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10 avril 2003 - n°201
Un projet exemplaire !
Musicien dans l’âme, réputé pour la qualité de ses prestations lors des soirées dansantes, Michaël Fourny avait d’abord imaginé mener un projet centré sur la musique. Pour diverses raisons, il a revu sa copie, abandonnant la musique pour le bricolage... enfin disons plutôt le travail de menuisier ! Pourtant, notre homme est loin d’être un bricoleur averti. Le marteau, la scie... ce n’est pas son truc. Malgré cette faiblesse, il décide de se lancer dans la construction d’une aire de jeux pour l’école primaire de Longlier, implantée à deux pas du Centre de jour. Mais son projet ne consiste pas seulement à façonner le bois pour construire les engins. Deux objectifs orientent sa démarche : l’intégration sociale et la valorisation du travail des personnes handicapées. Pour passer à la pratique, il va impliquer les enfants des classes de 5e et 6e primaires. «Au départ, il a fallu établir une relation de confiance entre les enfants et les personnes déficientes du Centre, explique Michaël. Si les premiers contacts ont été méfiants, les enfants ont vite brisé les obstacles et la complicité s’est installée petit à petit. Ensemble, ils ont choisi les jeux qu’ils aimeraient construire pour la future plaine. Après quoi, ils ont dû mesurer le terrain, choisir les emplacements des engins et définir leur décoration.» Sous l’oeil des éducateurs et des
instituteurs, Michaël lance les travaux de construction. Tous les jours,
durant plusieurs semaines, les pensionnaires du centre et les enfants de l’école
participent, en petits groupes, à des ateliers durant lesquels les travaux
sont menés tambour battant. C’est que le temps presse. Michaël
ne dispose que de six semaines pour mener son projet à terme. Toutefois, l’aide des éducateurs et des institutrices n’a pas suffi. Michaël restait encore confronté à des problèmes pratiques liés à la construction des engins en bois. «Afin de pouvoir installer les jeux, il fallait encore creuser des trous pour enfoncer les pieux, puis les sceller dans le béton. Ce sont les ouvriers communaux qui sont venus à notre secours. Leur aide a été précieuse et l’expérience du chef des travaux nous a permis de monter la plaine de jeux en respectant les normes de sécurité.» Au total, c’est quatre engins qui ont pris place sur l’aire de jeux : une balançoire, une poutre à bascule, un tarzan (échelle suspendue) et un carré équipé d’un mur d’escalade, d’anneaux et d’une corde à nœuds. Au retour de ses congés de Pâques, Michaël projette de rassembler tous les acteurs de ce projet pour inaugurer la nouvelle plaine de jeux. Ce sera l’occasion pour tous de se retrouver une dernière fois et d’apprécier le bout de chemin accompli ensemble. Déjà, Michaël Fourny tire un bilan positif de cette belle expérience. Il a le sentiment d’avoir concrétisé ses objectifs, d’avoir accompli un pas dans l’intégration des handicapés au sein de leur environnement de vie, d’avoir participé à changer le regard et le jugement que l’on porte traditionnellement sur eux. Michaël en est convaincu, l’intégration des handicapés, leur droit à une vie sociale passent d’abord par le fait de changer l’image et l’idée qu’on se fait d’eux. «Trop souvent négative parce que l’on croit qu’ils ne savent rien faire», répète Michaël. Ce préjugé, Michaël Fourny, a décidé de le combattre à sa mesure, certes, mais visiblement avec une certaine efficacité ! Ol. Weyrich |
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