11 juin 1999 - n°128

Divers

"La qualité et le goût, rien de tel !"

La crise du poulet contaminé à la dioxine doit faire réfléchir tout le monde, éleveurs mais aussi consommateurs. Tout le monde doit se comporter autrement, être plus intelligent. La qualité a un prix, elle se mérite. Faut-il le rappeler.

"J’ai choisi l’élevage de la volaille en liberté, aujourd’hui l’actualité me donne raison. C’est une statisfaction."

Frederic GoebelsEn décembre dernier, nous vous avions présenté Frédéric Goebels, éleveur de volailles à Menugoutte (Martilly-Herbeumont). Les poules et poulets courent dans la prairie qui s’étend derrière sa maison. Les poulaillers resemblent plus à des abris qu’à des usines. Il a préféré la qualité au détriment du volume : "mes bêtes ont du goût" dit-il fièrement. Frédéric Goebels est serein à l’égard des problèmes qui secouent la production de volaille belge : "Il n’y a rien à craindre avec le poulet fermier. Les graisses animales ne rentrent pas dans la composition des aliments que nous fournissons à nos animaux. Nos farines sont labellisées et sont composées de céréales. Celles-ci n’ont rien à voir avec les farines animales."

"En quelques jours la clientèle est devenue très méfiante"

Malgré des produits labellisés, à l’entrée comme à la sortie, le consommateur a du mal de faire la distinction entre les produits de qualité différente. "Le consommateur doit chercher à mieux s’informer, confirme le jeune éleveur, il doit exiger des garanties auprès des fournisseurs, il doit vérifier par lui-même, exiger de voir, demander des explications..."

Les consommateurs sont perdus et ils ont peur. Frédéric Goebels avoue bien les comprendre. "Le week-end dernier, nous dit-il, plusieurs d’entre eux ont rapporté, au magasin, les poulets achetés dans la semaine, poulets qu’ils avaient congelés. Ces derniers jours, une dame qui avait acheté de volaille sur le marché, doutant de son origine, l’a tuée puis jetée et est venue chez nous pour refaire son poulailller."

"On risque de payer longtemps la légèreté de certains producteur"

Il faut quand même rassurer le consommateur : "Il y a des firmes, des producteurs et des labels sérieux, le "poulet village" pour ne citer que celui-là. ça c’est correct. Le prix du poulet n’est pas une garantie. C’est de son origine et son cheminement dont il faut être certain. prenons le cas du poulet fermier comme j’en produit, il ne revient pas spécialement plus cher. Mais son poids après cuisson est plus élevé et le goût est incomparable. Le volume de viande par rapport à la carcasse d’os est plus important. Sur la table, ça fait la différence !"

Avec cette crise, Frédéric Goebels sait que la clientèle est perturbée. Il ne verra plus certains clients qui ont perdu confiance dans la volaille en général. Par contre, il a gagné beaucoup de nouveaux clients ces derniers jours parce qu’il maîtrise toute sa chaîne de production, du poussin à l’abattage.

"Cette crise me conforte dans le choix que nous avons fait avec mon épouse : la qualité et le goût, rien de tel !" conclut l’éleveur de Menugoutte.

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