05 juillet 2002 - n°182

Région

Trois véhicules flambant neuf

Trois véhicules flambant neufLe charroi de l’arsenal de Neufchâteau vient de s’agrandir : un nouveau camion et deux ambulances neuves aussi. Cette arrivée de véhicules est accueillie avec satisfaction par les hommes du feu, qui ont fêté cela dimanche passé. Après un exposé technique qui montrait avec quelle rigueur les victimes sont prises en charge, les familles du corps des pompiers ont assisté à la bénédiction des petits derniers, enfin pas si petits que cela ! C’était aussi l’occasion de présenter la nouvelle optique de suivi des soins.

“Si l’on compare comment on prenait les victimes en charge il y a quinze ans, explique le docteur Marc Siméon, officier médecin du S.R.I., et comment on pratique aujourd’hui, on remarque que les techniques sont diamétralement opposées. Avant, on arrivait sur les lieux d’un accident, on plaçait la victime dans l’ambulance et on fonçait à l’hôpital. Arrivée au service des urgences, cette victime était examinée et les soins commençaient. Maintenant, c’est tout différent. Quand le service de secours arrive sur les lieux, un état de santé est immédiatement établi et l’ensemble des paramètres vitaux sont contrôlés. Une personne victime d’un infarctus, par exemple, bénéficiera immédiatement d’un massage cardiaque à l’arrivée des secours. Mais pour cela, souligne Marc Siméon, il faut que les hommes soient formés. Tout sapeur-pompier a une double formation : il est pompier et ambulancier.” Les pompiers de Neufchâteau sont tous des volontaires qui ont suivi exactement la même formation que des pompiers professionnels. “On doit bien comprendre, dit Serge Devalet, le commandant, que les volontaires ne sont pas des amateurs, mais bien des hommes qui ont suivi des cours et qui sont brevetés. Et pour nous, c’est même encore plus difficile qu’un corps de pompiers professionnels, parce que chaque homme doit pouvoir tout faire : conduire un camion, pouvoir attaquer le feu, extraire un blessé d’un véhicule accidenté, utiliser le matériel de désincarcération, pouvoir aborder des produits dangereux etc. Quand le téléphone sonne et qu’il faut intervenir, ce sont les pompiers disponibles qui partent. On ne sait pas programmer des équipes avec un spécialiste de ceci et un autre de cela.”

Pompier et ambulancier :
un deuxième métier

Marc SiméonLes volontaires ont un métier principal et c’est en dehors de ce métier qu’ils sont disponibles pour la caserne. Pour devenir pompier-ambulancier, il faut avoir dix-huit ans au moins et posséder son permis de conduire “auto”. Au cours de la double formation, il faudra aussi passer et réussir son permis “camion”.

Le pompier suit “l’école du feu”. C’est une formation qui englobe nonante heures de cours. Après l’obtention du brevet, le pompier suivra, pendant toute sa disponibilité, des cours de mise à jour lors des exercices qui ont lieu toutes les quinzaines, le dimanche matin. L’ambulancier, qui est aussi pompier, suit une formation de base de cent soixante heures. Un volet théorique de cent vingt heures, sur les données médicales nécessaires à la compréhension et l’exercice de cette activité d’ambulancier. Un volet pratique de quarante heures comprenant une connaissance parfaite de la R.C.P., c’est-à-dire la réanimation cardio-pulmonaire et une connaissance (par des exercices pratiques) des situations médicales rencontrées lors d’accidents ou chez un malade à domicile.

Il acquiert une formation qui lui permet de réagir sur-le-champ, en assurant lui-même les premiers soins et en fournissant aide et soutien aux médecins et infirmiers lors de toute intervention. Cette formation est contrôlée par un examen rigoureux devant des médecins urgentistes, généralistes, infirmiers. Au terme de cet examen, il obtient un badge garantissant la réussite des épreuves et sa capacité à assurer cette fonction.

Après la formation :
le perfectionnement

Avoir un badge en poche ne suffit pas ! Le pompier-ambulancier, outre les exercices sur la maîtrise du feu, suivra cent vingt heures de cours, étalés sur cinq ans, constituées à la fois de cours théoriques et pratiques. De cette façon, il entretient les gestes et les techniques et reste informé sur les nouveautés concernant les soins d’urgence.

Trois véhicules flambant neufTous les cinq ans, il subira un examen pour vérifier son aptitude permanente à sa fonction. Etre volontaire demande donc un effort constant de la part des hommes, des remises en question, de l’étude et l’acquisition de connaissances pratiques. On comprend bien dès lors que tout le corps des pompiers de Neufchâteau souhaitait du matériel à la hauteur de leurs techniques. Si maintenant ils sont capables de “ monitorer les patients ” comme on dit dans le jargon, c’est-à-dire assurer sur place tous les soins de base garantissant les meilleures conditions de transport vers l’hôpital, ils aspiraient aussi à des véhicules équipés et performants. “ La fonction va de pair avec du matériel adéquat ” soulignait le docteur Marc Siméon, dans son discours d’inauguration. Il voulait aussi apporter des éclaircissements sur l’arrivée des nouveaux véhicules dans une période de disette financière. “ Nos ambulances dataient, continuait-il. La plus récente avait plus de dix ans et la plus ancienne quinze ans. Ces véhicules étaient démodés et de plus, l’un d’entre eux, ayant été accidenté, était dangereux à conduire, tant pour nos ambulanciers que pour les gens à transporter. Cela fut confirmé lors d’une expertise fin 2000, par un expert du Ministère de la Santé publique; son rapport confirme qu’il était bien nécessaire de remplacer les deux véhicules. Nous avons contacté ce Ministère de la Santé publique depuis plus de deux ans pour obtenir un nouveau véhicule et aucune livraison n’était en vue. Ce que l’échevin en charge des pompiers a vérifié lui-même. Dans ces conditions, la commune a décidé l’achat de cette nouvelle ambulance. Celle-ci est dotée de tous les matériels les plus modernes tant d’un point de vue technique que médical. Les patients bénéficient maintenant d’un confort indéniable et de la sécurité maximale pour leur transport ; tant les médecins, ambulanciers et infirmiers bénéficient d’un équipement à la pointe du progrès (…) Et par miracle, une dotation vient d’être décidée par le Ministère de la Santé publique ; la province de Luxembourg en a reçu trois et au vu de la nécessité absolue que notre dossier prouvait, l’une de celles-ci fut accordée à Neufchâteau. L’une des deux ambulances est payée par le Ministère de la Santé publique (la commune prend en charge les assurances) et la première arrivée est payée sur fonds propres, c’est-à-dire par la commune de Neufchâteau, mais une partie de la somme sera récupérée grâce au pot commun des communes participant au payement de ce type de matériel. L’effort financier est important, j’en conviens, mais le jeu en vaut la chandelle compte tenu des besoins énormes que je viens de décrire”.

“ Soyez assurés que le personnel ambulancier fait de gros efforts de formation continue, afin de pouvoir rester à la page pour s’occuper des patients et qu’il est heureux de pouvoir travailler dans des conditions idéales.”

“ Je remercie dès lors encore le Collège et tout le Conseil communal, de l’effort réalisé par la commune de Neufchâteau pour le bien-être de tous nos concitoyens, sans oublier bien entendu tout le personnel de l’administration communale qui s’est également fort investi pour nous aider dans les démarches administratives qui furent ardues.”
“ Je suis convaincu que toute la population vous en est reconnaissante et certainement tous les membres du Service Régional d’Incendie. ”

Ainsi terminait le docteur Marc Siméon. Le bonheur d’avoir deux nouvelles ambulances était perceptible parmi les ambulanciers qui n’en finissaient pas d’expliquer toutes les facilités qu’elles offrent par rapport aux anciennes qui dataient de 1986 et de 1991.

De nouveaux véhicules et du nouveau matériel impliquent qu’il faudra consacrer des heures aux prochains exercices pour en apprendre le maniement optimum, mais les hommes du feu ne reculent devant rien ! Ils vous invitent par ailleurs le dimanche 22 septembre à une journée porte ouverte, lors de laquelle ils répondront à toutes vos questions concernant le service incendie. Un recrutement est prévu à la mi-octobre. Donc tous ceux qui se sentent une âme de pompier peuvent préparer leur candidature. Les dames sont également admises !
B. H.

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