27 novembre 2003 - n°228 - 229 - 230

Léglise

L’école des bons échanges

À Roubaix, en France, des personnes ont eu l’idée de se rencontrer de manière régulière pour discuter ensemble de consommation. Ces groupes solides ont été repérés par des politiques qui les ont structurés et encadrés. En Belgique, c’est l’inverse qui s’est passé ! Le ministre des Affaires sociales et de la Santé de la Région wallonne, Thierry Detienne, a lancé l’initiative et s’est adressé à des associations ou des structures administratives. Une école des consommateurs est née chez nous, à Léglise, et nous leur avons rendu une petite visite.

Les écoles des consommateurs suivent le calendrier scolaire !

L’école des bons échangesA Léglise, l’appel de projet était tombé pour l’année 2001-2002, mais n’avait pas été retenu. Par contre, l’année suivante l’équipe du CPAS, puisque c’est elle qui était concernée, a répondu favorablement. C’était une véritable aventure, créer un projet de ce type en Ardenne ! Au risque de passer pour téméraires, les dames du service se sont lancées. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les débuts furent difficiles et qu’elles ont dû s’accrocher à leur idée, persévérer.

“ Au départ, nous avions deux personnes, explique Françoise Groteclaes, assistante sociale, c’était décourageant, mais nous avons continué. Nous avions tenté de distribuer un imprimé, ensuite des invitations personnelles, mais cela n’était pas convaincant. Finalement c’est le bouche à oreille qui a fait tout le travail ! Les personnes qui sont venues aux groupes de discussion reviennent.”

En réalité, ce n’est pas vraiment une école. D’ailleurs, cela se passe le mercredi après-midi, de 14 à 16 heures. On peut venir avec son ou ses enfants, une gardienne se charge d’eux. Ils peignent, dessinent ou jouent. Les personnes qui participent aux animations abordent de nombreux sujets et peuvent en proposer pour les fois suivantes. En 2002-2003, ils ont notamment parlé des médicaments génériques.

“ On en parle dans les journaux, mais cela n’est peut-être pas accrocheur pour le public, enchaîne Bernadette Hoffman, présidente du CPAS. Le fait d’en parler est beaucoup plus convaincant et en général, une personne qui a bien compris partage l’information.”

Le message est vraiment bien passé puisqu’à la pharmacie, nombreux sont les clients qui ont posé des questions lorsqu’ils venaient y présenter une ordonnance. Une autre fois, le groupe a discuté d’économie d’énergie. Pour appuyer l’information, une personne d’Électrabel est venue faire une conférence, participer à un débat… et chacun est reparti avec une ampoule économique. À une autre réunion, il était question d’isolation, avec quelqu’un du Guichet à l’énergie, ou de cuisine.

“ Comment cuisiner à moindre prix était un thème, continue Françoise Groteclaes, et cela a eu son succès. C’est une régente ménagère, professeur de cuisine, qui a animé l’après-midi. Elle avait apporté de quoi préparer un repas économique mais délicieux. Nous avons tous cuisiné !”

Cette année scolaire a déjà commencé et il y a eu deux animations, une introduction (pour repréciser l’idée) et une séance “ alimentation ” (ce mercredi 26), mais on peut prendre le train en route. On vient vraiment quand on veut… ou on fait l’école buissonnière…

Le prochain rendez-vous aura lieu le 17 décembre avec pour thème le budget familial, de quoi prendre de vraies bonnes résolutions pour l’année civile qui débutera quelques jours après. En janvier, il est déjà programmé d’inviter une infirmière de l’ONE (à la demande des participants) pour faire le tour des économies qu’il est possible de réaliser au niveau de l’alimentation des enfants, tout en respectant l’équilibre. Il n’est pas improbable qu’au moment de la traditionnelle déclaration d’impôts, un contrôleur des contributions soit invité pour expliquer comment la remplir et répondre aux questions.

En toile de fond le but de cette école des consommateurs c’est, pour le ministre, de faire de la prévention. Il est attesté que tout le monde, quelle que soit la tranche d’âge ou la condition sociale, risque un jour de verser dans le surendettement. C’est le même ministre qui chapeaute la médiation de dettes. Le mieux c’est d’éviter de tomber dans le piège ; cela peut très bien s’apprendre. Mais en réalité, à l’école des consommateurs de Léglise… on ne s’occupe que de la récréation, enfin on s’y amuse tout en apprenant. C’est très convivial, c’est gratuit, tout le monde peut venir pour échanger ses petits trucs, parler et participer à un enrichissement mutuel.

Pour avoir le programme, vous pouvez contacter Françoise Groteclaes au 063 43 00 12. C’est le numéro du CPAS, le centre public d’aide sociale qui devrait prochainement se muer en centre public d’action sociale. Dans tout cela, deux mots sont à retenir : public, c’est vraiment pour tout le monde, et action, ça veut dire que ça bouge !

B.H.

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