12 novembre 2002 - n°188 et 189

Neufchâteau

Les Joyeux Lurons tournent la page

Les Joyeux Lurons ont rénové leur salle des fêtes. Les travaux qui ont débuté en 1996 touchent à leur fin.

Les Joyeux Lurons tournent la pageLongtemps, la troupe de théâtre a fait la réputation des Joyeux Lurons de Petitvoir. Mais le temps passe et la troupe ne s’est pas renouvelée. Depuis plusieurs années, la scène était déserte et le comité de gestion de la salle s’est résigné. En mauvais état, l’espace scénique a été démoli et par la même occasion, la salle des fêtes a été agrandie.

Détruire le théâtre du village n’est jamais facile. C’est souvent à contre-cœur que l’on démonte ce monument de souvenirs. Elle en a tellement vu de bêtises, cette pauvre scène... Confronté à la nécessité de rénover la salle des fêtes, le comité de gestion a tranché. Deux options se présentaient à lui : rénover la scène utilisée de plus en plus rarement ou agrandir la salle devenue trop étroite. Le comité opte pour la seconde solution et gagne par la même occasion 65 m2 de surface sans toucher au mur. L’économie est appréciable !

Il aura fallu six ans pour réaliser les travaux d’aménagement de la salle. Les responsables ont fait construire une nouvelle cuisine et l’ont équipée de matériel professionnel. Une annexe a été rénovée pour offrir un petit local aux aînés et leur permettre de jouer aux cartes sans devoir utiliser la grande salle. A l’arrière du bâtiment, un vaste local est réservé aux jeunes.

Il reste à réaliser un certain nombre de petits travaux, mais la salle est déjà fonctionnelle dans sa nouvelle conception. Déjà, elle offre de nombreuses satisfactions à ses utilisateurs.

Les Joyeux Lurons tournent la pageSi les travaux touchent à leur fin, les membres du comité n’en ont pas fini avec les soucis. En effet, les travaux de rénovation ont grevé les budgets. Aujourd’hui, les caisses sont vides. Pour refaire une réserve et financer les derniers aménagements, le comité n’a d’autre solution que d’organiser des animations et de louer sa salle.

Le prochain rendez-vous est fixé au 22 novembre pour le souper de la fête de St-Eloi. La soirée sera animée par Michaël Fourny, musicien de talent issu du cru.

Durant l’année, le comité organise aussi le goûter du troisième âge, les kermesses de juillet et septembre, et le thé dansant. à vous de choisir la meilleure occasion pour découvrir la nouvelle salle des Joyeux Lurons de Petitvoir !

Si vous êtes à la recherche d’une salle pour organiser une fête ou un banquet, vous pouvez prendre contact avec les responsables : Marie-Rose Lescrenier (061 27 78 83) ou Nadine Englebert (061 27 84 38).

O.W.

Des rhétos soumis à rude épreuve !

Sept degrés, vent, pluie, telles sont les conditions climatiques ce mercredi matin. Des conditions ni vraiment idéales, ni totalement exécrables pour la pratique du sport en plein air. Mais si la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin, le vent et le crachin ne rebutent pas les rhétoriciens. C’est ce mercredi 23 octobre 2002 que se déroule la deuxième édition du triathlon des rhétos de l’Institut Saint-Michel.

Des rhétos soumis à rude épreuve !Dès neuf heures le chrono égrène les secondes, les minutes. Les premiers concurrents plongent dans la piscine pour avaler 24 longueurs de bassin. Pas le temps de s’éterniser sous la douche, se rhabiller le plus vite possible, coiffer son casque, enfourcher sa bicyclette pour la deuxième épreuve : 10 km à vélo. Le chrono tourne, inlassablement, pas une seconde à perdre. Déjà, la côte de la Justice se profile. Celle-ci franchie, pas question de récupérer : traverser Offaing, puis Cousteumont pour se diriger vers les Hauts Chemins. Un vent de côté balaye la route, la progression s’en trouve perturbée. A l’approche de Montplainchamps, des remorques pour récupérer les vélos. La fin du calvaire ? Que nenni ! Il reste 3 km à parcourir en courant. En descendant de vélo, les jambes flageolent. Elles semblent crier, hurler au cerveau : “T’es malade ou quoi ? Que nous demandes-tu là ?” Et celui-ci de répondre du tac au tac : “Taisez-vous, courez !” Après quelques foulées, tout redevient normal. Le chrono continue à tourner, implacable. Trois km sur un chemin boueux, glissant parfois. Arrivée à la salle de sport de l’Institut. Le chrono s’arrête enfin. Et chacun et chacune de s’enquérir auprès du chronométreur du temps réalisé : “Quel temps ai-je mis ? Ai-je réussi ?”

Le triathlon des rhétos constitue en effet un test effectué dans le cadre du cours d’éducation physique. C’est plus précisément l’épreuve de certification des compétences terminales en matière d’endurance. Pour boucler l’épreuve, les garçons disposent d’un temps maximum de 1 h 30, les filles de 1 h 45. Seuls deux élèves distraits, quelque peu égarés sur le parcours vélo, terminent hors délais. Douze concurrents réalisent un temps inférieur à une heure.

Pour sa deuxième édition, l’organisation de l’épreuve est déjà bien rodée. Rien n’est laissé au hasard. La semaine précédant l’épreuve, les professeurs d’éducation physique procèdent avec les élèves au repérage des circuits vélos et course à pied. En outre, chacun reçoit un carnet de route pour le jour J. Pour l’épreuve vélo, chaque concurrent porte un casque. Des collègues sont sollicités pour différentes tâches : contrôle, sécurité, chronométrage, rapatriement des vélos. Des agents de proximité se trouvent aux endroits plus stratégiques.

Au terme de l’épreuve, si la fatigue se lit sur certains faciès, beaucoup de visages expriment la satisfaction. Satisfaction d’avoir participé, satisfaction d’avoir pu enchaîner trois disciplines sportives différentes, satisfaction d’avoir terminé, satisfaction d’avoir réussi le test. Le triathlon des rhétos ? Certainement un très bon souvenir de leur année terminale.
Er. Meunier.

Les cinq premiers de l’édition 2002

Garçons

Filles
BOSSICART Laurent 0:51:20
SCHNONGS Catherine 0:56:47
BOSSICART Maxime 0:52:16
VICAIRE M.-Bénédicte 1:00:56
BASILIO Nicolas 0:53:20
PATERNOSTER Roxane 1:02:26
HUBERTY Quentin 0:56:34
MARECHAL Pauline 1:08:35
HUVELLE Jean 0:57:07
BEFF Laure 1:12:27

Un grand moment d’émotion

C’était un rêve, c’était énorme... Les choristes pensaient ne jamais y arriver, mais Dominique Collin, qui avait su percevoir le potentiel de ses deux chorales, savait que c’était possible.

Un grand moment d’émotionQuand les choristes ont vu le livret, il y a deux ans d’ici, de l’oeuvre “Israël en Egypte” de George Frideric Handel, ils ont pâli ! Il avait le volume d’un livre et quand on l’ouvrait... surprise, il y avait huit portées pour les chants, en plus de celles de l’orchestre. Même ceux qui avaient trente ans de chorale derrière eux se sont demandé s’ils y arriveraient. Une portée pour les sopranos I, une pour les sopranos II, une pour les altos I et ainsi de suite. Par-dessus le marché, c’était en anglais. Mais Dominique Collin était sûre d’elle et avait prévu une parade pour surmonter les difficultés. Chaque chanteur reçut un CD contenant l’oeuvre complète de Handel avec, en surimpression, la mélodie de sa voix enregistrée au piano. Pour tous ceux qui ne maîtrisaient pas l’anglais, elle avait donné le texte en écriture phonétique. Elle a séparé le travail en deux : l’Harmonique, la chorale de Libin, prit quatre voix, La Tour Griffon, celle de Neufchâteau, prit les quatre autres. Pendant ce temps, des musiciens professionnels préparaient la partie instrumentale. Les deux ensembles d’environ trente-cinq choristes chacun ont travaillé un an et demi de leur côté avec, de temps en temps, une rencontre pour unir leurs voix.

Après les grandes vacances, le travail devint plus ardu. Les lundis, c’était répétition à Neufchâteau et les mercredis c’était à Anloy. Le week-end du 29 septembre, les septante chanteurs se sont réunis pour intégrer la partie instrumentale de l’orchestre “Nova & Vetera” aux chants. Les 4, 5 et 6 octobre, les choristes prenaient l’autocar ou la voiture pour les représentations. Avant le concert, tous ont apprivoisé les lieux et se sont échauffés une heure ou deux avant, les instruments baroques ont été accordés... et puis ce fut l’émotion ! Les spectateurs étaient au rendez-vous. A Saint-Hubert ils étaient plus de cinq cent à écouter dans le recueillement.

En 2003, le Choeur de la Tour Griffon fêtera ses trente ans d’existence. D’ores et déjà, il vous convie à participer à ses festivités et, pourquoi pas, à rejoindre ce groupe dynamique et enthousiaste.

Par amour des pommes

Par amour des pommesA une enjambée de l’autoroute, sur les hauteurs de Tronquoy, à 470 mètres d’altitude, un verger de deux hectares semble perdu au milieu de la campagne. S’il n’est pas ordinaire de trouver des arbres fruitiers si loin de toute habitation, il n’est pas ordinaire non plus de voir rassemblées autant de variétés de pommes, prunes, poires, cerises et noisettes côte à côte. Ce curieux verger a un rôle tout particulier.

L’idée de sa création date de l’année 1988, époque à laquelle une grande fête avait été organisée à Neufchâteau au bénéfice de l’Unicef. “On voulait faire une grande fête pour gagner beaucoup d’argent, explique Anicet Fraselle, pour replanter le Sahel. Dans cette zone géographique, de nombreux arbres disparaissent chaque année pour laisser place à un désert. Au cours de cette animation, une idée a germé. C’était bien de récolter de l’argent pour le Sahel, mais chez nous aussi, il y a tous les ans des arbres qui disparaissent, d’anciennes variétés fruitières.”

Anicet Fraselle en parle immédiatement à Claude Guiot, le bourgmestre de l’époque, qui fut sensible d’emblée à l’idée de créer un endroit où l’on garderait d’anciennes variétés de pommiers ou de poiriers. Il faut dire qu’il était pépiniériste et qu’il comprenait très bien le patrimoine biologique que des espèces particulières pouvaient représenter. La commune possédait un terrain de deux hectares envahi de saules et de genêts qui pourrait faire office de verger. Anicet en parle à Charles Populer, directeur de la station de phytopathologie de Gembloux. Ça lui plaît ! Il en parle également à Luc Evrard, responsable du cercle des naturalistes de Belgique qui trouve le projet intéressant.

Le projet se précise au fil des jours. Charles Populer propose d’offrir des arbres pour débuter et aussi de dresser un plan du futur verger, parce que les arbres fruitiers ne doivent pas être plantés n’importe comment. Pendant ce temps, Claude Guiot et Luc Evrard cherchent une aide financière. Le ministre Lutgen promet six cent mille francs francs de la Région wallonne. Le député Mathieu, deux cent dix mille francs de la Province à condition d’installer un rucher. Ce qui fut fait. L’ONDAH et l’UPAH participent également pour un budget de 285 000 francs.

Par amour des pommes Par amour des pommes

La réalisation s’effectue grâce à la section locale du cercle des naturalistes et Anicet Fraselle devient conservateur du verger. L’entreprise Hector de Longlier vient placer une clôture de treillis plastifié sur le pourtour. Charles Populer et son adjoint mesurent le terrain et calculent l’aire utile à la plantation. Ils dressent un plan de piquetage qui permet la plantation de hautes-tiges et de basses-tiges. Il ne reste plus qu’à se munir de bêches, acheter des tuteurs et des liens, de l’engrais et de passer à l’action : la plantation !

Le 29 mars 1990 voit l’arrivée de pommiers hautes-tiges “Joseph Musch”, “Reinette de Blenheim”, “Président Roulin”, “Radoux” etc. De pommiers basses-tiges “Joseph Musch”, “Président Van Dievout”, “Reinette Hernaut”… De pruniers “Belle de Thuin”, “Wignon”, “Sainte-Catherine”… Des cerisiers sont également promis.

Tous ces arbres d’anciennes variétés sont reconnus pour résister aux maladies, mais ici à Tronquoy le climat est rude et qualifié climat de moyenne montagne mais pouvant avoir des influences maritimes. Le sol est pauvre de surcroît. “On peut très bien avoir moins vingt degrés et le lendemain plus quinze degrés, explique Anicet Fraselle. Il suffit que les vents changent de direction. En quelques heures on peut avoir une différence de trente-cinq degrés. Ce sont des conditions très difficiles pour des arbres fruitiers et c’est pour cela que l’on teste les variétés ici. Si elles résistent à Tronquoy, elles résistent partout en Belgique. On parle évidemment de résistance aux températures mais aussi aux maladies comme la tavelure et le chancre. Par exemple sur la base de ces constatations qu’on établit au long des années, on peut dire aux gens qui viennent visiter le verger : plantez la variété "Président Roulin" ou "Grenadier", c’est extra ! Par contre "Reinette de France", ce n’est pas bon chez nous, c’est plein de tavelure.”

Le verger est devenu le lieu de rendez-vous des amateurs de pommes, poires, cerises et prunes de la région. De nombreuses personnes sont devenues attentives au patrimoine biologique que de tels arbres représentent et elles n’hésitent pas à signaler des arbres particuliers ou à demander du bois de greffe pour reproduire chez elles telle ou telle variété. Le verger est aussi le lieu de rendez-vous des campagnols qui adorent les racines sucrées des arbres, au grand désespoir du conservateur. Il n’est pas rare de trouver un pommier déraciné jonchant le sol après un coup de vent. Quasiment tous les arbres ont dû être replantés.

Pour Anicet Fraselle, conserver toutes ces espèces est devenu un travail à plein temps. Surtout maintenant que la section des naturalistes de Longlier a cessé ses activités. Il tente de sauver, au bout de douze ans, ce qu’il peut avec des bouts de ficelle ou plutôt avec des pépins et du courage. Il ne cesse de semer, de greffer, de tailler, de palisser, de proposer des visites etc. Il établit des rapports réguliers sur la qualité et la quantité des fruits récoltés, l’état des arbres et les envoie au service de phytopathologie de Gembloux. Tout cela par amour des pommes… des prunes et des poires !

B. Herry

“Anapi”, tel est le nom qu’Anicet Fraselle a donné à cette variété de pomme, unique, découverte aux abords de la clinique de Libramont. Il l’a greffée et elle pousse à présent à Tronquoy. Les fleurs sont rouges, les feuilles aussi. La pomme est rouge et sa chair aussi. Même le bois est rouge ! Son origine est mystérieuse. Il s’agit peut-être tout simplement d’un trongnon abandonné dans l’herbe qui aurait donné un arbre et qui aurait été croisé à un arbre ornemental.

En-dessous, des prunes de la variété “Belle de Thuin”... grosses comme un oeuf. La chair est très sucrée et la production abondande.

Trente ans de dynamisme !

Trente ans de dynamisme !Une exposition sur les Tanneries et métiers du cuir à Neufchâteau du XVIIe au XIXe s., une publication sur ce même sujet, une conférence sur la sorcellerie en Ardenne, la préparation du prochain bulletin semestriel… L’emploi du temps des membres du Cercle “Terre de Neufchâteau” est particulièrement chargé ces derniers temps. Mais au fait, à quand remonte la création de ce Cercle ? Quels sont ses objectifs ? Quelles activités mène-t-il ?

Tout commence en 1965. A cette époque, P. Hannick lance l’idée de monter une grande exposition sur l’histoire de Neufchâteau. Il est rapidement suivi par quelques autres grands amateurs d’histoire chestrolais : l’abbé R. Mouzon, A. Geubel, L. Gourdet, A. Vermer, L. Lejeune, J. Charneux, R. Laurent… Le groupe se réunit régulièrement et après trois années de travail intense, l’exposition est présentée en 1968 à l’hôtel de ville de Neufchâteau. Elle remporte un franc succès. Le groupe décide ainsi de garder le contact et de poursuivre l’expérience. Le “Cercle Terre de Neufchâteau” est né… Actuellement, le comité est composé d’une quinzaine de personnes et le cercle compte environ trois cents membres !

Le cercle a pour objet de promouvoir le patrimoine de l’ancienne Terre de Neufchâteau (qui comprenait la Prévôté de Neufchâteau et le Ban de Mellier), de veiller à sa protection, à sa mise en valeur et à sa conservation. La notion de patrimoine est une notion très vaste. D’une manière générale, Louis Lejeune, président du cercle, la définit comme étant l’héritage archéologique, historique, architectural, folklorique, artistique, dialectal… d’une région. Il s’agit donc de tout ce que l’Histoire nous a laissé, des biens que l’on a hérités de nos ancêtres. Il est important de le transmettre en bon état à nos successeurs… En effet, le patrimoine donne de la beauté, de l’harmonie et du charme à un village, une ville, une région.

Trente ans de dynamisme !Afin d’atteindre ses objectifs, le cercle mène de nombreuses activités et prend pas mal d’initiatives. Tout d’abord, il sort deux bulletins par an. Il publie aussi divers ouvrages. Le dernier en date – et déjà le 24e ! – est celui relatif à l’exposition sur les Tanneries et métiers du cuir à Neufchâteau. Les publications précédentes traitaient de sujets aussi variés que l’église Saint-Michel, la Terre de Neufchâteau et le Ban de Mellier de 1609 à nos jours, le Circuit des Ardennes… Le plus volumineux est bien sûr celui publié à l’occasion du 800e anniversaire de la ville : “Neufchâteau à livre ouvert”. De plus, le Cercle propose deux conférences par an, la dernière étant celle du 26 octobre dernier consacrée à la sorcellerie en Ardenne.

Il organise également des excursions et présente en moyenne tous les deux ans une exposition, la dernière étant celle qui s’est tenue du 7 au 22 septembre et qui avait pour objet les tanneries. Enfin, il participe activement aux Journées du Patrimoine et intervient souvent auprès de la Commune et des Pouvoirs publics dans le cadre de la protection et de la conservation du patrimoine régional.

Pour en savoir davantage, “L’info” a rencontré Louis Lejeune, président du Cercle :

L’info : “A l’heure actuelle, on assiste à un réel engouement pour le patrimoine. D’après vous, est-ce aussi le cas dans notre région ? Les Chestrolais s’intéressent-ils à leur patrimoine ?

Louis Lejeune : “C’est difficile à dire. On participe tous les ans aux Journées du Patrimoine, journées qui ont un succès énorme. Il s’agit d’un véritable fait de société, ce qui est la preuve qu’elles répondent à un besoin. Dans notre région, ces Journées du Patrimoine marchent bien également. On a du monde…mais on pourrait en avoir encore davantage ! Et je trouve aussi que le fait que nous ayons trois cents membres qui paient leur cotisation, c’est bien. C’est bien pour un petit cercle local.”

L’info : “Le patrimoine chestrolais est-il menacé ?

L.L. : “Oui, il est menacé, bien sûr, comme partout ! Je songe par exemple à l’ancien café “Le Central”. Nous sommes intervenus auprès de la Commune pour qu’on ne le rase pas. C’est en effet une des plus vieilles maisons de Neufchâteau. Elle a été construite vers 1780 et est de style classique. Je sais bien qu’elle n’a pas très belle allure pour le moment. Mais si on restaurait la façade, on aurait une belle maison qui irait très bien avec la Maison Bourgeois, également de style classique. De plus, de l’autre côté, on a l’hôtel de ville, qui est de style néoclassique. Le néoclassique s’inspirant du classique, on est dans le même domaine de l’art. Cet ensemble peut donc donner un plus au niveau esthétique au centre de Neufchâteau. On s’est aussi battu pour la maison Bastien. Elle est superbe intérieurement et extérieurement. Elle est notamment tapissée de papier peint de l’époque napoléonienne. Mais cette fois, notre démarche n’aboutira à rien, je crois…malheureusement !

L’info : “La Commune consacre-t-elle une part de son budget à ce patrimoine ?

L.L. : “Elle n’y consacre pas, en tout cas, suffisamment d’énergie. Mais cela ne veut pas dire qu’elle ne fait rien ! Elle a par exemple entrepris un travail de longue haleine consistant à restaurer les lavoirs (notamment ceux de Grandvoir et de Harfontaine). Quand nous organisons une exposition, elle prend aussi l’assurance pour nous. Elle n’hésite pas non plus à nous envoyer des ouvriers communaux lors de gros déménagements. Elle a mis également à notre disposition un local situé à l’ancien abattoir. On s’entend très bien avec la Commune. Elle pourrait cependant faire plus, même si à cela elle répond bien sûr qu’elle manque d’argent.

L’Info : “Le samedi 26 octobre dernier, le Cercle a organisé une conférence donnée par Sylvie Dupont-Bouchat sur la sorcellerie en Ardenne. Que peut-on en retenir ?

L.L. : “Elle a parlé surtout de la répression, plus que de la sorcellerie elle-même. Elle a défendu une thèse selon laquelle les sorciers n’existaient pas. La répression des sorcelleries – la "chasse aux sorcières" – remonte aux XVIe et XVIIe siècles. C’est une époque durant laquelle les pouvoirs politiques et religieux deviennent forts. L’Eglise et l’Etat réunis imposent leurs structures. Pour cela, deux moyens : d’une part l’éducation et d’autre part la répression des gens marginaux et différents des autres qu’on va accuser de sorcellerie ou de pacte avec le diable. Selon elle donc, les sorciers n’existaient pas. Quoi qu’il en soit, en Ardenne aussi, de nombreuses personnes ont été brûlées.

L’info : “L’exposition sur les tanneries et métiers du cuir à Neufchâteau a-t-elle attiré du monde ?

L.L. : “Oui et non. On a eu beaucoup de monde aux deux Journées du Patrimoine, les 7 et 8 septembre. De plus, les écoles ont suivi. Mais nous sommes déçus quand même, car on espérait davantage de monde après les Journées du Patrimoine. En effet, préparer une telle exposition demande beaucoup de temps – on y a travaillé près d’un an et demi ! – et d’énergie. Mais il est vrai qu’il s’agissait d’un sujet très pointu. Il fallait sans doute vraiment s’y intéresser pour se déplacer. On a aussi appris par après que des gens n’avaient pas été au courant. Peut-être la publicité n’a-t-elle pas été suffisante…

En guise de conclusion, il est important de lancer l’appel suivant : ne brûlez pas trop vite vos papiers jaunis ! Ne jetez pas trop vite de vieilles choses, de vieux objets qui ont l’air dénués d’intérêt ! Vos greniers cachent peut-être de petits “trésors”. Songez au cercle “Terre de Neufchâteau”. Des archives familiales, d’anciennes photos…peuvent toujours s’avérer intéressantes et apporter des informations insoupçonnées…

Propos recueillis par Gr. Diederich

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