| 17 mars 2004 - n°236 et 237
Céder son eau
L’info : - Quels sont les facteurs qui ont motivé la remise du réseau à la SWDE ? Daniel Collard : - Nous avions de plus en plus de difficultés à maîtriser le coût de l’eau parce que nous n’avons plus de subsides. Nos captages couvrent à peu près la moitié de nos consommations. Même plutôt en dessous qu’au-dessus. Nous étions déjà un gros client de la SWDE à laquelle nous achetions de l’eau à partir de deux châteaux, ceux de Senonchamps et de Saint-Lay. Pour la petite histoire, le château d’eau de Senonchamps nous appartenait mais Senonchamps est passé à la commune de Bastogne. C’est le seul village qui nous a échappé à la fusion des communes ! - Vous aviez d’autres ouvrages de tête ? - Nous avions le magnifique château de Morhet, avec son captage, et encore d’autres captages et réservoirs à Bercheux. Dans le temps, nous avions un branchement sur le château de Wideumont, qui appartient à la commune de Libramont. Nous échangions de l’eau en fonction des besoins. La SWDE va d’ailleurs rétablir la connexion. - Vous aviez des stations de traitement ? - A chaque station de pompage nous avons des filtres, principalement sur le captage de Bercheux où l’eau est ferrugineuse. Nous avions aussi des systèmes automatiques pour injecter du chlore. A Bercheux l’eau passe aussi sur du charbon de bois et lit de calcaire. C’était notre station la plus moderne. Elle est automatisée, équipée d’un système d’alarme par ligne téléphonique qui arrive ici à la commune. La SWDE va équiper tous les points de ce genre de système. Nous, nous avions notre fontainier qui faisait le tour le lundi matin, voire deux fois par semaine. A Vaux-sur-Sûre l’eau est importante pour les gens, mais aussi pour le bétail ? Dans la commune, il y a ce qu’on va appeler la consommation humaine, nous avons 4472 habitants, mais nous avons l’élevage qui demande de grandes quantités d’eau. Si on englobe tout, de l’épouse de cantonnier qui a deux vaches à la maison jusqu’au gros éleveur, nous avons plus de deux cents exploitations agricoles. C’est considérable. Nous sommes la seconde commune du Luxembourg après Bastogne. - L’eau captée ici est de bonne qualité ? - Nous avons une eau d’excellente qualité. Nous n’avons pas de problème bactériologique. C’est ce qu’ont révélé les analyses qui étaient pratiquées douze fois par an par le laboratoire du professeur Lambert à Michamps. Les seules difficultés que nous avions étaient à Bercheux où l’eau est ferrugineuse. Dès que l’on travaille sur une conduite l’eau s’oxyde et devient rouge. C’est aussi une eau qui charge terriblement les canalisations. - Vaux-sur-Sûre a été pionnière en matière de raccordement d’eau aux maisons ? - Le réseau date de 1947-1950, ou début des années ’50. C’est vrai que les anciennes communes qui forment aujourd’hui Vaux-sur-Sûre ont été de véritables pionnières en matière de distribution d’eau et notamment l’ancienne commune de Juseret : Bercheux, Juseret et Lescheret. Elle fonctionne toujours avec l’installation initiale, comme à Nives. À Sibret par contre, nous avons fait beaucoup de travaux et au bout du compte l’installation a pratiquement été toute refaite. - Qu’est-ce qui va bouger dans les prochaines années pour les consommateurs ? - L’ensemble du parc de compteurs sera renouvelé en 2004 pour entrer dans les normes. Quelque 1986 compteurs seront remplacés, en commençant par les plus anciens… ou ceux qui sont calés, ou non conformes (encore à aiguilles). L’opération de remplacement des raccordements en plomb encore présents (estimés à 60) débutera en 2005. Là où la pression est trop faible, la SWDE va soit installer des surpresseurs, soit remplacer les conduites à section trop faible. Propos recueillis par Béatrice Herry |
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