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11 février 2000 - n°138
Charles Bossicart : - Notre commune doit sa véritable naissance au chemin de fer. Libramont est issu de la commune de Saint-Pierre. Après deux ans de discussions, Libramont a obtenu son indépendance, mais la jeune commune ne disposait que de 800 hectares, cétait un mouchoir de poche ! Et tout sest inversé après la fusion des communes. Libramont est devenu le centre dun territoire de 18.000 hectares, ce qui nous situe au cinquième rang en superficie communale pour le royaume. - Votre histoire politique est liée de près à celle du développement de votre commune. Depuis 58, les "petits nouveaux" ont fait du chemin ! - Nous étions quelques jeunes dun peu plus de vingt-cinq ans qui voulions faire quelque chose pour notre commune que nous jugions trop calme. Alors, nous nous sommes présentés aux élections communales. Notre score nous a permis de prendre des responsabilités mais il a fallu constituer une alliance pour obtenir une majorité plus large. Notre objectif à toujours été de faire progresser notre cité et de rendre service. Nous avons mené une politique dinformation et je pense que cest parce que lon na pas trop mal travaillé que les électeurs nous ont accordé leur confiance. - Jai lu que vous estimez que la politique communale na rien à voir avec les partis. Vous navez jamais utilisé de sigle politique. - Cest exact, depuis 1958, jamais nous navons utilisé de sigle politique. La politique communale na rien à voir avec les partis. Il sagit avant tout de gérer et dessayer de faire quelque chose. - Vous dites avoir mené une politique de main tendue aux ruraux, quest-ce que cela veut dire ? - Aux élections de 1975, nous avons affronté une liste rurale. Nous avions toujours un accord de majorité avec le PS. Mais on sest rendu compte que nous courions à la catastrophe si nous nétions pas attentifs à lhomogénéité de la cité. Avec des tensions et des rivalités qui allaient durer trois générations... A limage de ce qui allait se passer dans dautres anciennes communes où des sections étaient dressées les unes contre les autres ! Alors, majoritaires avec le PS, nous avons offert un siège déchevin à la liste rurale. La réussite fut totale. Tout le monde a été fier dêtre devenu citoyen de Libramont-Chevigny ! Sans doute moins dans les villages, mais il fallait favoriser lintégration. - Comment êtes-vous parvenu a concilier une politique rurale avec un développement urbain du centre ? - Concilier... il y a plutôt une différence entre le tissu urbain et le tissu rural, mais cest normal. Le commerce sest fort développé après la fusion des communes, mais cest un mouvement qui a commencé avant. Notre objectif de départ était axé sur léconomie, nous avons joué un rôle moteur, nous avons en quelque sorte stimulé le mouvement. Mais nous avons été aussi attentifs au monde rural. On réalise des projets. Nous équipons les villages de salles de réunion, de terrains de sports... - Comment expliquer ce phénomène que toutes les entreprises et administrations veulent sinstaller chez vous ? - Quand on devient un centre important, tout se concentre. Les entreprises et les administrations sattirent mutuellement. Nous disposons aussi dune situation géographique intéressante et notre commune est traversée par des axes de communications importants. - Ca ne doit pas être facile de gérer une ville champignon ! - Je ne pense pas que nous sommes une ville champignon... Toutefois, la profusion de commerces est impressionnante. Nous avons eu la chance de démarrer avec LOréal et les grandes surfaces ont emboîté le pas. Puis il y a eu lagrandissement de lhôpital, les administrations sont arrivées, puis lautoroute... Il faut admettre tout nest pas très joli, mais dans un premier temps les commerces sont là et cest le plus important. Si ils nétaient pas là, ils seraient chez le voisin ! - Le champ de foire et Libramont, cest toute une histoire. Nest-ce pas votre plus belle carte de visite ? - En effet, cest déjà une vieille histoire. Nous avons un beau champ de foire et une renommée envieuse. - Et au sujet des festivités... - Vous savez, il faut être modeste. Libramont na que cent ans. Dautres villes ont un passé bien plus riche que nous et ont fêté des anniversaires bien plus importants que le nôtre. Même nos villages ont une plus vieille histoire. Mais cent ans, cest symbolique et nous souhaitions marquer le coup ! Nous avions établi un programme, mais il sajoute encore des propositions. Le chemin de fer souhaite sassocier à lévénement, il est vrai que nous sommes nés du chemin de fer ! Propos recueillis par Ol. Weyrich |
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