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06 septembre 2002 - n°184
Thierry Scholtès, passionnant
À la demande du syndicat d’initiative, Thierry Scholtès, de Mellier, attaché scientifique aux archives de l’Etat à St-Hubert, vient de guider trois après-midi de visites d’églises. Le premier rendez-vous avait lieu le 18 août pour redécouvrir celle de Léglise et la chapelle de Mellier pour évoquer le début du christianisme et le moyen âge. Le 25 août, c’est en l’église d’Ebly que l’on évoqua les Temps modernes (XVIe-XVIIIe siècles). Enfin, dimanche dernier, le groupe de visiteurs s’est rendu à Louftémont, puis à Witry pour parler d’un passé plus récent : l’époque contemporaine (XIXe et XXe s.). Au total, c’est septante personnes qui ont accompagné Thierry Scholtès lors de ses visites guidées. Dans un style décontracté, Thierry a réussi à captiver son public, abordant avec aisance un sujet complexe et très riche. Thierry Scholtès, ayant travaillé plusieurs années au musée en Piconrue à Bastogne, connaît bien le patrimoine religieux du Luxembourg. Il regrette d’ailleurs que l’on utilise trop facilement un vocabulaire dépréciatif (art populaire, baroque régional...) à l’égard de ces édifices qui renferment un patrimoine plus riche qu’on ne laisse croire. Un patrimoine qu’il faut savoir décoder, car comme
l’explique bien Thierry Scholtès : "Il reste peu d’archives
expliquant les choix de tel achat ou investissement. La plupart du temps, on
ne retrouve que des factures ou des montants dans les cahiers de comptes." Proches des frontières, nos églises ont beaucoup souffert au fil des siècles. Un patrimoine, précieux à nos yeux, a été détruit par simple volonté de remplacer du vieux par du neuf. "Nous n’avons pas toujours eu la même valeur des choses, rappelle Thierry. À notre époque, on attache beaucoup de valeur aux objets. Auparavant, on accordait plus de valeur aux idées ou à la représentation des objets." L’info : On sait que les églises sont régulièrement exposées à des vols... Th. Scholtès : - Je n’ai pas fait de recherches particulières pour la commune de Léglise. A l’heure actuelle, je crois qu’on est assez bien préservés. Cependant, il y a des objets (statues, ornements, pièces d’orfèvrerie...) qui avaient été inventoriés autrefois et qui ne se trouvent plus dans les églises. On ignore ce qu’ils sont devenus. Il faut savoir que les fabriciens sont légalement et pénalement responsables des biens de la Fabrique d’église. L’info : Il y a vingt ans, la tornade avait particulièrement blessé l’église du village... Th. Scholtès : - L’église St-Martin était un bel ensemble de la fin du XVIIIe siècle, beau mais pas exceptionnel. Avec la tornade qui a occasionné notamment la perte des autels latéraux, cet ensemble a été démantelé. Avec le recul et en observant ce qui a été fait ailleurs, on s’aperçoit que si le vent ne l’avait pas fait, les hommes auraient pu le faire... A bien des égards, la rénovation liturgique a fait plus de dégâts que la tornade. Pourtant si on regarde l’église d’Ebly ou de Witry, on constate qu’il y a moyen de faire des adaptations sans tout détruire. Malheureusement, certains responsables ont joué de leur autorité pour faire supprimer autels, chaires à prêcher, bancs de communion... alors que rien ne le justifiait. Sans vouloir transformer les églises en musées, on aurait pu agir avec une certaine mesure. On retrouvera Thierry Scholtès dans notre prochain numéro pour la suite de cet entretien. Auparavant, il vous donne rendez-vous, à l’initiative de l’échevinat de la culture, pour une conférence dans le cadre des journées du patrimoine, le vendredi 6 septembre à 20 h à la maison communale de Léglise.
La tornade, vingt-ans après 18 heures 40, le vent se lèvre d’un coup, en une
poignée de secondes une tornade va s’abattre en plein coeur du
village de Léglise. Plusieurs maisons sont détruites, des toits
sont arrachés, des arbres brisés ou déracinés, les
voitures sont retournées... Une heure après le drame, les villageois sont rassurés. Il n’y a pas de victime. Ils l’ont échappé belle. C’est un vrai miracle. Dans quelques jours, il y aura exactement vingt ans que ces événements dramatiques se sont déroulés. Pour se souvenir de cette terrible épreuve mais aussi du formidable élan de solidarité qui a suivi, le Club des Jeunes associés à l’Administration communale et au syndicat d’initiative organise un grand week-end de commémoration. Une exposition : “20 ans après, Léglise se souvient” sera accessible dès le samedi 14, à partir de 14 heures (salle “Nos Loisirs”). De nombreuses photos, articles de presse, cassettes vidéo, diapositives... seront présentés. En soirée, un souper campagnard est organisé. En prélude à ces journées, un spectacle humoristique est programmé le vendredi 13 à 20h. Maxime Thierry, chanteur-imitateur et Marc Herman en seront les vedettes. Enfin, pour permettre aux plus jeunes de mieux connaître cet événement qui a marqué le passé de leur village et de la commune, le lundi 16 et mardi 17, les écoles visiteront l’exposition qui sera présentée par Antoine Dumont, ancien bourgmestre de Léglise. O.W.
Léglise a été victime d’un phénomène peu courant ici En Australie, au Japon, au Bengladesh, en Afrique du Sud et plus principalement dans le centre de l’Amérique du Nord, il est fréquent de voir un phénomène météo violent nommé “tornade”. C’est entre quinze et dix-neuf heures, environ, que la
probabilité de voir une tornade se développer est la plus grande,
entre avril et septembre, dans cette dernière région du monde.
L’air chaud et humide, favorisé par le rayonnement solaire et le
vent du sud venant du Golfe du Mexique, s’élève et rencontre
une masse d’air froid : une tranche de l’atmosphère activée
par une circulation de l’ouest ou du nord-ouest. De violents orages éclatent
et certains dégénèrent en tornades. Les gamins qui courent
dans les rues connaissent tous les premiers signes de cette furie météorologique.
Ils savent qu’il faut se protéger la tête, se réfugier
sous une table ou dans un placard, ne pas rester dans une voiture. Dans cette
zone du globe, il existe même un “couloir des tornades” et
des “chasseurs de tornades” qui font des kilomètres en quatre-quatre
pour les pister et les signaler aux services météo. Qui imagine un instant ce même cône se déplacer en emportant tout sur son passage avec une vitesse circonférentielle de plusieurs centaines de kilomètres-heure ? Si, en Belgique, il y a des tornades, mais elles font l’objet d’une ligne dans les rapports de l’institut royal météorologique : “12.08.1996 / Une tornade cause des dégâts à Hoogstade (Alveringen)”. Elles arrachent quelques arbres, couchent des céréales. Et pourtant, le 20 septembre 1982 un phénomène d’une rare ampleur se développe à Léglise. Pendant deux minutes, toitures et objets mal arrimés se soulèveront, le vent hurlera à se faire terrer chez eux ces braves Ardennais. Cette fois, le service météo d’Uccle dépassera la ligne ordinaire de rapport pour en consacrer sept ! : “Dans le pays, la fin de la période de chaleur se traduit par de violents orages (…) les dégâts sont énormes” et fait surprenant, l’auteur du jour écrit une donnée qui tient plus d’une réflexion journalistique que d’un constat scientifique : “l’horloge du clocher s’est figée à 18 h 40”. C’est l’heure du passage de cette sacrée tornade qui va faire connaître Léglise aux quatre coins de la Belgique. La commémoration de ce spectacle de désolation, qui ici s’associe plus facilement à des images de guerre qu’à une tempête, sera certainement une occasion de ranimer des souvenirs poignants. Mais il serait dommage de ne pas en tirer une leçon purement rationnelle. Le climat change sensiblement en présentant des extrêmes plus prononcés qu’il y a quelques décennies : des températures plus élevées pendant les périodes chaudes, des vents plus violents d’année en année, des pics de pluie plus marqués. Nous devons nous préparer à subir plus souvent ces caprices qui détruisent, anéantissent des heures de travail, blessent ou tuent parfois. Les compagnies d’assurances prévoient des mesures pour indemniser plus facilement les victimes de la météo. Il existe bien un remède pour effacer les catastrophes : la solidarité. B.H. |
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