17 mars 2004 - n°236 et 237


Favorisons l’hébergement de la chouette dans nos clochers

Favorisons l’hébergement de la chouette dans nos clochersUn second épisode vient s’inscrire à la belle histoire racontée par Cécile Bolly dans notre numéro 233 du mois de décembre dernier.

Le 7 février, Christophe Verger, le menuisier du village, installait un nichoir à chouettes dans le clocher de l’église de Tournay. L’idée est d’offrir de l’habitat à cet oiseau très utile, tout en évitant l’entrée des pigeons qui causaient des nuisances au mécanisme des cloches.

Pour rappel, à la suite de la pose de treillis sur les ouvertures des abat-sons du clocher, des chouettes effraies qui vivaient là ont été privées de l’accès qu’elles avaient l’habitude d’emprunter. Après des échanges d’avis, une solution a été trouvée pour continuer à offrir un gîte aux chouettes et éviter l’entrée des pigeons : construire un nichoir spécifique à ces rapaces. C’est Christophe Verger qui a reçu la commande de l’ancien comité de village.

Une première !

Car il a l’habitude de construire des châssis, des meubles, il a réalisé une maison de poupée pour sa fille et on lui a bien demandé un jour de construire un piège à belettes sur mesure, mais un nichoir à chouettes… jamais! Il n’a toutefois pas hésité à se lancer dans l’aventure. Il a pris les plans et s’est mis à l’ouvrage dans son atelier. Le samedi 7, c’était le grand jour du montage. Son apprenti Kevin Cugnet et lui vont grimper pour la première fois de leur vie tout en haut de l’église. Un escalier qui tourne, une échelle, on y est. Ah non, pas encore. Le clocher, c’est encore plus haut ! Il faut soulever la trappe et emprunter une échelle étroite dont un échelon a déclaré forfait. L’air devient froid et humide. Il va falloir monter des câbles électriques pour fournir du courant à la visseuse et à la foreuse, mais surtout… catastrophe, il faudra démonter le nichoir qui ne passe pas dans le trou d’homme.

Au milieu des cloches

Favorisons l’hébergement de la chouette dans nos clochersTrois heures seront nécessaires pour monter les pièces une à une et reconstituer le nichoir. Perchés sur une poutre, sans rien pour se tenir si ce n’est les murs, les deux gars jouent aux équilibristes. Pas question de laisser tomber le marteau sur une cloche ou de glisser sur le bois recouvert d’une fine pellicule de rosée. Courageux, ils arrivent au bout du travail vers onze heures. Enfin, il faut encore fabriquer un pied entre l’ouverture et le mur.

La grosse boîte est en réalité un nichoir. Un pigeon apparemment n’aime pas pénétrer dans un endroit obscur. Mais la chouette, dame de la nuit, s’en accommode très bien. Entre cette issue et le mur, il y avait à peine 20 cm. Christophe Verger a donc imaginé de lui fabriquer une petite surface sur pied pour lui permettre de marcher, jusqu’à pouvoir prendre son envol.

On ne l’y reprendra plus. La prochaine fois, il ira repérer le terrain à l’avance. Parce qu’il espère une prochaine fois ! Cécile Bolly aussi. Et nous profitons de cet article pour lancer un appel à toutes les fabriques d’église de Neufchâteau afin de voir si elles accepteraient d’imiter celle de Tournay qui s’est véritablement mobilisée pour la cause.

Une croyance malheureuse

La chouette effraie est très utile ; son menu est principalement composé de campagnols, un rongeur détesté par les agriculteurs, jardiniers, pépiniéristes.

Jadis la chouette était mal connue, crainte. Une vieille idée s’était d’ailleurs installée dans nos campagne. C’est le moment de lui tordre le coup. Les villageois avaient l’impression que la chouette amenait la mort. De façon à l’éloigner, des gens clouaient une chouette vivante sur une porte de grange, pensant ainsi conjurer le sort. La pratique était fatale au rapace, qui mourait de faim.

Favorisons l’hébergement de la chouette dans nos clochersOn a cherché une explication… et on en a trouvé une : “ C’est vraisemblablement parce que dans les villages, on veillait les morts pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, explique Cécile Bolly. Et la nuit, la seule fenêtre éclairée était celle où l’on veillait. Il n’y avait pas de poteaux d’éclairage. Il faisait noir partout ailleurs. Une autre chouette, la chouette chevêche, plus petite, est attirée par les insectes qui viennent voler devant les fenêtres allumées, puisqu’elle s’en nourrit. Donc systématiquement, quand il y avait un mort, on voyait des chouettes et on en a fait un oiseau de mauvais augure en inversant le sens de la phrase. De la constatation “ quand il y a un mort, on voit des chouettes ” on est passé à “ quand on voit des chouettes, il va y avoir un mort”.

Heureusement, cette pratique a disparu et aujourd’hui les agriculteurs sont bien conscients que la chouette est un auxiliaire. C’est un animal auquel on ne peut rien reprocher”…
Reste maintenant à multiplier ce genre d’hébergement facile et pratique pour les chouettes. Avis aux gestionnaires de clochers !

B. Herry


A propos de la chouette

Ce bel oiseau mérite de nombreuses observations. On peut aussi chercher des pelotes de réjection et découvrir ce qu’il mange. La chouette effraie mâle, qui pèse à peine 300 g, peut apporter jusqu’à douze campagnols en une nuit à sa portée, qui est régulée en fonction de la population des petits mammifères.

La période pendant laquelle elle souffre le plus est justement celle-ci, en février-mars lorsque la couche de neige persiste et que ses graisses sont quasi épuisées. Les campagnols agrestes ou des champs circulent sous la neige, hors de son système de détection de mouvements et de bruits. Une raison de plus pour aménager de l’habitat partout où cela est possible.

Que faire des vieilles souches ?

Chaque fois que l'on coupe un arbre, le problème reste le même. Comment se débarrasser de la souche?
Pour l'éliminer, il existe plusieurs moyens plus ou moins intéressants.

  1. L'arracher avec un treuil si elle dépasse d'au moins 1 m ou s'il existe un point d'ancrage solide à proximité, de manière à y fixer un câble.
  2. Si ces souches sont encore vivantes et que l'on veut empêcher l'émission de rejets, il faut utiliser un désherbant chimique puissant que l'on introduira dans la souche en y faisant à la hache des entailles profondes, il est bon de mélanger ce désherbant avec de l'huile de paraffine. Répéter cette opération à deux mois d'intervalle. La souche va se désagréger progressivement. Eviter les infiltrations dans le sol et remplacer la terre lors d'une éventuelle plantation.
  3. Introduire du nitrate de potasse au cœur de la souche, reboucher les trous et recouvrir de plastique. Elle deviendra spongieuse et s'enlèvera facilement.
  4. Il existe un outil très efficace pour se débarrasser d'une grande partie de la souche, c'est l'essoucheuse à griffes. Il faut faire réaliser ce travail par un professionnel.

Il existe une autre solution beaucoup plus élégante, qui consiste à la conserver et en tirer parti en l'utilisant pour y faire grimper des plantes: clématites, chèvrefeuille, rosiers grimpants et lianes, lierres, etc, ou l'utiliser comme socle pour y déposer une vasque remplie de plantes retombantes, vivaces ou annuelles (pétunias, géraniums, fuchsias, verveines, etc), ou si elle est creuse, en faire un massif surélevé de fleurs estivales.

V. Jadin

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