11 février 2000  - n°138


Libramont, enfant du rail

L’info : - Cent ans en l’an 2000, une bonne centaine d’habitants au début du XIXe sicèle, aujourd’hui, votre commune en compte plus de neuf mille et un bourgmestre installé depuis presque quarante-deux ans... quelle commune !

Charles Bossicart : - Notre commune doit sa véritable naissance au chemin de fer. Libramont est issu de la commune de Saint-Pierre. Après deux ans de discussions, Libramont a obtenu son indépendance, mais la jeune commune ne disposait que de 800 hectares, c’était un mouchoir de poche !

Et tout s’est inversé après la fusion des communes. Libramont est devenu le centre d’un territoire de 18.000 hectares, ce qui nous situe au cinquième rang en superficie communale pour le royaume.

- Votre histoire politique est liée de près à celle du développement de votre commune. Depuis ‘58, les "petits nouveaux" ont fait du chemin !

- Nous étions quelques jeunes d’un peu plus de vingt-cinq ans qui voulions faire quelque chose pour notre commune que nous jugions trop calme. Alors, nous nous sommes présentés aux élections communales. Notre score nous a permis de prendre des responsabilités mais il a fallu constituer une alliance pour obtenir une majorité plus large. Notre objectif à toujours été de faire progresser notre cité et de rendre service. Nous avons mené une politique d’information et je pense que c’est parce que l’on n’a pas trop mal travaillé que les électeurs nous ont accordé leur confiance.

- J’ai lu que vous estimez que la politique communale n’a rien à voir avec les partis. Vous n’avez jamais utilisé de sigle politique.

- C’est exact, depuis 1958, jamais nous n’avons utilisé de sigle politique. La politique communale n’a rien à voir avec les partis. Il s’agit avant tout de gérer et d’essayer de faire quelque chose.

- Vous dites avoir mené une politique de main tendue aux ruraux, qu’est-ce que cela veut dire ?

- Aux élections de 1975, nous avons affronté une liste rurale. Nous avions toujours un accord de majorité avec le PS. Mais on s’est rendu compte que nous courions à la catastrophe si nous n’étions pas attentifs à l’homogénéité de la cité. Avec des tensions et des rivalités qui allaient durer trois générations... A l’image de ce qui allait se passer dans d’autres anciennes communes où des sections étaient dressées les unes contre les autres ! Alors, majoritaires avec le PS, nous avons offert un siège d’échevin à la liste rurale. La réussite fut totale. Tout le monde a été fier d’être devenu citoyen de Libramont-Chevigny ! Sans doute moins dans les villages, mais il fallait favoriser l’intégration.

- Comment êtes-vous parvenu a concilier une politique rurale avec un développement urbain du centre ?

- Concilier... il y a plutôt une différence entre le tissu urbain et le tissu rural, mais c’est normal. Le commerce s’est fort développé après la fusion des communes, mais c’est un mouvement qui a commencé avant. Notre objectif de départ était axé sur l’économie, nous avons joué un rôle moteur, nous avons en quelque sorte stimulé le mouvement.

Mais nous avons été aussi attentifs au monde rural. On réalise des projets. Nous équipons les villages de salles de réunion, de terrains de sports...

- Comment expliquer ce phénomène que toutes les entreprises et administrations veulent s’installer chez vous ?

- Quand on devient un centre important, tout se concentre. Les entreprises et les administrations s’attirent mutuellement. Nous disposons aussi d’une situation géographique intéressante et notre commune est traversée par des axes de communications importants.

- Ca ne doit pas être facile de gérer une ville champignon !

- Je ne pense pas que nous sommes une ville champignon... Toutefois, la profusion de commerces est impressionnante. Nous avons eu la chance de démarrer avec L’Oréal et les grandes surfaces ont emboîté le pas. Puis il y a eu l’agrandissement de l’hôpital, les administrations sont arrivées, puis l’autoroute...

Il faut admettre tout n’est pas très joli, mais dans un premier temps les commerces sont là et c’est le plus important. Si ils n’étaient pas là, ils seraient chez le voisin !

- Le champ de foire et Libramont, c’est toute une histoire. N’est-ce pas votre plus belle carte de visite ?

- En effet, c’est déjà une vieille histoire. Nous avons un beau champ de foire et une renommée envieuse.

- Et au sujet des festivités...

- Vous savez, il faut être modeste. Libramont n’a que cent ans. D’autres villes ont un passé bien plus riche que nous et ont fêté des anniversaires bien plus importants que le nôtre. Même nos villages ont une plus vieille histoire. Mais cent ans, c’est symbolique et nous souhaitions marquer le coup !

Nous avions établi un programme, mais il s’ajoute encore des propositions. Le chemin de fer souhaite s’associer à l’événement, il est vrai que nous sommes nés du chemin de fer !

Propos recueillis par Ol. Weyrich

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