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10 décembre 1999 - n°135
Une équipe de professeurs sest impliquée dans la superbe réalisation dune exposition à la présentation bien particulière. On y accède par un pont-levis. Des énergies insoupçonnées Lors du vernissage, le directeur Philippe Mahillon releva la démarche spécifique et intéressante pour lécole, celle-ci étant construite sur le site même du château. " Ce projet a mobilisé un certain nombre dénergies insoupçonnées ", dit le directeur. Il remercia ensuite tous les acteurs qui ont mené sa proposition à un tel aboutissement. Être plongé dans une ambiance était lobjectif de départ des réalisateurs : " On voulait mettre laccent sur la présentation. On voulait que les élèves soient plongés dans différentes ambiances. Avec peu de documents (on ne voulait pas surcharger), on a misé tout sur la présentation de ces documents " précise F. Meunier, le professeur coordinateur. Lobjectif est atteint. Le parcours même de lexposition est original et fait penser à de célèbres expos au Cinquantenaire, à Bruxelles. Tout a lieu dans un espace réduit, dans une partie de la bibliothèque. Musiques, éclairages, couleurs, tout est pensé, soigné. Un parcours inédit Le pont-levis plonge demblée dans lambiance de la partie " défense " de lexposition. Là sont exposés des maquettes, des plans du château qui se développe au cours des siècles. Diverses poteries très intéressantes, une photo dun fer de lance retrouvé dernièrement à proximité de la nouvelle maquette du château sont exposées dans une vitrine. Lambiance de la partie " justice " est suggérée par des dias reprenant des caricatures dHonoré Daumier. Le point dorgue, est la cellule de la prison. La partie " religion " reprend lévocation de léglise néo-classique et la partie " école " retrace lhistoire de lécole St-Michel, fondée en 1909, jusquà aujourdhui. On apprécie la ligne du temps, les photos. Labbé Mouzon, le précieux archiviste de lInstitut, a eu le privilège de visiter lexposition en avant-première. Il relate : " Je suis entré pour une visite de lexposition juste avant le dîner, il était 11h30. Lorsque jai regardé ma montre, il était 12h45 Jai vécu plus dune heure trente en dehors du temps ". Cette exposition, préparée dans un premier temps pour les élèves, est également ouverte au public du lundi au vendredi, de 8h à 12h30 et les samedis 11 et 18 décembre de 10h à 17h. Renseignements: 061/27.71.64 (école) ou 061/27.96.09 (F. Meunier). S. Jacques
- Parlez-nous un peu comme dans la province de Luxembourg - " La colonne des réfugiés et de leurs chevaux fait halte pour midi. Une fille de mon âge, Française bon teint, maccoste : " Parle un peu belge! " Tiens ? Je ny avais pas pensé : langue et nation peuvent ne pas coïncider. De même, aujourdhui, si vous me demandiez : " Parlez un peu comme dans la province de Luxembourg, je serais aussi embarrassé quil y a 59 ans. " - Pour la province, M. labbé Mouzon, quelle carte linguistique ? - " Dans notre province, on parle deux dialectes différents : le wallon et le gaumais, ou lorrain. On peut envisager trois régions : le wallon liégeois dans le nord, le wallon-lorrain dans le gros ventre de la province et le gaumais, dans le sud du Luxembourg. " - Dans le nord de la province, le wallon liégeois est-il bien vivant ? - " Nous pensons que cest chez nos amis nordistes que le wallon sest le moins francisé. Cest chez eux que le wallon est resté exemplairement la langue du quotidien, riche dun vocabulaire irréprochable. Chez eux, le théâtre wallon est particulièrement vécu avec ferveur. Mais la production littéraire a toujours été faible, réduite à quelques auteurs. Pourquoi se mesurer avec des auteurs de talent de Liège, alors quil suffit, pour le théâtre, de choisir dans le répertoire liégeois?" Dans le gros ventre de la province, comme vous le dites si bien, un des fleurons de la vitalité du wallon, cest le wallon à lécole, et vous en êtes le créateur dans la province de Luxembourg. Vous avez publié une chronique " causans wallon ", des recueils de textes en wallon de la région de Neufchâteau - " Oui, le " wallon à lécole " luxembourgeois naquit en 1973, à lInstitut St-Michel de Neufchâteau, dans le cadre des activités libres quautorisait lenseignement rénové. Une commission provinciale est fondée en 1977. Le théâtre gaumais a connu des heures de gloire, surtout avec " Le Rideau gaumais " de Saint-Léger Voici quactuellement, il ny a plus en Gaume aucune troupe qui défende le dialecte sur les planches. Des bruits nous sont parvenus comme quoi des projets de renaissance seraient en cours. En préparation : le " Dictionnaire de lAcadémie du patois ", travail de longue haleine, sous la responsabilité de Roger Moreaux. Le père de ce dernier était un chansonnier remarquable. " Depuis 1940, lusage du wallon na cessé de régresser, quelles sont, selon vous, les causes de cette évolution ? " Citons les coups de boutoir de lécole qui stigmatise lusage du dialecte, lévolution des techniques et de leur vocabulaire, la plus grande mobilité de la population, la prolongation du temps des études, la modification de la cellule familiale. La famille a longtemps été le milieu privilégié de lexpression dialectale Elle marque aussi le recul de lusage du wallon. " Peut-on espérer sauver le wallon, aujourdhui ? " Il faut distinguer le wallon parlé dans la vie quotidienne, en famille, au marché, dans les champs, terrains de foot, usines On ne voit pas bien comment on le sauverait, vu son état. Par contre, un wallon littéraire est en train de se développer (théâtres, écoles, auteurs ). Et comme le faisait remarquer Michel Francart : " Le wallon séteindra avec le dernier locuteur qui oserait se targuer de parler wallon. Notre avis est que ce nest pas demain la veille ". Propos recueillis par Sophie Jacques
Cest en 1898 que les services des Postes sinstallent place Charles Bergh, le 16 août exactement. La Régie des Postes en deviendra propriétaire le 19 juin 1951 seulement. Avant 1898, on suppose que le bureau était installé au n° 83 de la grand-rue (actullement n° 84 de place de la Foire) où habitait le percepteur. A lorigine, le bureau de poste abritait aussi les services télégraphiques (ouvert à Neufchâteau vers 1858). Jusque dans les années 1925-30, le bâtiment était surmonté dun pylône en forme de ratelier destiné au télégraphe. Les cartes postales illustrées du début du siècle en témoignent encore. Ce nest quen 1931 que ce service fut séparé de la poste. Fondamentalement, le bureau na pas changé. Les clients entrent toujours par la porte dangle, mais ils accèdent à un espace daccueil plus vaste qui compte trois guichets spacieux et confortables. Un des trois est aménagé pour les opérations confidentielles. Plus loin, un autre local a été aménagé pour recevoir les clients dont les opérations sont plus longues.
Un bureau est à la disposition de la perceptrice, Madame Henrion et un second pour le chef facteur (nouvelle fonction instaurée par La Poste) chargé de lorganisation des services. Un vaste garage et un quai dembarquement et de débarquement ont été aussi réalisés grâce à lextension du bâtiment sur lancien jardin. Pour permettre le déménagement, le bureau de poste est fermé ce vendredi 17 décembre. Si les opérations financières sont suspendues, elles reprendront dès lundi matin dans les nouveaux bureaux. Pour fêter louverture, un jeu concours est organisé du 20 au 24 décembre aux guichets. Les clients seront invités à répondre à quelques questions et pourront gagner un... GSM ou mille francs en billets de loterie. Une journée dinauguration est programmée dans le courant du second trimestre 2000. Le public aura la possibilité de déambuler dans tout le bâtiment et pourra ainsi le découvrir. Mais avant, tout lensemble de la façade extérieure du bâtiment doit encore faire lobjet dun rafraîchissement. Bref, le bureau tout neuf est déjà accessible, mais ce nest pas fini !
les employés : Les heures douverture nont pas changé : tous les jours de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30, sauf le lundi, ouverture prolongée jusquà 18 h 30.
Pour Serge et ses collègues, la rénovation du bureau nétait pas un luxe. Cétait une véritable nécessité. Dans lesprit des gens, le facteur effectue un travail individuel. Or en réalité une tournée pour la distribution du courrier ne représente que quatre à cinq heures de travail sur une journée de 7 h 36 min. Lorsque vous rencontrez le facteur, en général, il a déjà presque la moitié de la journée derrière lui et vient de la passer un long moment avec lensemble de ses collègues. A Neufchâteau, les premiers facteurs arrivent au bureau à quatre heures du matin. Il sont généralement trois pour décharger le camion qui apporte la dépêche (ensemble du courrier). Ils semploient alors à louverture du courrier, séparent le petit courrier et les grands formats, regroupent les colis, préparent les quotidiens et entassent les non-adressés. Une bonne heure plus tard, cest larrivée de lensemble du staff. Débute alors un long travail collectif : le tri. Une fois le courrier trié, chaque facteur lève son casier et prend possession du courrier à distribuer durant sa tournée. Le facteur procède alors à la coupe de son courrier, le sépare en tas suivant les rues et les quartiers. Enfin, il fait son "piquage", cest-à-dire quil classe les documents suivant lordre des maisons quil va rencontrer au fur et à mesure de sa tournée. Une fois prêt, le facteur embarque le courrier enregistré (recommandé) et les fonds, charge son véhicule ou son sac et entame enfin sa tournée. "Une tournée bien préparée, nous dit Serge, est une tournée facile. Evidem-ment, quand il pleut beaucoup comme pour le moment, les tournées ne sont pas très agréables et ce nest pas facile déviter les journaux mouillés !" Dans sa tournée, le facteur relève aussi les boîtes aux lettres postales. Le courrier sera déposé au bureau lors du retour. Quinze minutes suffisent au facteur pour clôturer ses opérations et remettre ses comptes. La journée dun facteur sachève vers 13 heures. Légende photos : En haut, les nouveaux guichets très spacieux. En bas, la nouvelle aile construite sur lancien jardin. |
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