12 novembre 2002 - n°188 et 189

Région

Avis de tempête !

Des bulletins d’alerte sont tombés sur le bureau de la garde de la Protection civile tout au long du week-end. Ils annonçaient des rafales de vent avec des pics pouvant aller de cent vingt à cent quarante kilomètres par heure. Dans la nuit du vendredi au samedi, les premiers appels arrivaient au poste du centraliste. Il n’y eu pas de grosse catastrophe, mais les équipes ont toutefois été occupées sans interruption.

Avis de tempête !Trois heures du matin, le samedi : un toit d’habitation menace de s’envoler à Bercheux. Les pompiers sont appelés sur place. Quand ils arrivent, le toit en question est passé par-dessus la maison, a traversé la rue et a accroché des câbles électriques. Des tresses basse tension sont au sol. Electrabel est appelé sur les lieux pour mettre le site en sécurité. Le bâtiment doit être protégé et c’est la Protection civile qui vient. Un camion vient déposer un conteneur " étançonnement ". Une grue arrive également. Sept hommes installent de l’éclairage et se mettent à l’ouvrage. Seuls quatre murs subsistent. Il faut refaire une charpente, avant même de pouvoir y placer une couverture. Afin de limiter les frais, ils démontent ce qui est récupérable de l’autre côté de la route pendant que l’autre partie de l’équipe pose des bois pour former une charpente provisoire. La tempête, elle, ne s’est pas arrêtée ! Sous le vent sauvage, les averses, il faut clouer les tôles qui sont encore utilisables et compléter la protection à l’aide de plastique. De cinq heures du matin à midi, les hommes luttent contre les éléments.

Ils rejoignent la caserne et ont à peine le temps de manger. Dès treize heures, ils partent vers Neuvillers avec deux camions grues. Sous les bourrasques, jusqu’à 18 h 30, ils réparent un toit avec du plastique. Pendant ce temps, des arbres tombent ici et là, des hommes doivent aller les tronçonner pour dégager les routes. Certains partent vers Dinant avec un conteneur pour amarrer un toit. Ces fameux conteneurs, qui sont chargés et déchargés avec des camions adaptés, contiennent des équipements de sauvetage, d’éclairage, d’étançonnement, de matériel pour lutter contre les pollution, etc. Quand ils arrivent neufs à la caserne, ils sont vides et ce sont les hommes qui les équipent. Ils soudent, organisent, prévoient des systèmes pour arrimer chaque objet.

Avis de tempête !Dès les premiers bulletins d’alerte, les volontaires de la Protection civile ont été avertis. Ils sont aussi prêts à partir. La garde de Neufchâteau comprend environ septante hommes scindés en quatre groupes, mais deux cent cinquante volontaires répartis dans toutes la province sont aussi disponibles en cas de catastrophe, de manque d’effectif, ou réquisitionnés pour des tâches locales.
Ils sont occupés à abattre des arbres à Séviscourt quant un automobiliste leur signale une autre chute à un kilomètre de là. Il fallait aussi fixer un auvent de magasin à Recogne.

Le dimanche, à 20 h 30, le téléphone sonne à nouveau. Un agriculteur est sans électricité mais doit traire ses vaches et a besoin de 380 Volt en triphasé, la Protection civile part avec un groupe électrogène.

Entre deux missions, le matériel doit être vérifié, les conteneurs réassortis. Les hommes, qui travaillent vingt-quatre heures d’affilées, ont à peine le temps de fermer l’œil. Un nouveau bulletin météo annonce que la force des vents va diminuer. Elle devrait avoisiner les quarante à soixante kilomètres par heure vers minuit.

B.H.

Ci-contre un conteneur et tout son équipement : bâches, bois, matériel de fixation, coffres à outils. Toiture arrachée et recouverte à l’aide de l’équipement de la Protection civile.

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