10 & 17 décembre 1999 - n°135-136

Artisanat

Les artisans du bon goût

Ils se défoncent pour vous ! Pâtissiers, chocolatiers, confituriers, charcutiers, éleveurs... Ils sont tous à la besogne. Les échéances approchent. Les réveillons de Noël et de la Saint-Sylvestre sont à moins d’un mois. Et il faut gérer l’excitation créée par le changement de millénaire. Bref, on travaille dur et on donne le meilleur de soi pour réussir le fameux réveillon. En exclusivité, nous vous proposons une petite visite chez un échantillon des artisans du bon goût de notre région.

Le foie gras est le produit des fêtes de fin d’années par excellence, même s’il se déguste tout au long de l’année. De la Saint-Nicolas à la fin décembre, c’est la période de grosse production. A Lahé-rie chez Devos, il y a beaucoup de travail. Puisque tout est produit et transformé à la ferme, on n’a pas le temps de chômer ! Durant un mois, la cadence est soutenue. A l’atelier règne comme une ambiance de vendanges : travail et bonne humeur. Les clients défilent en nombre. "Pour les fêtes, nous vendons beaucoup plus aux particuliers qu’aux restaurateurs, alors nous avons beaucoup de visites", nous dit Philippe. "Les produits sont les mêmes que ceux vendus durant l’année, mais pour les accompagner, on propose du saumon fumé maison et du champagne. Nous confectionnons aussi des paniers garnis".

Chez Philippe Devos, la production est limitée. C’est une question de qualité et "quand y en a plus, y en a plus !" s’exclame Philippe. "Généralement, nous travaillons jusqu’au 31 décembre et traditionnellement on fait LA fête. C’est bien mérité !"

Tél. (061) 27 86 94

On s’affaire à la biscuiterie de Les Fossés ! A cette période de l’année, il y a beaucoup de travail. Les journées sont longues et les nuits sont courtes. Thierry et Fabienne Dion attendent et appréhendent ce formidable moment de l’année. "C’est maintenant que l’on doit donner le meilleur, s’exclame Thierry. Nous ne fabriquons pas de biscuits spéciaux pour les fêtes, mais on soigne particulièrement l’emballage. Nous proposons entre autres des belles boîtes de collections anglaises."

Le plaisir d’une visite à la biscuiterie, c’est la découverte de l’atelier de fabrication, les montagnes de choux et de madeleines, le parfum du chocolat encore chaud...

"Malgré le volume de travail, on aime bien accueillir nos clients dans l’atelier", avoue Thierry. "On ne s’enferme pas, on voit du monde, on cause en travaillant. Le plus dur, c’est le rythme de production à maintenir. L’année dernière les biscuits avaient à peine le temps de refroidir qu’il fallait les emballer."

Jusqu’à fin janvier, Thierry et Fabienne doivent répondre à la demande de la clientèle. Ils ferment leur magasin seulement le jour de Noël et du Nouvel An. Les réveillons, ils les passent à se reposer en famille. La récompense est au bout de l’effort !

Tél. (063) 43 36 54

A la Ferme de Montplainchamps, c’est l’effervescence. Les fêtes de fin d’année, c’est un gros coup ! "Que ce soit à la ferme ou au magasin à Bras (Bastogne), nous proposons une vaste gamme de produits de bouche provenant des meilleurs artisans de toute la Wallonie. Évidemment tant de produits, c’est beaucoup de préparation. Au fil des années, on acquiert de l’expérience, mais on manque toujours de temps. Les journées sont trop courtes" nous dit Benoît Goebels en souriant.

La famille Goebels commercialise la viande issue de son élevage, prépare des charcuteries traditionnelles et sa salaisons dans leur boucherie. Mais elle propose aussi poulets, dindes, lapins... et une multitude de produits du terroir. C’est la superette du terroir !

Tél. (061) 27 74 54

Jean-Louis Conrard, boucher à Neufchâteau, est anxieux. "Cette année, nous dit-il, on ne sait pas comment les gens vont consommer. Vont-ils maintenir leurs habitudes ou faire des folies ? J’espère que tout le monde ne va pas attendre la dernière minute pour passer commande." En effet, tarder c’est encourager son fournisseur à bâcler son travail pour honorer sa commande. Il faut savoir qu’en boucherie, la grosse période, c’est jusque Noël. Il est donc temps de passer commande.

Généralement pour les fêtes de fin d’année, les bouchers enrichissement largement leurs étalages.

"Cette année, nous allons proposer plusieurs sortes de boudins, les boudins noirs et blancs traditionnels, celui au chou, aux pommes, au poireaux et le fameux boudin truffé. Il y aura aussi du pâté de chevreuil aux noix, du pâté de lièvre au porto, de la dinde farcie au kiwi, au porto-pistache et avec préparation de champignons. Nous mettrons aussi au comptoir du canard farci au melon et à l’orange, ainsi que de la mousse de caille au porto. Evidem-ment, il faut ajouter à toutes ces préparations les plats traiteurs à emporter, la volaille, le veau, l’agneau, le gibier... Bref, il y a du travail !"

Pour mettre l’eau à la bouche, Jean-Louis Conrard organise une petite dégustation des principaux produits proposés pour Noël, ce samedi 11 au matin...

Tél. (061) 27 92 13

Durant les fêtes, les boulangers ont aussi beaucoup de travail : bûches, zakouskis, mignardises, gâteaux de nouvel an, petits salés, couronnes tressées, baguettes artisanales... viennent s’ajouter aux produits traditionnels.

Robert Dries, installé à Longlier, propose tous ces produits de fête du 15 décembre au 15 janvier, selon la demande.

C’est une période durant laquelle il y a beaucoup de travail. Les journées sont longues et fatigantes. "Chez nous, dit Robert, l’ambiance est très familiale. Vu le volume de travail, on a besoin d’un coup de main de tout le monde. Le 31 décembre, on boit un verre ensemble à l’atelier, manière de trinquer à l’an neuf. On ferme le magasin le jour de l’an parce qu’on fait quand même le réveillon !"

Mais cette année est un peu particulière pour le boulanger de Longlier. Un heureux événement doit arriver le 28 décembre... Voilà une fin d’année qui s’annonce chargée. Mais Robert compte sur son équipe...

Tél. (061) 27 99 77

Joachim Laloi est artisan chocolatier installé à Libramont. Nous lui avons rendu visite lorsqu’il était en pleine fabrication de pralines, un dimanche matin. A cette période, il y a énormément de travail et l’on ne peut pas se permettre de flâner si l’on veut honorer les commandes.

"Les fêtes de Saint-Nicolas, Noël et Pâques sont les grosses périodes de travail, le reste de l’année, c’est beaucoup plus calme", regrette Joachim.

En un mois de temps, plus d’une tonne de chocolat sort de l’atelier sous forme de pralines, de motifs divers, de truffes...

Durant les fêtes, beaucoup de creux sont fabriqués : des sabots, des coquillages... certains destinés à être remplis de pralines, de massepin ou de nougat que Joachim fabrique aussi.

Pour la plupart des gens, la fabrication d’une praline reste un mystère. "Certains pensent que l’on remplit les pralines à la seringue" ironise Joachim. "La technique est simple, mais il faut beaucoup d’exercice pour aller vite et maîtriser la fonte du chocolat. Les clients prennent beaucoup de plaisir à m’observer travailler dans l’atelier".

Il faut dire que tant de pralines et ce formidable parfum du chocolat, quel spectacle !

"C’est pas le tout de fabriquer, il faut aussi emballer, dit Joachim, cela demande du temps. Faites l’exercice avec la confection d’un ballotin de pralines, vous verrez !"

Comme pour beaucoup de produits, mais plus encore pour les pralines, l’emballage est important. C’est que l’on mange d’abord avec les yeux !

Tél. (061) 22 24 58

A la Ferme des Sanglochons, la période d’affluence due aux fêtes débute à partir de la deuxième quinzaine de décembre pour se terminer vers le 10 janvier. Notre petite restauration reste ce qu’elle est durant l’année, mais nous proposons nos produits sous forme de corbeilles-cadeaux. "Les gens cherchent des idées originales et nos produits sont une alternative", dit M. Vanderoos. "Nous vendons des produits de bouche liés essentiellement à notre production. Durant cette saison, nous fabriquons aussi trois saucissons : le sanglochon aux formes originales, un saucisson fumé et un saucisson de viande de cerf. Nous proposons aussi des noix de jambon de porc, des bas de jambon fumé et du jambon séché à la méthode de Parme. Enfin, nous avons mis en œuvre des jambons entiers avec os qui auront douze mois au moment des fêtes."

A la production, c’est à partir du 25 novembre qu’il faut augmenter la quantité de produits pour répondre à la demande. Toute la chaîne en amont doit donc prévoir en prévision des fêtes. Quelquefois, longtemps à l’avance.

La Ferme des Sanglo-chons organise son petit marché de Noël. M. et Mme Vanderoos ont sélectionné un ensemble de produits du terroir et proposent à leur clientèle de confectionner elle-même sa corbeille suivant son choix et son budget. Une forme qui remporte un vif succès.

Tél. (061) 22 33 33

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