| 06 janvier 2004 - n°231 - 232 - 233
Déjà un goût de Noël à Straimont
Dans la chorale du Petit Ry-Ton, on chante bien sûr, mais on s’amuse beaucoup aussi. De plus, les chanteurs ont le cœur sur la main. Ils disent “ oui ” au Télévie, aux enfants atteints du cancer et pour un “ oui ” ou un “ non ”… ils font leurs bagages pour l’Espagne, pour aller chanter dans la famille d’un copain, la France, plus simplement le sud de la Belgique! Un mariage chez l’un? Une fête de famille chez l’autre? En route! Sur les quatre-vingts chanteurs ce sont souvent cinquante qui répondent à l’appel. Donc quand Guy Mernier a demandé si la chorale voulait bien venir chanter dans le village qui l’a vu naître, pour sa famille, ses amis, il n’a pas eu le temps de terminer sa phrase, c’était d’accord. Sur le coup de 20 heures, le Canticorum d’Haendel élevait ses premières notes dans l’église Saint-Nicolas – le concert de Noël en plein, le public écoutait religieusement. Le troisième morceau apportait une note américaine grâce à des morceaux de West Side Story. Mais cela a beau être une histoire d’amour aux accents classiques mêlés de variété et de jazz, le public tend l’oreille toujours aussi sagement. Armstrong tu te fends la poire, on voit toutes tes dents” de Nougaro dessine des sourires sur les visages et efface un rien l’air guindé des auditeurs. Un Amsterdam solennel de Brel et un chant sud-africain, accompagné de gestes, remettent tout le monde dans son état de départ. C’est l’entracte, on relance le chauffage et une partie du public va goûter au vin chaud qui est servi de l’autre côté de la rue. Une demi-heure après, montre en main, comme l’a préconisé la petite dame au micro avant l’interruption, les gens reprennent leur place et la chorale aussi. Des gestes du chef vers les chanteurs, un “chut”, un second. Pour l’aider les choristes font tous “chut”, ce qui fait rire le premier rang. Le silence s’installe, enfin pas tout à fait puisque l’on se rend compte qu’il y une musique de fond. Un mouvement du bras discret indique les haut-parleurs… le message ne passe pas. L’assemblée se trémousse. Encore quelques signes désespérés. Ah, le silence revient! Non, ça recommence. Le vin chaud et l’incident détendent l’atmo-sphère. La chorale entame la seconde partie et chacun reprend du maintien. Ce que le public ne sait peut-être pas, c’est que le chef est ardennais… et qu’il a parié à l’entracte qu’il ferait chanter les villageois. Il sait que les gens sont timides, mais il sait aussi par quel bout les prendre. Il paraît même qu’il est têtu, c’est du moins ce que le présentateur dit (s’il est ardennais!). Robert Alaime conduit les choristes qui entament Les anges dans nos campagnes. Au refrain, il se tourne vers l’assemblée et des “gloria” discrets s’élèvent. Second couplet, second refrain. Les habitants de Straimont et des alentours se laissent emporter et chantent. Au troisième refrain, c’est encore mieux! C’est même très bien et la chorale est épatée, ce qui ravive le feu du chant. Le chef dirige à présent sa chorale et une église comble. La cohésion est plus présente que jamais. Le concert se termine par un chant hébreux et au son du Shalom, l’assemblée qui bat des mains se lève comme un seul homme. On ne sait qui est le plus surpris des deux, le public ou la chorale du Petit Ry-Ton. C’est l’heure du cadeau, le chef reçoit un énorme verre à Orval (il paraît qu’il faut neuf bouteilles pour le remplir!). Il ne peut s’empêcher de poser son verre – de toute façon la salle applaudit à tout rompre – et il indique à Marie-Pascal De Coster, la pianiste talentueuse, de reprendre le dernier morceau qui ponctue la soirée. Un monsieur âgé, les larmes aux yeux, demande tout bas… si on va en parler dans le journal. Bien sûr, qu’on va en parler ! B. Herry |
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