15 novembre 2002 - n°188 et 189

Sport

Les arbitres s’entraînent

Les arbitres s’entraînentDans le football amateur, bon nombre de joueurs, quel que soit leur niveau, s’entraînent régulièrement. Une ou deux fois par semaine, voire plus à certaines périodes, ceux-ci foulent la pelouse sous les ordres de leur entraîneur. Ils entretiennent leur condition physique, répètent des phases de jeu, analysent le match précédent, préparent le suivant. Ce ne sont toutefois pas les seuls acteurs du foot amateur qui s’entraînent.

Les arbitres aussi se retrouvent une fois pendant la semaine. Tous les mercredis soir, de 19 à 20 heures, ceux du Centre Ardenne se donnent rendez-vous à la salle Chenot-Fontaine à Neufchâteau. Un membre de la CPA est chaque fois présent et ils sont en moyenne une dizaine à suivre l’entraînement collectif. Cette séance hebdomadaire est ouverte à tous les arbitres quelle, que soit leur catégorie. Neufchâteau est un des trois centres d’entraînement de la province, les deux autres étant St-Léger pour le sud et Marche pour le nord.

La gestion de l’entraînement est confiée à Michel Paul, arbitre en 1re et 2e provinciales. Fort de l’expérience acquise au contact d’entraîneurs renommés tels Omer Denis, Richard Wirard et Joël Hausman, il accepte de prendre en charge la préparation physique de ses collègues.

Les arbitres s’entraînentChaque mercredi, il élabore ainsi un programme basé essentiellement sur l’endurance et les déplacements que les arbitres sont amenés à effectuer en match. Echauffement, exercices spécifiques, étirements constituent le menu type d’une séance. Celle-ci se termine chaque fois par un petit match de mini-foot d’une quinzaine de minutes.

Eviter de parler du match du dimanche est une règle d’or à respecter. Les règles du jeu, les discussions, les rouspétances et les éventuels incidents survenus le week-end ne figurent pas au programme. Les arbitres viennent à Neufchâteau pour entretenir leur condition physique. Certains peaufinent encore celle-ci par un entraînement individuel un autre jour de la semaine. Bel exemple de passion pour son sport !

Er. Meunier

A la rencontre des marathoniens

A la rencontre des marathoniensLe marathon, épreuve mythique de l’athlétisme, fascine. Il force l’admiration de monsieur Tout-le-monde. Il fait rêver le joggeur du dimanche matin. Certains en arrivent à réaliser leur rêve. Parcourir 42,195 km à pied. Nous avons parcouru cette distance, en voiture, d’Herbeumont à Offaing en passant par Mellier. Rencontre avec trois marathoniens : Gustave Renaud, l’expérience, Georges Renard, ses débuts, Benoît Hubermont, pour le fun.

Gustave Renaud comptabilise 44 marathons, soit 1857 km. Ceux-ci ne représentent toutefois que 23 % du total kilométrique parcouru en compétition par le médecin retraité d’Herbeumont. 8150 km au compteur sans tenir compte des distances effectuées à l’entraînement.

C’est à l’âge de 45 ans que l’aventure commence. Des images des 20 km de Paris diffusées à la télévision suscitent l’envie, le désir d’un jour participer à cette manifestation sportive. Le processus est enclenché et devient vite irréversible. Le diagnostic est là, implacable. Le docteur Renaud est frappé par le virus de la course à pied. Seul remède : s’entraîner, courir, courir, encore et encore…
La première année d’entraînement s’avère être un pseudo-échec. Une façon anarchique de s’entraîner sans précaution particulière engendre tendinites et autres ennuis musculaires et articulaires. La deuxième année permet de rectifier le tir. Achat de bonnes chaussures, entraînement progressif, séances mieux dosées permettent de vivre une année plus sereine. Gustave Renaud peut enfin réaliser son rêve. A 47 ans, il participe aux 20 km de Paris. Pendant deux, trois ans, il avale quelques semi-marathons. Mais déjà un nouveau défi germe : et pourquoi pas un marathon ? Participer à son premier marathon est un défi que l’on se lance à soi-même, ainsi qu’à son entourage.

A la rencontre des marathoniensCelui-ci est relevé en ’84. Gustave termine son premier marathon en 3 h 50. Et quand on lui demande comment boucler son premier marathon, il ne donne pas de recette miracle. " Avant de se lancer sur les 42 km, il convient d’avoir bien digéré quelques semi-marathons. Il faut tout d’abord être très motivé, être bien psychologiquement. Si les jambes doivent pouvoir suivre, il est également important que la tête soit forte pour oublier la fatigue et la douleur. La participation au marathon demande une préparation spécifique. Il faut beaucoup travailler l’endurance, avaler des kilomètres et des kilomètres. Il est parfois plus difficile d’encaisser les km à l’entraînement que de courir le marathon.

Quatorze ans plus tard, après avoir couru aux quatre coins du monde, le compteur s’arrête enfin. 44 participations laissent au médecin retraité un sentiment d’autosatisfaction d’avoir réalisé quelque chose que peu de personnes ont pu faire. Quand Gustave feuillette l’album photo de ses marathons, il devient intarissable. Morceaux choisis. " Toul. Le tout premier. Sur l’autoroute à l’occasion de l’ouverture de la section Toul-Dijon. Quelques centaines de participants, pas de spectateurs, arrivée dans l’anonymat sous une pluie battante. Sans doute les pires conditions pour une première expérience. New-York, mon meilleur souvenir, pour tout ce qu’il y a autour. L’ambiance, la très bonne organisation, le feu d’artifice, les sirènes des bateaux, des orchestres tout le long du parcours. La traversée des quartiers juif, chinois, noir : on a l’impression d’être à chaque fois dans une ville différente. L’ambiance de fête à l’arrivée. Honolulu. Départ dans la nuit à 5 h du matin. Conditions épouvantables, chaleur et humidité. Mon plus mauvais temps, 5 h, tout en terminant dans le premier tiers des concurrents. Rome ’89. Départ devant le Colisée. Mon meilleur temps : 3 h 25. Istanbul. Le seul marathon se déroulant sur deux continents. Mon souvenir le plus vivace : traversée du pont enjambant le Bosphore pour changer de continent.

Moscou, Héraklion, Malte, Séville, Neuf-Brisach, Echternach, Barcelone, les souvenirs se succèdent. Et puis enfin Reims en ’98. " Le dernier. Couru en 4 h16. Souffrance et douleur. Il est temps d’arrêter. " L’album aux souvenirs se referme. La page est tournée mais il reste toujours une lueur de rêve, une petite flamme qui entretient l’espoir d’encore en courir un. Qui sait ?

Er. Meunier

Georges Renard : témoignage

Le 20 octobre 2002, Georges Renard boucle son troisième marathon à Lausanne en 3 h 27. Il court seulement depuis trois ans. Témoignage d’un sportif qui s’est découvert sur le tard.

L’Info : Pourquoi en être venu au marathon ?

GR : La première question serait de savoir comment j’en suis venu au jogging. Travaillant dans un bureau, enfermé entre quatre murs, j’éprouve à 49 ans l’envie de bouger. Un collègue me prête un livre sur le jogging. Après lecture de celui-ci et suivant les conseils d’un copain, je me lance progressivement dans la course à pied. N’ayant jamais pratiqué aucun sport, je commence prudemment. Je cours d’abord 50 m, puis 200, puis 500, 1 km, 2 km… Fin août je participe à ma 1re course : la corrida de Toernich. De fil en aiguille, je prends part aux allures libres de Gaume.

L’Info : Et le marathon ?

GR : Une fois qu’on a goûté à la course à pied, on se lance des défis. Les allures libres créent des liens. On rencontre des gens qui vivent la même passion. C’est d’ailleurs lors d’une allure libre que je m’inscris pour le marathon de Berlin en compagnie de quelques autres.

L’Info : Comment se prépare-t-on pour une telle épreuve ?

GR : Ma préparation s’étale sur deux mois. L’important est d’effectuer de longues distances. Si je m’entraîne 5 fois semaine, il y a au moins une séance de 20 à 25 km. Avant Berlin, il m’est arrivé d’effectuer une sortie de quatre heures. De plus à l’époque je travaille à Libramont. Je pars à vélo, je reviens en courant ; le lendemain, l’inverse.

L’Info : Que ressens-tu au terme de ton 1er marathon ?

GR : Mon objectif est de terminer l’épreuve, en bonne condition. A l’arrivée, on ressent un grand plaisir, de l’émotion. On en a les larmes aux yeux.

Le Médoc pour le fun

Le Médoc pour le funBenoît Hubermont et quelques amis, férus des allures libres de Gaume, veulent connaître autre chose. En ’95 ils s’inscrivent au Marathon du Médoc, le marathon que deux tiers des participants courent déguisés. On participe au Médoc pour le fun, le folklore. Le chrono n’a pas d’importance, l’accent est plutôt mis sur la convivialité.

Le Médoc se déroule le 2e week-end de septembre à Pauillac en Gironde. Benoît et ses copains partent jeudi et logent chez l’habitant. Vendredi pasta party, samedi marathon, dimanche balade et buffet froid, tels pourraient être résumés les grands moments de la manifestation.

Nos marathoniens sont déguisés en moines et poussent tout au long du parcours une charrette avec deux bacs d’Orval. Ils offrent le précieux breuvage aux spectateurs massés le long du circuit, voire même aux autres concurrents. L’aspect festif est présent tout au long des 42 km. Présence de nombreux orchestres. Ravitaillement en eau, quartiers d’orange, mais aussi dégustation de vin, huîtres et autres victuailles. Traversée de certains châteaux dont le prestigieux Château Mouton Rotschild. Tapis rouge à l’arrivée.
Bien que le Médoc soit un marathon folklorique, il nécessite une préparation spécifique et exige des participants qu’ils disposent d’un niveau d’endurance suffisant. Pour la petite histoire, les moines ont terminé l’épreuve en 5 h 45.

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