avons vu la petite fille et sa maman
qui nous
rapportaient la boîte de couture.
- Saint Nicolas
il venait à l'école
?
- Ah oui, il venait. Nous passions l'un après l'autre devant saint Nicolas
Il savait tout ! Il savait qu'un tel avait donné des coups de pied à
sa petite sur, qu'une telle avait fait ceci ou cela. Nous étions
très intimidés devant saint Nicolas. Il nous donnait un sachet
de bonbons. Dans le sachet de bonbons, il y avait toujours un petit objet qui
faisait du bruit. Une fois c'était une trompette, une autre fois c'était
un cliquet.
- C'est quoi un cliquet ?
- C'est un petit objet en métal, avec une lame à l'intérieur.
Quand nous poussions dessus
cela faisait " clic ". Tous les
enfants faisaient " clic ". Tu imagines le bruit que nous faisions
! " clic, clic, clic ". Ou bien " pouet, pouet, pouet ".
La Saint-Nicolas
se terminait toujours dans un vacarme épouvantable
!
B.H.
Retour au sommaire
|
|