11 mai 2001 - n°160

Nature

Attirer les insectes pollinisateurs


Les insectes pollinisateurs trouvent de moins en moins d’endroits pour se réfugier et se reproduire. L’homme a modifié considérablement son environnement au cours des dernières décennies. Par de simples aménagements, nous pouvons les aider à maintenir ou augmenter leur population.

L’utilité des bourdons

Nichoir pour abeilles sauvagesCeux-ci visitent plus de fleurs à la minute que tous les autres pollinisateurs, ils peuvent butiner par temps froid ou sous la pluie, alors que les abeilles domestiques restent à l’abri. Ceci est particulièrement intéressant pour l’Ardenne qui subit en période de floraison (avril-mai), un temps souvent froid et humide. Dans les villages où il n’y a plus d’apiculteurs, leur présence est encore plus utile (idem pour les abeilles sauvages). La majorité de ces gros insectes bâtissent un nid dans lequel peuvent vivre des dizaines d’ouvrières et une reine. Pour cela elles choisissent un ancien terrier de campagnol ou d’autre rongeur, sous un tas de pierres, un vieil arbre avec cavité, ou parfois dans un nichoir à mésanges. Dans le commerce spécialisé, on peut trouver des ruches à bourdons, mais vous pouvez aussi les attirer à l’aide d’un pot de fleur que vous retournez dans le sol (voir plan ci-contre).


Les abeilles solitaires

L’abeille domestique forme des colonies où seule la reine pond des oeufs, tandis que les abeilles sauvages sont solitaires et toutes les femelles pondent. Certaines espèces s’installent dans des cavités, dans ce cas nous pouvons les aider. Profitez de l’hiver pour préparer vos nichoirs à abeilles solitaires. Préférez des blocs de bois en hêtre ou en chêne (non traité) de plus ou moins 30 cm de long, 10 cm de large et 15 cm de hauteur. Toutes ces mesures peuvent être adaptées. Avec des mèches à bois, forez des trous de diamètres différents (de 3 à 10mm de largeur et de 5 à 10cm de profondeur). Un espace de 2cm entre chaque cavité est conseillé. Recouvrez votre bloc de bois d’une ardoise de schiste du pays, le tout s’intègrera bien dans le jardin. Ensuite accrochez vos nichoirs début avril sur un mur ou un piquet orienté vers le sud ou sud-est, à une hauteur de un à deux mètres pour faciliter l’observation. Si l’environnement dans lequel vous placez vos nichoirs est favorable, vous aurez la chance d’observer durant les journées ensoleillées de mai, l’activité incessante des abeilles solitaires apportant du pollen et du nectar avant d’y pondre un oeuf et de tisser un voile pour fermer la cellule. D’autres espèces d’abeilles sauvages préfèrent forcer elles-mêmes leurs propres galeries; pour ce faire, placez un tuyau rempli de tiges d’arbustes à moelle (framboisier, sureau, groseillier...). Ce cylindre fera de 8 à 10cm de diamètre et 20 à 30cm de long, accrochez celui-ci à un arbre ou un piquet.
Chez moi, un bloc de chêne placé en 95 (voir photo), a été occupé à 80%. En 96, cinq nouveaux nichoirs ont été placés à différents endroits du terrain et au total, plus de 300 cavités ont été adoptées.

Les syrphes

Ces espèces qui ressemblent aux abeilles ou aux bourdons, assurent comme ceux-ci un rôle important dans la pollinisation des fleurs; de plus, une larve de syrphe consomme plus de deux cents pucerons durant sa vie, ce qui en fait de précieux auxiliaires des jardiniers et des agriculteurs..
Les guêpes ne sont pas des pollinisatrices idéales, par contre ce sont de grandes dévoreuses de mouches, pucerons, chenilles, moustiques etc.

André Poncin

N.B.: Si vous désirez plus d’informations sur les jardins riches en flore et en faune, vous pouvez commander une revue gratuite publiée par la Région wallonne intitulée “Votre jardin au naturel”.
Adresse de référence : Ministère de la Région wallonne, av. Prince de Liège 15 à 5100 Jambes - Tél. (081) 32 12 11

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