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10 avril 2003 - n°201
Le problème du recyclage Le recyclage, la collecte sélective des déchets, la fréquentation du parc à conteneurs... autant d’habitudes nouvelles et contraignantes. En mettant en place le tri et le recyclage des emballages ménagers, «jeter à la poubelle» est devenu une action compliquée qui exige réflexion et organisation. Pour la plupart d’entre nous, c’est difficile. Il faut abandonner les vieilles pratiques, mettre en place un système de tri à domicile, s’encombrer de poubelles diverses et prendre le temps d’aller au parc à conteneurs.
Malgré une bonne organisation, trier les déchets ménagers reste complexe tant la variété des emballages est vaste. Les emballages plastiques sont sans doute les plus compliqués à trier : sachets ou bouteilles, la diversité est impressionnante. C’est d’ailleurs en triant que l’on se rend compte du gaspillage des matériaux d’emballage. La même observation peut être faite à propos des papiers et des cartons. Pour bien trier les déchets, il faut une bonne organisation et une adhésion totale du ménage, ce qui n’est pas simple à mettre en pratique. D’abord parce qu’il est nécessaire de mettre au point une organisation de tri à domicile, sans quoi celui-ci est fastidieux, décourageant, voire repoussant. Chaque membre du ménage doit donc jouer le jeu. Et s’il y a des récalcitrants, le tri ne fonctionne pas et les choses se compliquent. Dans les communes où la collecte sélective des matières organiques est opérationnelle, on conseille aux habitants d’effectuer un premier tri dans la cuisine. Mais pour cela, chaque membre du ménage doit bien avoir appréhender le principe du triage, ce qui implique par exemple de distinguer ce qui est compostable ou non. Il ne suffit donc plus d’appuyer sur la pédale qui soulève le couvercle de la poubelle, mais il faut d’abord réfléchir pour savoir dans quelle poubelle on va jeter le déchet. Tous ceux qui pratiquent un premier tri dans leur cuisine ont pu constater combien il est difficile de changer l’habitude de «jeter», et d’imposer à tous les membres du ménage de pratiquer le tri des déchets. Le transport de ces déchets n’est pas non plus aisé. C’est même un facteur qui freine la fréquentation du parc à conteneurs. Pas de problème pour ceux qui disposent d’un véhicule break, d’une remorque ou d’un véhicule utilitaire. Si ceux-ci sont bien équipés en bacs ou en volumes pratiques, l’opération est plus ou moins facile. Par contre, pour les autres, et particulièrement ceux qui ne disposent pas de véhicule, le transport est plus compliqué, voire fastidieux. Quel pourcentage représente cette partie de la population confrontée à ce problème de transport et qui doit quand même éliminer ces déchets ? Combien refusent le recyclage ? Quant à la fréquentation des parcs à conteneurs, La Gazette du recyclage faisait état d’un degré élevé de satisfaction. Cinq mille personnes ont participé à l’enquête menée en juin dernier sur l’ensemble des cinquante parcs à conteneurs gérés par Idelux. 97,45% des sondés se disent satisfaits des horaires d’ouverture, 98,20% de l’accueil sur place, 98,20% de la propreté, 95,36% de la sécurité, 96,60% des consignes de tri des différents déchets, 94,30% de l’emplacement des conteneurs. Des chiffres extrêment positifs. Mais est-ce la réalité ? La publication ne dit pas sur quels points vous êtes insatisfaits et quelles améliorations vous souhaitez. Sur ces questions, nous essayons encore d’obtenir des réponses. On ignore aussi le taux de ménages qui «utilisent» les parcs par rapport au nombre total de ménages dans une commune. On sait toutefois que la fréquentation est continuellement en croissance. Au vu du nombre de dépôts sauvages recensés et des feux allumés au fond des jardins, on peut s’interroger sur la part que représentent les gens qui refusent le système de tri des déchets. La publication d’Idelux rappelle qu’il n’est pas possible de vous empêcher de brûler vos déchets végétaux, il faut pourtant que vous respectiez la loi (allumer votre feu à plus de cent mètres de toute habitation, par exemple, est une obligation).Par contre, pour ce qui est des déchets ménagers, leur incinération est totalement interdite et extrêmement néfaste, tant pour l’environnement que pour la santé. Enfin, regrettons qu’au sujet des feux, la répression soit pratiquement nulle. Souvent, il faut qu’un voisin soit excédé pour qu’il y ait une intervention des autorités. C’est dommage. La problématique des déchets concerne tout le monde et il n’y a pas de raison qui justifie que certains jouent le jeu du tri et d’autres pas. D’autant plus que celui qui trie ses déchets sera amené à payer et que celui qui les élimine illégalement ne payera pas puisque le poids de ses déchets sera nul ou presque. Le compostage peut offrir partiellement une solution pour les déchets de type végétal. Mais cette solution n’est pas facile à mettre en œuvre pour tout le monde. Réduire la quantité de ses déchets s’impose donc, mais c’est un fameux défi pour chacun d’entre nous. C’est l’acte d’achat qui conditionne la complexité du triage. Au moment d’acheter, vous devez donc opérer des choix : préférer les produits peu emballés ou conditionnés dans des emballages réutilisables, privilégier les produits en vrac, choisir des produits concentrés ou rechargeables. Enfin, il est conseillé d’utiliser des box pliables pour transporter vos achats ; ainsi vous éliminez les sachets plastiques dont la durée d’utilisation est très courte. Ces quelques lignes résument les rares possibilités d’agir sur l’élimination des emballages. À vrai dire, ce sont eux qui sont à l’origine de la surproduction de déchets. Souvent présentés comme un mal nécessaire, les emballages sont d’abord utiles, hygiéniques et pratiques. Mais aujourd’hui, après qu’ils ont envahi les magasins, on découvre qu’ils sont coûteux, encombrants et leur impact sur l’environnement est désastreux. En conclusion, le tri des déchets s’impose à tous. Pour le rendre moins fastidieux et moins coûteux, il faut résister à la séduction des emballages et encourager tous les moyens qui permettent de les réduire. Parallèlement à l’action individuelle, nos collectivités doivent encourager le recyclage, la réduction des déchets et réprimer efficacement ceux qui dispersent, sans vergogne, leurs déchets dans la nature. Ol.Weyrich |
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