06 juillet 2001 - n°162 et 163


Pour des eaux usées mieux épurées

Station d'épurationL’eau constitue un bien précieux en province de Luxembourg. Cet " or blanc ", comme d’aucuns l’appellent, nécessite dans bien des cas d’être traité afin de le rendre propre à la consommation. La Commune de Libramont procède actuellement à la construction de deux nouvelles stations d’épuration, l’une à Bras, l’autre à Lamouline.

Dans notre province, l’organisme d’épuration agréé est l’A.I.V.E. C’est elle qui a lancé les travaux de construction des deux stations d’épuration libramontoises. Ces deux nouvelles stations, dénommées Libramont-Vierre (4.200 EH) et Bras (600 EH), viennent s’ajouter aux deux stations existantes, Libramont-Lhomme et Freux. Rappelons que l’EH signifie équivalent-habitant. C’est l’unité correspondant à la charge polluante moyenne contenue dans les eaux usées rejetées quotidiennement par un habitant. Côté finances, un aspect non négligeable de ce type d’implantation, les travaux sont pris en charge par le fond " Epuration " géré par la Société Publique de Gestion des Eaux (S.P.G.E.) et alimentés par la taxe dite " des eaux usées " qui s’élève à 16 francs par mètre cube d’eau distribué.


Versant Vierre
et versant Lhomme

Station d'épurationLa station d’épuration de Libramont-Vierre vient compléter l’épuration de l’entité de Libramont en traitant les eaux usées du versant " Vierre " de la ville et celle des villages de Saint-Pierre et de Lamouline. Sa capacité étant de 6.100 EH, elle deviendra la station la plus importante de la commune. Le montant des travaux de construction s’élève ici à peu plus de 56 millions. La station sort actuellement de terre à Lamouline, à quelques centaines de mètres de l’accès à l’autoroute, en face de la route qui grimpe à Sberchamps. Les eaux usées sont récoltées par les égouts et vont parvenir à la station via un collecteur lui aussi en construction.

La future station d’épuration de Bras retenue par le Gouvernement wallon dans le programme 2000-2004, permettra de traiter la seule source de pollution domestique sur la Lhomme immédiatement en amont de la prise d’eau de surface de la SWDE destinée à alimenter principalement le zoning industriel de Recogne.
Cette station d’épuration viendra compléter le collecteur déjà posé qui reprend les eaux usées des égouts de Bras Bas réalisés en 1993 ainsi qu’une partie des eaux de Bras Haut. Elle sera équipée d’un traitement tertiaire de dénitrification et déphosphatisation afin de conserver la vocation d’eau potabilisable du cours d’eau récepteur, la Lhomme. Le montant des travaux se chiffre dans ce cas à plus de 25 millions.


Bientôt une épuration
complète

Lorsque ces deux nouvelles stations seront mises en service, la capacité d’épuration collective sur la Commune de Libramont sera de 11.600 EH répartie entre les quatre stations de Libramont-Vierre, Bras, Libramont-Lhomme et Freux. Le Plan Communal Général d’Egouttage (PCGE) prévoit 13.650 EH. Autrement dit, le taux d’épuration s’élèvera à 85% de la population reprise en zone d’épuration collective. Rappelons que Libramont compte actuellement pas loin de 10.000 habitants. Signalons encore, pour mieux comprendre la répartition géographique des stations, que Libramont, situé sur son plateau, se partage entre deux bassins. La station d’épuration de Libramont-Vierre se situe dans le sous-bassin hydrographique Semois-Chiers, tandis que celle de Bras se situe dans celui de la Lesse.
P.W.

René Déom, passionné de généalogie

La généalogie a le vent en poupe. Ils sont de plus en plus nombreux à rechercher leurs racines en passant par les branches de leur arbre généalogique. Nous avons rencontré un exemple particulièrement représentatif, et obstiné, de cette race de généalogistes.

René Déom est un Libramontois " pure souche ", né à Lamouline, sur sa commune en 1925. Sa vie professionnelle l’a conduit à Liège où il a été percepteur de tram entre 1947 et 1957, sur les trams verts qui ont marqué l’histoire de la Cité Ardente. Ensuite, il s’est mis à l’eau, étant quinze ans durant opérateur aux Sources de Chevron où est embouteillée de nos jours l’eau minérale Bru. Et enfin, pour les quinze années suivantes de sa vie " active ", il fut secrétaire du parti socialiste luxembourgeois. A Libramont où il réside aujourd’hui retraité, au sommet de la Résidence Chanteroy, il dispose d’une vue imprenable sur une bonne partie de la localité du Centre Ardenne.

Du Pont de Remagen aux réserves d’Indiens du Québec

René DéonPendant la guerre, le hasard a voulu que René Déom se retrouve, avec deux autres Déom dont Jean Déome de Nivelet, parmi les premiers soldats du 12e bataillon de fusiliers à franchir le célèbre Pont de Remagen. C’était le 10 mars 1945 et ces Déom-là ont établi la première tête de pont sur la rive droite du Rhin. Il se définit ainsi : " En résumé, je crois avant tout que j’ai toujours été un militant… ". Mais aussi un homme discret car René Déom insiste pour ne pas être mis en avant, avant d’ajouter : " Je n’ai pas de mérite à avoir fait ce que j’ai fait. J’ai toujours aimé le contact avec les gens, aller à leur rencontre. Je suis né comme cela….". Dès que l’on évoque sa passion pour la généalogie, notre Libramontois parle de sa mère qui lui glissa l’idée. Et pour cause, elle n’avait que trop peu connu sa propre mère, décédée alors qu’elle ne comptait que cinq printemps. C’est pour cela qu’un beau jour, elle s’est mise à dresser sur une nappe en papier la liste les membres de sa famille qu’elle connaissait. Avant de rapidement se mettre à chercher plus avant, notamment auprès de personnes âgées. C’est que, comme le précise René Déom : " On ne s’imagine pas le nombre de personnes âgées qui ont encore une excellente mémoire. Leur aide se révèle précieuse, voire indispensable, pour recomposer les diverses branches d’un arbre généalogique… ".

C’est ainsi que l’on retrouve une grand-mère, " une Uyttersprot ", originaire de la région d’Alost et débarquée à Libramont avec l’un des premiers trains, vers 1862. Pour retrouver les membres de cette famille, il a fallu, dans un premier temps, procéder par téléphone avant de passer aux visites. De quoi remonter jusqu’au Doyen d’Alost en 1735 et organiser, en 1990, une première réunion de famille à Chisogne (Tillet) dans la ferme où avaient vécu les grands-parents.

La passion de la généalogie grandit. Et notre homme se lance à la recherche des Remacle, du côté du père de sa mère, bien aidé par la dénommée Simone Remacle, médecin à Paris. Leur passion commune pour la généalogie leur permet de progresser rapidement. Et, en 1997, ils réunissent des dizaines de Remacle à Marcourt. Mais le plus gros coup, ce fut avec les Déom. Un comité d’une vingtaine de Déom a permis déjà d’en réunir à 834 en 1994 à Libramont. Le 27 août 2000, ils sont 1105 membres de cette même grande famille. On ne se figure pas les liens forts créés par ce genre de rassemblement. Nous avons également constaté que le nom avait régulièrement changé, notamment lors des inscriptions dans les communes. Nous avons beaucoup voyagé, allant jusqu’à aller rechercher des Deom dans une réserve d’Indiens au Québec ! ”.

" Les descendants de Guillaume Deum "

René Déom croise sur son parcours un Français originaire de Lorraine et nommé André Déom dont les recherches généalogiques le conduisent à Genneveaux, sur la commune de Léglise, après s’être rendu aux archives à Arlon pour retrouver des traces de ses ancêtres à Menugoutte. Désireux de laisser une trace, écrite cette fois, de ce colossal travail, il décide de publier un ouvrage consacré aux " descendants de Guillaume Deum ". Dans ce livre, sur plus de 300 pages, il évoque tout ce qui concerne les Déom, Déome, Deum, Déhon, Dehomme, etc, dans la vie publique, les arts, le sport, la justice… Il a même pris le temps de comptabiliser le nombre de Déom que des centaines de localités ont compté. Dans les professions recensées, on relève quatre prêtres seulement, un frère et huit religieuses. L’une d’entre elles, Cécile, Déom, est missionnaire en Equateur où elle s’occupe d’enfants pauvres. Parmi les Déom célèbres, il en est un, parti de Virton qui devint ministre du gouvernement Trudeau au Québéc. Une avenue Déom existe à Montréal. Il s’agit du plus grand libraire de cette ville, Cornelius Déom, qui lui a donné son nom….
P.W.

Renseignements : 061/22 42 94.

Site Internet : http://andre.deom.free.fr/Index.htm

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