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08 octobre 1999 - n°131
Lévénement majeur de lexposition était sans conteste la présentation du nouveau CD-Rom de Paul Pirot. Cest laboutissement dun travail important qui pemet de mettre en circulation un outil étonnant et richement illustré. Ce Cd-Rom sadresse autant aux mycophiles et mycologues amateurs quaux mycophages. Nous en reparlerons dans notre prochain numéro. Lors de notre visite, nous avons rencontré Jean-Marie Pirlot, grand passionné de champignons et spécialiste des polypores. Il nous fait le bilan des premières cueillettes. Il y a trop de pluie pour les champignons ! - "Cette année, jusquà la veille de notre exposition, nous navons guère eu de champignons dans les bois. Il a fait beau et sec durant lété et on voit seulement réapparaître les champignons dans les champs. La poussée des champignons des bois commence seulement. Habituellement nous avons une petite gelée en septembre et les champignons apprécient les petits coups de froid. Il faut de lhumidité pour que la plupart des espèces commencent à sortir, mais un excès deau est défavorable aux champignons. Pour voir plus de champignons, il va falloir attendre que le sol sèche un peu. " Et les polypores... - "La grosse majorité des polypores sont des parasites des arbres. Généralement, nous les trouvons sur des bois morts mais aussi, de temps en temps, sur des arbres vivants. Ils vivent là comme des parasites. Mais quand on parle de parasites on pense par exemple au mildiou qui est un parasite de la pomme de terre. Un parasite a absolument de sinstaller sur des organismes vivants. Tandis que les polypores sinstallent sur des parties mortes de larbre, mais à partir de là, ils vont envahir le reste de larbre vivant. Le résultat est le même. Beaucoup de champignons sont dapparence inutile, mais il faut toujours replacer les champignons dans leur cadre naturel. Les polypores sont des agents recycleurs très précieux de la matière organique. On dit parfois quils sont les éboueuurs de la nature. Les arbres malades ou affaiblis seront attaqués par ces champignons et ne laisseront évoluer que les individus les plus forts. Et la fameuse mérule... - Ah ! Il y a jusquà une dizaine dannées, on parlait très peu en Ardenne, mais depuis, il y a une forte demande dinformation. Aujourdhui, la mérule est devenue plus fréquente. Il est certain que le facteur humain intervient. Si la mérule est très présente à Bruxelles, il faut savoir que cest un résultat de la spéculation immobilière parce quon laisse des bâtiments à labandon. A partir du moment où on laisse un bâtiment sans chauffage, sans aération, cest un champ qui est favorable à ce champignon. Les vieilles maisons où les boiseries sont importantes sont susceptibles dabriter la mérule sil y a une source dhumidité. A quoi peut-on la reconnaitre ? Ce champignon développe des plaques de mycéliome blanchâtre qui ressemble à des moisissures épaisses, parfois à de louate. La mérule peut partir de la cave et monter jusquà la charpente. On peut la trouver dans tous les endroits confinés. Quand elle sera bien développée, la mérule développe des tâches brunes, la surface du bois est comme chagriné. Il y a beaucoup de dangers à avoir ce champignon dans une maison. Ce dernier est très vorace et se développe rapidement. Après deux ou trois ans, une poutre en bois peut être totalement rongée et perdre toute sa résistance mécanique. Cela peut évidemment poser de gros problèmes. Pour se protéger de la mérule ou stopper son développement, il faut éviter une atmosphère humide et confinée dans les maisons. Il faut chauffer et éliminer toutes les sources dhumidité et aérer. Pour léliminer il faut traiter aux fongicides et enlever tout ce que la mérule a atteint. |
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