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27 novembre 2003 - n°228 - 229 - 230
Le monde de Sonia
Il est des êtres que l’on rencontre et qui laissent derrière eux un halo de fantaisie et de talent. Sonia Marx fait partie de ces artistes discrets mais déterminés qui, loin des chemins balisés, creusent leurs sillons. Peinture, collage, sculpture, dessins… autant de facettes différentes qui se caractérisent souvent par le même regard décalé et ironique sur notre société et les êtres qui la peuplent. Durant ses études en section illustration à Saint-Luc à Liège, Sonia a pu aborder un vaste choix de techniques allant, entre autres, du dessin à la peinture en passant par la gravure. Elle termine cette formation avec l’impression d’avoir touché à tout sans avoir pu approfondir une démarche particulière. Mais son travail de fin d’études consacré à l’illustration de textes satiriques de Jacques Brel augure déjà de la qualité de ses futures réalisations. Ce travail révèle des jeux de couleurs flamboyants, un don pour croquer des expressions, des attitudes à travers un coup de pinceau très précis et une bonne humeur à la fois bienveillante et cruelle. Ce résultat porte en lui l’embryon d’une oeuvre actuelle résolument orientée vers la technique du collage. Ce choix résulte d’une fascination pour la beauté des couleurs des illustrations des magazines. Un matériau attirant, économique et à la portée de tous. à quoi bon fabriquer ses couleurs quand elles nous sont dispensées à profusion. Ce travail de patience et d’exigence est sans concession. Sonia a la volonté absolue d’explorer cette voie. Le papier déchiré, travaillé, agencé, donne, une fois traité et encadré, l’aspect d’un tableau peint. On trouve des œuvres uniquement composées de morceaux de papier et d’autres rehaussées de traits noirs surlignant les formes illustrées. Sans traiter de thèmes précis qui limiteraient l’imaginaire, ces collages représentent souvent des personnages hauts en couleur (gnomes multicolores, fous du roi, dames à l’embonpoint prononcé…) mis en situation dans des atmosphères et des époques précises qui nous font irrésistiblement penser à des connaissances proches ou plus lointaines.
Bref, les approches et les idées ne manquent pas, c’est plutôt le temps disponible qui se raréfie. Il faut dire que Léon et Fifine demandent également une disponibilité de plus en plus importante car l’actualité n’attend pas et les conditions de bouclage d’un hebdomadaire sont contraignantes. Nul doute que nous aurons encore l’occasion de reparler de cette artiste à l’univers singulier qui chaque jeudi nous rend visite dans notre boîte aux lettres. Et pourquoi pas imaginer une exposition de ces dessins d’actualité qui remportent de plus en plus de succès. Le pari est lancé ! P. Dabe
Portes ouvertes chez les artisans
Nous sommes allés sur cette terre d’artisans. Anne-Marie Vandenberghe, Jonathan et Cathy Zachary présentaient de la céramique et Danielle Thomas, de la peinture sur soie, du travail au pastel et des bijoux. Cette dernière a attiré notre attention : les bijoux qu’elle invente sont étonnants. Il existe des bijoux en or, en argent, en bronze, composés de perles… mais elle a choisi d’en créer en pâte thermodurcissable. “ J’ai lu une revue qui en parlait, par hasard, raconte-t-elle. J’ai acheté le matériel, des livres. Au départ, pas pour créer des bijoux, mais pour modeler, laisser vagabonder mon imagination. Dans cette pâte, hormis le plastique, on peut tout intégrer : du métal, des perles, de la pyrite, des morceaux de chaînettes en argent, de la nacre, des fragments de coquillages, des plumes, de la peau de chamois, des cailloux, des pièces de monnaies. C’est infini. Je me suis mise à créer des broches, des cadres photo, des sculptures. Dès que la pâte a la forme voulue, elle peut être cuite et ensuite vernie. ” La durée de vie de bijoux, qu’on ne soupçonne pas être en pâte à modeler, a l’air surprenante. Danielle a des bijoux qui ont quinze ans et ils sont toujours intacts. Cette pâte se cuit au four ménager à 130°C. “ Parfois je reste trois mois sans rien créer et tout d’un coup, à deux heures du matin, j’ai une idée ! ” Danielle exerce un autre art, celui de la peinture sur soie. Avant elle aimait beaucoup le pastel, mais lors d’une visite à Libr’Art, elle a eu le coup de foudre pour une réalisation en soie. Comme pour la pâte à modeler, elle s’est empressée d’aller acheter livres et matériel. Elle travaille selon la technique classique qui demande de tracer des contours, mais exécute aussi de l’aquarelle sur soie. Quand elle se lance dans une aquarelle, elle doit travailler sans interruption, tant pis pour le téléphone qui sonne ! La peinture se réalise sur soie sèche tandis que l’aquarelle s’exécute sur soie humide. Cela demande une maîtrise du dessin, un peu comme l’aquarelle sur papier. Le résultat est de toute beauté. L’aquarelle permet des couchers de soleil, des reflets dans l’eau (travaillés à l’alcool) aussi beaux que ceux qu’offre la Semois. |
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