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27 novembre 2003 - n°228 - 229 - 230
Sœur Cécile et l’équateur Après des études à Neufchâteau, à l’institut Saint-Joseph, Sœur Cécile se tourne vers la vie religieuse et commence son noviciat. Depuis longtemps, elle porte en elle le souhait de partir en mission, sans avoir pour autant d’idée précise. C’est une sorte d’appel. Parfois elle parle du rôle des missionnaires avec sa maîtresse de novice, mais elle reste très discrète. Elle sait qu’on n’envoie pas de jeunes sœurs au bout du monde comme cela ! Souvent, elle se sent interpellée, surtout lorsqu’elle entend parler de Mère Térésa de Calcutta. “ Je voulais tellement suivre le même chemin, explique Sœur Cécile d’une voix très douce. Tout me poussait en ce sens. Maman aussi me disait parfois qu’elle aimerait beaucoup avoir une fille qui soit une petite sœur de la Charité. Pour cela elle se trompait, parce que je suis devenue sœur de la Providence. C’est là que le Seigneur m’a conduite. Le curé qui s’occupait de nous m’avait proposé d’aller visiter les prisons, en me disant que ce serait un bon rôle pour moi. Cela ne s’est pas fait. Un jour, on m’envoie à Paliseul comme maîtresse de maison avec trois autres sœurs. Nous faisions la cuisine dans une petite école. Ce fut mon premier apostolat. Plus tard, on m’a changée de poste et je suis revenue à Neufchâteau. J’y suis restée dix-sept ans. À un moment, j’ai ressenti très fort le désir de faire quelque chose pour les pauvres et j’ai commencé à visiter des personnes qui étaient dans le besoin, ici dans la région. L’appel était de plus en plus intense. Un beau jour, la maîtresse des novice me dit qu’elle voudrait que je l’aide. Moi ? ai-je répondu, mais je n’en suis pas capable. Aider de jeunes novices ? À l’époque, je me sentais incapable de tout. Mais par contre, ai-je osé lui dire, j’aimerais partir en mission. L’effet de cette parole fut terrible ! Elle ne s’attendait pas du tout à cela. Elle s’est reprise en me demandant si j’en avais fait la demande. Je dus répondre que non. Évidemment, rien ne pouvait se produire
si je n’écrivais pas une lettre au conseil général.
J’ai rassemblé mon courage et j’ai écrit cette lettre.
J’ai été reçue à l’unanimité.
Un courrier me disait que je partirais l’année suivante et que
je devais me préparer. Comment, personne ne me l’expliquait ! Alors,
j’ai attendu. J’ai attendu ainsi pendant dix ans ! Parallèlement, mais j’en ignorais tout, Sœur Paul avec qui j’avais vécu à Neufchâteau et qui était en mission en Équateur a fait une demande de cadeau pour le centenaire de la présence des sœurs belges en Équateur. Le cadeau qu’elle souhaitait n’était autre que moi. Le travail d’aide familiale m’a de plus en plus captivée et le jour où j’ai su que je partais pour l’autre côté de l’Atlantique, ce fut un grand déchirement. Tout d’un coup je me suis demandé si j’arriverais à quitter ma famille, mon pays. L’angoisse était tellement grande que j’ai demandé au Seigneur de me reprendre. Je préférais mourir. Le Seigneur n’a rien écouté du tout… et il m’a envoyée à Esmeraldas ! Quand je suis arrivée là-bas, dès que j’ai posé le pied sur ce continent, j’ai ressenti une grande paix. J’étais là où je devais être. J’étais comme un poisson dans l’eau ! J’ai appris l’espagnol assez rapidement et j’ai commencé à visiter des malades, des familles. J’allais beaucoup dans ces petites maisons en bois, ces cabanes… des sortes de bidonvilles. ” Propos recueillis par Béatrice Herry |
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