27 novembre 2003 - n°228 - 229 - 230


Chlorophyliades : la finale

Chlorophyliades : la finaleAprès l’édition 1997, qui rassemblait 10 écoles et 750 candidats, celle de 2000, avec 18 écoles et 891 candidats, les Chlorophylliades ont véritablement le vent en poupe puisque ce sont 1062 élèves qui ont répondu au rendez-vous des éliminatoires, représentant 21 établissements scolaires.

Huit jeunes gens et jeunes filles étaient présents au centre culturel de Libramont ce vendredi 14 au soir pour ce concours organisé par les RNOB, sous les yeux d’une salle pleine à craquer, rehaussée de la présence du prince Laurent, et les objectifs de cinq caméras de TV Lux. Les concurrents venaient de partout dans la province de Luxembourg et appartenaient à des classes allant de la 1re à la 4e secondaire.

Chlorophyliades : la finaleDans un décor tout en verdure et sous un grand écran bleu comme la mer, Adrien, Olivier, Dominique, Aurélien, Nicolas, Mélodie, Élise et Pierre ont montré qu’à leur âge ils étaient déjà très instruits en matière de botanique, d’environnement et de noms d’animaux. Ils se sont défendus comme des braves, bien qu’ils aient tous été surpris par la seconde épreuve qui était “sonore”. La présentatrice Ève-Marie Vaes leur demandait de reconnaître des animaux grâce à des sons. Même dans la salle, on ne trouvait pas les réponses, ou si peu, quand il ne s’agissait pas de chants d’oiseaux. La lauréate expliquera plus tard que pour cette série de questions, elle avait parfois répondu au hasard, tant c’était difficile.

La rapidité, la faculté de reconstituer un puzzle, la mémoire… tous les atouts que peuvent avoir des élèves étaient mis à l’épreuve. Tous les domaines de la nature étaient aussi abordés : la faune aquatique, les larves d’insectes, les champignons, les arbres, les oiseaux, les mammifères, etc., de quoi montrer que notre province est riche. De quoi démontrer, comme le soulignait une maman, que la jeunesse est toujours capable de prouesses quand on la met dans un milieu favorable et que l’entourage est là pour l’éveiller aux sciences.

Cette soirée très verte marquera les mémoires. L’organisateur, notre rédacteur préposé au rayon nature, Thierry Gridlet, n’a plus qu’à songer à la quatrième édition que nous attendons tous avec beaucoup d’impatience !

B. Herry

Comme pour de vrai !

Un grand concours est adressé aux écoles. Elles avaient jusqu’au 31 octobre pour s’inscrire. Le thème de celui-ci est “Construis avec moi ! Plus tard, j’exercerai le plus beau métier du monde.” Ce concours, ou plutôt ce beau défi, est lancé cette année au niveau de la Région wallonne. Toutes les écoles ont été contactées et octobre n’était pas terminé que septante étaient déjà inscrites. Dans une liste de quarante métiers de la construction, des classes ont puisé un sujet qu’elles vont décortiquer, analyser et présenter.

Un grand concours est adressé aux écoles.Depuis sept ans, les groupes Perle, pour Professionnelles Et Responsables dans Leur Entreprise, sont attentifs à l’insertion harmonieuse des femmes dans le métier de la construction. Ces groupes, qui s’attachent aussi à la valorisation de l’image de marque du secteur de la construction et à la promotion de la “palette” des métiers qu’il représente, lancent le concours pour la seconde fois. Il s’adresse aux classes de 5e et 6e primaires de Wallonie, tous réseaux confondus, et poursuit un objectif précis : créer sur ordinateur une présentation multimédia d’une durée maximale de dix minutes, valorisant un des nombreux métiers proposés.

Les élèves vont donc apprendre a utiliser un programme, le vidéo iMovie de chez Apple, sur base d’une formation organisée par la firme dans chaque province de Wallonie. Ils apprendront le tournage, la prise de vue, le montage et les différentes options de sauvegarde du projet final. Les marraines du projet sont également à leur disposition pour les aider dans leurs démarches de recherche de documentation techniques sur la vie de chantier, les conditions de travail, etc. Chaque marraine assure la mise en contact de la classe avec des entreprises susceptibles d’accueillir les élèves.

Pour voir tout cela en pratique, nous sommes allés à la rencontre d’une classe de 5e primaire de l’institut Saint-Joseph de Libramont. Comme l’ensemble du travail passera par l’ordinateur, c’est le professeur d’informatique, Olivier Maissin, qui prend la charge de la classe. En réalité, il assure celle de quatre classes. Aujourd’hui, les enfants vont poser des voies de chemin de fer, des vraies !
Personne ne s’improvise poseur de voies ferrées. C’est un métier très spécifique.

Un grand concours est adressé aux écoles.Avant de s’aventurer sur un chantier, il est nécessaire de suivre une formation et surtout de connaître et d’assimiler à la lettre toutes les consignes de sécurité. On ne blague pas avec les trains ! Comme tous les ouvriers, les petits élèves ont suivi les explications, les consignes et les conseils de prudence. Cela s’est passé à l’entreprise Jérouville de Libramont, qui a dans ses compétences celle de travailler au chemin de fer.

Après la sécurité, c’était un briefing technique. Ils ont appris que les rails pouvaient peser soit 50 kg le mètre, soit 60 kg et que ce dernier mesurait 2 cm de plus, que les traverses sont soit en bois, soit en fer, soit en béton, que les voies sont remplies de crapauds (systèmes d’attache) ou que les factionnaires sont postés tous les kilomètres pour surveiller l’arrivée de trains et qu’ils jouent du klaxon lors d’un danger.

Toute la classe s’est ensuite dirigée vers le hall de travail, parce qu’aller sur un chantier réel est trop dangereux, et elle a écouté attentivement les directives pratiques. Ce n’était pas un tronçon de voies réelles, mais c’était malgré tout des sections constituées d’éléments identiques à ceux utilisés dans le métier de poseur de voies. Halil Caliskan, un ouvrier spécialisé, soudeur de surcroît, était là pour épauler le professeur ès voies ferrées et Natacha Jérouville, dame de la construction.

Olivier Maissin, le professeur prenait de nombreuses photos numériques. Ça en valait la peine. Chacun avait revêtu un “ jaune ”, une chasuble fluorescente munie de bandes réfléchissantes, un casque et des gants de travail. Plutôt que de simplement imiter les travailleurs, les élèves ont appris à raisonner “ chemin de fer ” : “Avant de placer un rail, que doit-on mettre entre la traverse et celui-ci (pour la traction électrique)? Un isolateur !” Un volontaire va chercher ce fameux isolateur… ce n’est pas le bon. On cherche.

La journée passera trop vite et demain, il faudra retourner à l’école. Mais ils garderont des images plein la tête et puis le travail n’est pas fini. Il faut se documenter, imaginer un scénario. Une autre classe va se pencher sur le travail de chef de chantier, une troisième sur la technique de pose de béton de voirie – les bordures en continu – et la quatrième sur le métier de poseur de conduites d’eau. Le projet doit être bouclé pour le 20 janvier. La demi-finale aura lieu le 20février au centre culturel. Quel challenge !

B. Herry

Escale au pays des grands crus

Escale au pays des grands crusDimanche 21 septembre, 5 heures du matin, les élèves de 5e et 6e technique de qualification hôtelière de l’Institut Centre Ardenne de la Communauté française de Libramont sont rassemblés devant la gare, prêts pour le départ vers une destination très enviée par tous les hôteliers : la région du Médoc.

La région du Médoc où vont vendanger les étudiants comporte de nombreuses appellations d’origine contrôlée (AOC) telles que Saint-Julien, Saint-Èstephe, Pauillac, Margaux, Moulis, Listrac, Médoc et Haut-Médoc. Elle compte aussi certains crus classés comme Cos d’Estournel, Château Margaux, Mouton Rothschild, Lafite Rothschild, Grand-Puy-Lacoste, . .

Lynch-Bages est le plus réputé des crus du plateau de Bages. Ce vin est stylé, puissant, épicé, balsamique et étonnamment moelleux. Il se vend au prix des deuxièmes crus depuis longtemps car il est très apprécié. La famille Cazes, propriétaire de plusieurs châteaux, dont le Château de Lynch-Bages, a souhaité rendre hommage à Michel Lynch, Irlandais, fixé à Bordeaux depuis le xviie siècle, ancien maire de Pauillac, en associant le nom de Lynch à son vin. Les autres Châteaux qu’il possède sont le Château les Ormes de Pez dans la commune de Saint-Èstephe, le Château Bel Air dans les Graves mais il est aussi acquéreur de Châteaux en Australie et en Argentine.

Le millésime 2003 sera sans doute exceptionnel en raison de la canicule. En effet, à la suite du grand ensoleillement et du manque de pluie, les raisins sont peu nombreux mais concentrés en arômes. Si à Pauillac, les vendanges se déroulent d’ordinaire début octobre, cette année, elles ont débuté la semaine du 8 septembre, par les cépages (variété de raisin) Merlot et petit Verdot, ensuite Cabernet franc et enfin Cabernet Sauvignon, cépage très répandu dans le Médoc et qui sera vendangé par les élèves.

La semaine en Médoc fut ponctuée de diverses activités pédagogiques, culturelles et aussi plus ludiques. Tout d’abord, mardi, visite de la maison des vins de Pauillac où de nombreux vins sont exposés. Puis, mercredi, visite de l’école hôtelière de Blanquefort.
Les élèves de Blanquefort ont accueilli leurs homologues de Libramont avec la découverte de l’infrastructure hôtelière de leur école suivie par la dégustation d’un repas régional accordé aux vins du Médoc.

Ensuite, jeudi, place au plaisir avec un plongeon dans l’Océan, sur la plage de Lacanau. Vendredi, pour terminer la semaine de vendanges en beauté, visite du Château Lynch-Bages et somptueuse dégustation. La visite du Château a débuté par différentes explications sur la vinification, les fûts de chêne, ensuite par la découverte du musée du Château: toiles sur le thème du vin, ancien matériel… Après vint la dégustation : Le blanc de Lynch-Bages, les Ormes de Pez, les Lynch-Bages 1997 et 2000. D’un avis général, c’était fabuleux. Enfin samedi, sur la route du retour, premier arrêt à Vertheuil pour visiter la tonnellerie Berger. Madame Berger y explique le montage des fûts : les planches, les cerceaux, les joncs pour l’étanchéité, …

Second arrêt : Bordeaux. Impossible de ne pas visiter “l’Intendant de l’Hôtel des Vins” qui nous dévoile sa spirale infernale des vins de Bordeaux, classés du moins cher en bas jusqu’au plus cher en haut de l’escalier. Quelle belle cave ! Et pour la route, un bon repas chaud aux “portes de Bordeaux” en face du stade bordelais.

Cette semaine de vendanges se termine avec un peu de nostalgie. Nos hôteliers viennent de vivre une passionnante aventure !

V. Pierrard

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