| 06 janvier 2004 - n°231 - 232 - 233
La féerie de Noël
Il vient d’arriver au café de La Liberté, José et Marie-Anne font appel à lui depuis huit ans. Les patrons ignorent ce qu’il va peindre. Tous les clients ont les yeux rivés sur les vitres derrière lesquelles ils voient tout à l’envers. Bien qu’une année, il ait poussé le jeu jusqu’à peindre pour que ce soit fini des deux côtés. José a encore la photo de ce travail exceptionnel. Marie-Anne enlève les petits rideaux comme tous les ans. Le blanc est en partie pour décorer et en partie pour constituer un fond. Parce qu’explique Jean-Marie, “ aujourd’hui les peintures ne valent plus rien ”. Il passe au rose.
Une année il a peint toute une bande dessinée de Frankin sur des vitrines. Le papa de Gaston Lagaffe avait fait un scénario en noir et blanc… et on pouvait reconstituer l’histoire en allant photographier chaque vignette et en mettant toutes les photos côte à côte. On ne lui avait toutefois pas dit que les dessins étaient en noir et blanc et qu’il devrait prendre à sa charge la mise en couleur ! Il n’en est pas mort pour autant et a continué à jouer du rouleau sur le verre, qu’il ne faut surtout pas nettoyer à l’ammoniaque, sinon c’est la fin des haricots. Il passe au vert. Des patrons de café lui demandent aussi de peindre le client qui est accoudé au comptoir. Des complices l’ont fait asseoir là, juste où il faut et s’ingénient à ce qu’il ne bouge pas. Tout le monde est au courant… sauf lui. C’est une blague qui marche à tous les coups. Il passe au rouge. “ Les pinceaux ne valent plus rien. Avant, j’utilisais des pinceaux de lettreurs, mais il n’y a plus de lettreurs ! Alors, je suis obligé de peindre au rouleau.” Il n’est pas rare qu’un cafetier l’appelle pour un petit dessin et qu’à son arrivée on lui demande de peindre Boule et Bill, et pas autre chose. Alors, il doit trouver de la documentation. C’est un vrai métier de fou ! Une année, il est allé au Canada pour peindre sur un nombre invraisemblable de vitrines avec tout ce qu’il fallait pour une campagne électorale (il faudrait lancer la mode ici !). Il est revenu pour décorer les Galeries Anspach : deux étages ! Pour le bas, on lui a donné une échelle et pour le haut, il a dû tout faire à l’envers. On aurait pu le prévenir ! Il passe au noir, grimpe sur son tabouret, colle le nez à la vitre pour fignoler au pinceau dont la moitié des poils manquent. Comment il fait ? Il saute dans son break et il est parti ! Une année José a chronométré, il avait mis 12 minutes. On se frotte les yeux. Franchement, s’il n’y avait les dessins… on se demanderait si on l’a vu, ou si on a rêvé ! B. H.
Qui remportera le concours ?
Les participants doivent avoir terminé leur décoration pour le 19 décembre, car à partir du 19 au soir, les juges vont circuler. C’est un jury extérieur à la commune qui recevra la liste. Il mettra ses appréciations. “Ce n’est pas évident de trouver quelqu’un pour juger. Pour faire le tour de la commune, il faut deux soirées”, explique-t-on au SI, tout en préparant les sapins qui vont agrémenter la salle du village. “Quand les routes sont libres cela va, sinon cela prend du temps. En général on invite des personnes qui ont de l’expérience. Bien souvent, on s’aide entre communes. L’un va à Martelange et en échange une dame de Martelange vient ici. Comme cela c’est quelqu’un de l’extérieur qui ne connaît pas les gens, pour éviter les partis pris. ” Ce qui est certain, c’est qu’il y a plus de recherche cette année que les précédentes. Avant c’était dans le genre accumulation de lampes. Plus c’était brillant, mieux c’était! Maintenant c’est plus original, plus raffiné. L’imagination est à l’honneur et quasiment tout le monde complète ses illuminations d’une crèche. Des gens découpent de beaux personnages en bois contreplaqué, cela devient vraiment artistique. Un participant qui passait dire un petit coucou la veille au syndicat a précisé qu’il était allé s’inspirer en Allemagne, et un autre en Alsace. On essaie de piquer les bonnes idées ? Pour l’édition 2003, il y a moins de personnes qui participent : 20 cette année contre 32 l’an passé! Mais tous les bénévoles sont unanimes, le concours a gagné en qualité. Qu’est-ce qu’on remporte dans l’aventure? Des euros sonnants et trébuchants pour les premiers et pour les suivants le SI essaie de trouver des lots, afin de les encourager à revenir l’année suivante. La proclamation des résultats aura lieu le 26 décembre à 20 heures au local du syndicat d’initiative Les Berges du Bî, rue du Centre à Sibret. Pendant que les bénévoles s’activent pour décorer la salle qui accueillera Linda Robert dimanche, pour la présentation de son livre Mémoire de Sibret, ils réfléchissent aux prochaines activités et notamment à l’exposition des artistes et artisans de Vaux-sur-Sûre qui se déroulera les 21 et 22 février 2004. Tous les artistes ou artisans habitant la commune, ou originaires de la région, sont cordialement invités et ils peuvent d’ores et déjà contacter Josette Jacob, chaussée de Neufchâteau 55 à Vaux-sur-Sûre ou au téléphone 061 25 51 70 pour demander un formulaire de participation. L’an dernier 1500 visiteurs étaient venus admirer les œuvres locales! En attendant, en passant par monts et par Vaux… ouvrez bien grands les yeux. B.H. |
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