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11 juin 1999 - n°128
Les insectes pollinisateurs Les insectes pollinisateurs trouvent de moins en moins dendroits pour se réfugier et se reproduire. Lhomme a modifié considérablement son environnement au cours des dernières décennies. Par de simples aménagements, nous pouvons les aider à maintenir ou augmenter leur population. Lutilité des bourdons. Ceux-ci visitent plus de fleurs à la minute que tous les autres pollinisateurs, ils peuvent butiner par temps froid ou sous la pluie, alors que les abeilles domestiques restent à labri. Ceci est particulièrement intéressant pour lArdenne qui subit en période de floraison (avril-mai), un temps souvent froid et humide. Dans les villages où il ny a plus dapiculteurs, leur présence est encore plus utile (idem pour les abeilles sauvages). La majorité de ces gros insectes bâtissent un nid dans lequel peuvent vivre des dizaines douvrières et une reine. Pour cela elles choisissent un ancien terrier de campagnol ou dautre rongeur, sous un tas de pierres, un vieil arbre avec cavité, ou parfois dans un nichoir à mésanges. Dans le commerce spécialisé, on peut trouver des ruches à bourdons, mais vous pouvez aussi les attirer à laide dun pot de fleur que vous retournez dans le sol (voir plan ci-contre). Les abeilles solitaires. Labeille domestique forme des colonies où seule la reine pond des oeufs, tandis que les abeilles sauvages sont solitaires et toutes les femelles pondent. Certaines espèces sinstallent dans des cavités, dans ce cas nous pouvons les aider. Profitez de lhiver pour préparer vos nichoirs à abeilles solitaires. Préférez des blocs de bois en hêtre ou en chêne (non traité) de plus ou moins 30 cm de long, 10 cm de large et 15 cm de hauteur. Toutes ces mesures peuvent être adaptées. Avec des mèches à bois, forez des trous de diamètres différents (de 3 à 10mm de largeur et de 5 à 10cm de profondeur). Un espace de 2cm entre chaque cavité est conseillé. Recouvrez votre bloc de bois dune ardoise de schiste du pays, le tout sintègrera bien dans le jardin. Ensuite accrochez vos nichoirs début avril sur un mur ou un piquet orienté vers le sud ou sud-est, à une hauteur de un à deux mètres pour faciliter lobservation. Si lenvironnement dans lequel vous placez vos nichoirs est favorable, vous aurez la chance dobserver durant les journées ensoleillées de mai, lactivité incessante des abeilles solitaires apportant du pollen et du nectar avant dy pondre un oeuf et de tisser un voile pour fermer la cellule. Dautres espèces dabeilles sauvages préfèrent forcer elles-mêmes leur propres galeries; pour ce faire, placez un tuyau rempli de tiges darbutes à moelle (framboisier, sureau, groseiller...). Ce cylindre fera de 8 à 10cm de diamètre et 20 à 30cm de long, accrochez celui-ci à un arbre ou un piquet. Chez moi, un bloc de chêne placé en 95 (voir photo), a été occupé à 80%. En 96, cinq nouveaux nichoirs ont été placés à différents endroits du terrain et au total, plus de 300 cavités ont été adoptées. André Poncin
"La volonté dêtre" Dans le cadre du week-end "Fleurs et plantes" à Neufchâteau, nous avons rencontré Anicet Fraselle après quil fut rentré de sa promenade botanique. Nous lui avons soumis les photographies du fameux "sapin qui pousse dans larbre". Nous vous lavions présenté en mars dernier après que des lecteurs avisés nous ont informés quà proximité de Martilly poussait un épiciéa dans le tronc dune épine.
Anicet Fraselle : - "Manifestement, cest une fourche darbre où doit se trouver un peu de terre. Sans cette terre, larbre naurait jamais germé. Il ne doit pas y avoir beaucoup de terre, ce qui va certainement lempêcher de se développer. En quelque sorte, le sapin va rester nain, comme on le fait artificiellement avec les banzaïs. En aucun cas, il ne sagit dune greffe. Pour cela, il faudrait alors que ce soit un épicéa greffé à un autre sapin. Cest en tout cas une curiosité, un clin doeil de la nature. Cest ce que Georges Becker appelait la "volonté dêtre". |
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