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12 mai 2000 - n°142
Le rêve illuminé
Ils accompagnaient une classe de lInstitut Saint-Joseph de Bastogne à lobservatoire de Offaing lorsquune vague daurores boréales a tranché " leur " ciel. Puis une autre. Et encore une. En tout, six vagues se sont succédé entre 22 h 05 et 02 h 30. Mais le halo turquoise était toujours visible à 4 heures au petit matin. " Sur le moment, la vexation, cest de ne pas pouvoir le partager. Alors, on regarde ", dit Gilles Robert, en évoquant cette nuit-là. Les mots ne sont pas assez forts pour exprimer lintensité des sentiments ressentis par ce jeune astronome de Neufchâteau, passionné par la recherche et à qui les cieux en ont fait voir de toutes les couleurs. " Nous criions notre bonheur au milieu de la nuit, explique-t-il. Cétait exaltant et émouvant! Malheureusement, je navais pas mon appareil photographique sur moi. Et je nai pas osé quitter le ciel des yeux. Javais trop peur de perdre ces moments-là. " " On cherchait un ciel de qualité " Ce 6 avril, il était 20h30 lorsque M. Body, ses élèves et quelques parents se sont rendus à lobservatoire de Offaing. " On cherchait un ciel de qualité pour lobservation. Jexpliquais les constellations aux jeunes ", se souvient Gilles Robert. Mais les explications ont été interrompues : " Tout à coup, vers 22h05, on a vu un halo rougeâtre, côté Nord-Est. Jai hésité, songeant même quil pouvait sagir de léclairage dune autoroute; Puis, jai dit aux gosses : " Regardez Cest une aurore! " Cette première vague féerique a duré 25 minutes. Tout en poursuivant son témoignage, et terriblement ému encore par ce quil a vu, M. Robert consulte un croquis où il a griffonné à la hâte les étapes et les schémas de ces phénomènes surprenants. " La deuxième vague est apparue à 22h 50. Tout lhorizon, sur à peu près 120°, était turquoise. Puis, des draperies rouges. Au-dessus, des colonnes blanches dune telle intensité lumineuse. Une sorte darc-en-ciel de nuit. " Cette intensité lumineuse était telle que les astronomes ont pu discerner les cailloux sur la route de lobservatoire. Or, elle était bien noire cette nuit-là! " Cétait comme un gigantesque rayon de soleil qui perçait les nuages. Une véritable apothéose. Vous savez, comme les faisceaux lumineux dune discothèque qui couvrent les deux tiers du ciel. " A 4h, lorsque Giles Robert sest enfin couché, le halo turquoise était toujours visible à lhorizon. Et il a rempli démotion le coeur des rares observateurs de Neufchâteau à la province de Liège en passant par Saint-Hubert et Manhay. Sophie Jaques Renseignements : Gilles Robert |
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