12 mai 2000 - n°142

Sport

Nos athlètes en 1ère division francophone

La saison de cross a pris fin. Place à la piste et aux inter-cercles. Si les clubs d’athlétisme les plus proches se situent à Bertrix et Dampicourt, notre région n’en reste pas moins une terre de jeunes talents prometteurs.

Ceux-ci sont surtout tournés vers le demi-fond et obtiennent de brillants résultats dans leur catégorie respective : Christian Cambrai et David Fox en séniors, Jérôme Collot, Jérémie Fourny et Jonathan Dekeyser en juniors, Jonathan Felten en cadets, Julien Collot en minimes. Chez les filles, la famille Charlier est à l’athlétisme chestrolais ce que sont les Fivet et Bossicart sont au basket. Atteintes toutes trois par le "virus athlétisme", Gwennaelle en minimes, Angélique en cadettes et Nadège en scolaires portent haut les couleurs de leur club Bertrix Basse Semois. Ajoutons à ces demi-fondeurs Pauline Maréchal en cadettes qui s’est tournée vers le sprint et le saut en longueur.

Le point commun de tous ces sportifs est qu’ils s’entraînent régulièrement ensemble. Chaque mercredi ils se retrouvent sur la piste à Bertrix pour un entraînement collectif sous la houlette de leur entraîneur Jacques Lequeux. Cette séance est surtout basée sur un travail spécifique : rythme et vitesse ainsi que résistance pour les plus âgés. Pauline Maréchal quant à elle y travaille l’aspect technique de sa discipline.

Outre cet entraînement collectif hebdomadaire, chacun, suivant son âge, s’astreint à 2, 3, 4, voire 5 sorties semaines. Lors de ces sorties individuelles, l’accent est surtout mis sur l’endurance ; le travail de fond est primordial, surtout chez les jeunes. Les entraînements sont ponctués par une séance d’étirements. La durée totale d’une séance, comprenant préparation, entraînement, étirements, douches, peut atteindre facilement de 1 h.30 à 2 heures. Et cela cinq fois par semaine ! L’investissement temps est donc très important chez le demi-fondeur. Ce qui explique d’ailleurs que celui-ci s’entraîne souvent seul. La qualité principale du demi-fondeur est la volonté ; ce n’est pas toujours amusant de courir seul dans les bois, par tous les temps. Les vacances de Noël sont consacrées à un travail intensif tandis qu’en février un stage est organisé pendant un week-end pour les athlètes à partir de la catégorie des cadets. El là, ce sont plutôt les travaux forcés : deux entraînements par jour pour arriver à un total de 50 km sur le week-end. Mais quand la récompense est au bout, ces moments de souffrance sont vite oubliés.

La compétition d’hiver, constituée par les cross, s’étale d’octobre à mars. Nos athlètes peuvent jauger leurs capacités et les résultats obtenus lors des championnats provincial, francophone et de Belgique sont brillants. Voir les meilleurs résultats en encadré. Ajoutons à cela la victoire de Jérôme Collot dans une manche de la cross cup disputée à Dour. Pour être complet épinglons aussi, sur piste cette fois, le tout récent record provincial du relais 4 x 1500 m. en 17’21’’. L’équipe était composée de Jérémie Fourny, Jérôme Collot, Jonathan Dekeyser et Sébastien Wanlin.

La saison d’hiver terminée, place à la piste. Il est temps de se concentrer sur les inter-cercles. Nos athlètes évoluent au BBS (Bertrix Basse Semois) en division 1 francophone, l’antichambre de l’élite nationale. Lors de ces inter-cercles, chaque club est représenté par deux concurrents par épreuves. Les inter-cercles filles se sont déroulés le 7 mai à La Forestoise, les garçons se rendent ce dimanche 14 mai à Dampicourt. Les inter-cercles se déroulent à huit équipes. L’équipe classée première monte de division, soit dans ces cas-ci en division d’honneur. Les deux dernières culbutent dans la division inférieure. Hélas, malgré quelques meilleures performances individuelles, l’équipe féminine de BBS n’a pu éviter la descente et retournera donc la saison prochaine en 2ème division francophone. L’inter-cercles filles est constituée de 12 épreuves individuelles et 2 relais. Chez les garçons, le menu propose 16 épreuves individuelles et 2 relais. Outre ces inter-cercles, nos demi-fondeurs participent également à des épreuves sur piste pendant l’été sur les distances suivantes : 1500, 3000 et 5000 m. Pour les plus jeunes les compétitions sur piste n’excèdent pas 1000 m.

Début septembre ce sont les championnats individuels francophone et de Belgique qui attendent nos coureurs. Ceux-ci sont proposés à toutes les catégories à partir des cadets. Chacun s’inscrit dans la discipline qu’il souhaite.

Comme on peut s’en rendre compte une saison d’athlétisme n’offre guère de répit. En début de saison, il s’agit de bien cibler ses objectifs. Pour y parvenir, pas de miracle, une seule recette : travailler, travailler et encore travailler…

Er. Meunier

Portrait d’un sportif singulier

Le cheval est entré dans sa vie à la suite d’une randonnée. Depuis, Jérémy Llorens consacre tout son temps à cette passion dont il veut faire son métier. Nous l’avons rencontré chez lui à Warmifontaine durant un week-end de repos. Arrivé au terme de ses études, en juin, il quittera Gesves et son école d’équitation. Mais son aventure ne fait sans doute que commencer. La volonté avec laquelle il s’adonne à l’équitation lui promet de beaux jours.

L’école du cheval

"C’est mon père qui m’a donné le goût de l’équitation. Un jour, en revenant de randonnée, il m’a proposé de monter sur son cheval pour essayer." Ce jour-là a vu naître ce qui va devenir une vraie passion. Séduit par l’expérience qu’il vient de vivre, Jérémy décide de pratiquer l’équitation un jour par semaine. Très vite, il consacre de plus en plus de temps à sa nouvelle activité. Ses loisirs et ses week-ends sont réservés à son cheval. Encouragé par son professeur, Jérémy participe à ses premiers concours où il prend goût à la compétition.

Convaincu qu’il veut faire de sa passion son métier, Jérémy parvient à s’inscrire à l’école d’équitation de Gesves. Il entre alors de plain-pied dans le monde de l’équitation.

Mais l’apprentissage de son nouveau métier se fait au prix de beaucoup de sacrifices. L’équitation est une activité très exigeante qui ne se résume pas à monter un cheval.

Sa journée d’école débute à sept heures du matin et se termine vers dix-huit heures. Elle se partage en cours théoriques et pratiques. Mais il faut aussi prendre en charge l’entretien des chevaux et des infrastructures.

Mais lorsque Jérémy quitte l’école, c’est pour retrouver d’autres chevaux. En fin de journée, il rejoint les écuries d’un éleveur voisin de l’école où il offre ses services. Là, il montra encore deux ou trois chevaux avant de retrouver son kot.

Posséder un cheval

"On a beau réfléchir beaucoup avant d’acheter un cheval, la plupart des gens ne se représentent pas le temps que ces animaux exigent, nous confie Jérémy. Il faut penser à nourrir le cheval, à veiller à sa bonne santé, surveiller ses pieds, il faut prévoir de passer du temps avec le maréchal-ferrant et le vétérinaire... Il n’est pas rare de rencontrer des gens qui ont renoncé parce qu’ils ne parviennent pas à gérer les exigences de leurs chevaux."

Selon Jérémy, avant d’acheter un cheval, il vaut mieux attendre quelques années et passer beaucoup de temps dans un manège pour connaître les contraintes que cette activité entraîne. Et lorsqu’on fait le pas d’acheter un cheval il est important de dégager du temps pour s’en occuper.

On pourrait considérer qu’il y a une mode qui pousse les gens dans les manèges. Mais pratiquer l’équitation est un moyen de retrouver la nature. D’autre part, le cheval est un animal exceptionnel et très séduisant. C’est normal qu’il attire l’homme.

Les manèges offrent une alternative. Tout le monde n’est pas en mesure de posséder un cheval ou de s’en occuper pleinement. Les services offerts par les manèges permettent de pratiquer un sport très agréable sans subir les lourdes contraintes imposées par un cheval. Cette formule proposée par les manèges fonctionne bien ; pour preuve, ce genre d’établissements se multiplie même dans notre région.

L’obstacle, la discipline préférée de Jérémy

A Gesves, Jérémy travaille trois disciplines : le dressage, l’obstacle et le complet.

Le "dressage" est une épreuve qui consiste a faire la démonstration de la maîtrise de son cheval. Le cavalier doit imposer à son cheval des mouvements et des figures sur lesquels ils seront côtés.

L’ "obstacle", appelé aussi jumping, est une épreuve où le cavalier et son cheval doivent franchir un certain nombre d’obstacles. C’est la discipline la plus connue du monde de l’équitation et sans doute aussi la plus impressionnante. Suivant les catégories ; régionales, nationales et internationales, la hauteur et la difficulté des obstacles sont croissantes.

Le "complet" est une épreuve qui allie le dressage, l’obstacle et l’épreuve de fond, soit une épreuve de cross. Le "complet" est une discipline très physique autant pour les chevaux que pour les cavaliers.

Jérémy s’intéresse plus particulièrement à l’ "obstacle". C’est la discipline qu’il affectionne et pour laquelle il travaille le plus.

Jérémy ne cache pas son ambition : "J’aimerais devenir cavalier et je travaille pour parvenir à mettre toutes les chances de mon côté".

Pour devenir sportif professionnel, il consacre tous ses week-ends à la compétition. Il s’entraîne tous les jours pour se perfectionner et permettre à ses chevaux d’acquérir l’endurance nécessaire.

Comme tous les jeunes cavaliers, Jérémy a débuté dans les rencontres régionales. Ce sont des épreuves où les obstacles ne dépassent pas 1,20 m, réservées aux cavaliers amateurs ou débutants. Ces "régionales" ont la réputation d’être très agréables. Ce sont des événement régionaux qui rassemblent des passionnés de chevaux qui se connaissent bien.

Jérémy a remporté deux fois le "challenge classe 2" de la Régionale des Ardennes.

Le niveau supérieur, c’est la catégorie nationale. Par conséquent, on y rencontre des cavaliers d’un niveau supérieur aux régionales, semi-professionnels, voire professionnels. Les enjeux sont différents. Par conséquent, évoluer dans cette catégorie entraîne des coûts supplémentaires.

A l’exception de la foire agricole de Libramont, les rencontres "nationales" ne sont pas organisées dans notre région. Il faut donc parcourir de nombreux kilomètres pour participer à la compétition.

Au-delà de la "nationale", les cavaliers évoluent en internationale. Ce sont des professionnels qui s’y mesurent et la concurrence est rude.

Jusqu’à présent, Jérémy évolue en nationale où il se classe huitième. Mais notre jeune cavalier vient de participer pour la première fois à une épreuve internationale "Hunter Seat". Ses premiers résultats sont encourageants et lui permettent de nourrir quelques ambitions.

Vivre du cheval

Mais au fait, vivre du cheval, est-ce encore possible hormis dans la haute compétition ?

"Bien que notre société n’ait plus besoin du cheval comme force motrice ou moyen de déplacement, le cheval a encore un bel avenir grâce aux loisirs. D’ailleurs, les métiers hippiques sont encore nombreux, nous dit Jérémy. On peut être propriétaire d’un ponney-club ou d’un manège pour chevaux. Il faut des cavaliers pour éduquer les jeunes chevaux. On a encore besoin des grooms pour entretenir les écuries, des maréchaux-ferrants pour soigner les pieds... La diversité des métiers est fort large. Mais vivre d’une activité équestre est difficile tant les charges sont nombreuses, les équipements sont importants et la rentabilité est faible."

Bien plus qu’un sport, l’équitation est un métier pour Jérémy. Fort de sa volonté et de ses qualités de bon cavalier, il se fait remarquer dans les compétitions. Passionné, il travaille sans compter, nul doute que ses efforts seront un jour récompensés. Souhaitons-lui de connaître les joies du podium et que son aventure hippique se poursuive longtemps !

O. Weyrich

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