14 avril 2000  - n°141


Une mémorable soirée

libramontconcert3.jpg (7827 octets)Dire que Libramont a ouvert ses festivités du centenaire en grandes pompes serait contredire son bourgmestre qui aime a répéter : "Nous avons cent ans tout simplement".

Disons que la soirée d’ouverture fut très réussie et qu’elle laisse déjà le souvenir d’un véritable événement.

Préalablement à la soirée musicale, Charles Bossicart a donné le coup d’envoi des festivités lors d’une réception académique réunissant de nombreuses personnalités et autorités de la région.

Lors de son discours, il a tout d’abord souligné la qualité du programme des manifestations organisées à travers la commune.

Il a ensuite évoqué l’histoire de Libramont, son développement grâce à l’arrivée du train qui depuis n’a cessé de conforter sa position de pôle de développement et de carrefour du monde rural.

C’est ensuite le président du centre culturel, Christophe Mouzon, qui a pris la parole pour commenter un programme de sept mois de manifestations. Il s’est réjoui de voir qu’il est encore possible de mobiliser les citoyens, les associations et les institutions autour d’un seul projet.

Les Libramontois ont été vivement invités à prolonger le plaisir de se retrouver lors de ces nombreuses manifestations. Des habitants qui d’ailleurs bénéficient d’une réduction de 50% sur le montant des entrées perçues lors des spectacles payants.

Débutant le programme des manifestations du centenaire avec la Journée d’archéologie sur les âges des métaux, colloque d’envergure internationale initié par le CRAA-Musée des Celtes de Libramont, le concert "Carmina Burana" donnera le ton, déjà celui d’une belle réussite.

C’est le président de l’Harmonie du Ban de Chevigny, Nestor Talbot qui accueillera un public de mille personnes. Comme il est de coutume, il remercia les sponsors qui ont permis l’organisation de cette soirée, dont la commune de Libramont et son bourgmestre qui fut longuement applaudi par le public pour ses quarante-deux années passées au service de celle-ci.

Nestor Talbot laissa ensuite la place à Sébastien Guiot, à ses choristes et ses musiciens de Frameries et du Ban de Chevigny.

L’ensemble a interprété des "carmina Burana" qui s’inspirent d’un recueil contenant des poèmes et chants médiévaux découverts en 1803 à la bibliothèque de l’abbaye bénédictine de Beuren, près de Munich. Carl Orff s’en est inspiré pour écrire sa cantate interprétée magnifiquement par cet ensemble inédit.

A la fin du concert, le public a longuement applaudi les choristes et les musiciens pour la qualité de la prestation et le gros travail préparatif qu’ils ont accompli.

 

La fête du chocolat

Avec le chocolat, les figures traditionnelles de la fête de Pâques prennent véritablement corps : cloches venues de Rome remplies d’œufs, lapins aux nœuds colorés, poules, coqs miniatures... Tous ont déjà envahi les étalages des boulangeries et font envier les gourmands petits et grands.

Pour les voir naître, nous avons poussé la porte de l’atelier de Joachim Laloi, artisan chocolatier installé à Libramont.

La fabrication des "creux" a débuté avec le mois d’avril et les premiers motifs sont apparus tout de suite en magasin.

Pour Joachim, il y a du travail jusqu’au jour de Pâques. D’ici là, il verra défiler des milliers d’œufs, des centaines de poules, de lapins et autres cloches de toutes tailles.

"C’est le chocolat noir qui remporte le plus de succès, surtout auprès des clients grand-ducaux, nous confie le jeune chocolatier de Libamont. Ici, les gens préfèrent le chocolat au lait et le chocolat blanc." Un chocolat blanc qui en réalité n’en est pas un puisqu’il ne contient pas de cacao. On devrait l’appeler "masse blanche" tout simplement. En réalité, il s’agit d’une pâte contenant près de 50% de sucre. Les autres ingrédients sont principalement de la poudre de lait et de la lécithine de soja pour lier la pâte.

Joachim, lui, n’aime pas trop parler du chocolat blanc qu’il considère comme un intrus. Il préfère s’attarder sur le chocolat noir qui pour lui est de loin le meilleur, le fin des fins. D’ailleurs, il nous fait goûter l’une de ses dernières pralines, une petite cloche que l’on mange déjà des yeux rien que pour la beauté et la brillance de son chocolat noir.

Pour travailler le chocolat, il faut le faire fondre entre 45 et 50°C.

Pour lui donner certaines qualités comme une belle brillance et du croquant, le chocolat est ensuite refroidi jusqu’à 27/28°C. On le réchauffera à nouveau pour le travailler à 32/33°C.

Pour réaliser des sujets creux, il faut procéder au moulage. La forme choisie est remplie de chocolat et est aussi vidée. Le chocolat qui est très sensible au changement de température refroidira et durcira au contact de la paroi du moule. L’opération pourra être recommencée autant de fois qu’il faudra pour atteindre l’épaisseur souhaitée.

Lorsque le chocolat aura bien durci, on pourra démouler la pièce. Cette opération est aisée quand le chocolat est travaillé à la bonne température.

Une fois démoulé, le creux pourra être rempli et garni de pralines ou d’œufs.

Évidemment, décrites en quelques lignes, ces opérations peuvent paraître faciles. Mais il n’en est rien. Faire du chocolat est un art, il faut bien connaître ses matériaux et posséder une certaine habileté pour ne pas mettre du chocolat partout !

Chantal Van Gelderen parle très bien du plaisir de manger du chocolat dans son dernier livre "Trésors gourmands de Wallonie" paru aux éditons "La Renaissance du livre".

"N’en déplaise à une certaine frange de la diététique rigoriste et rabat-joie, il n’y a rien de plus doux, de plus suave, de plus léger, de plus craquant... que le chocolat. A condition toutefois de ne pas en abuser, c’est comme les bons vins ! En plus de ses qualités nutritives et énergétiques apportées par le sucre, le beurre de cacao — irremplaçable ! —, le magnésium, le fer et le calcium, le chocolat donne volontiers un petit coup de fouet en cas de fatigue, car il contient de la théobromine et un peu de caféine.

Aliment liquide ou solide, fruit défendu, objet de passion et source de plaisir, voilà quatre siècles que l’or noir des trésors gourmands inspire fort à propos fabricants et artisans. Quant à la multitude des variétés de goûts et de saveurs, elle reflète à merveille la capacité d’innover, le caractère unique de chaque marque, le professionnalisme de chaque savoir-faire."

Le chocolat est un produit qui se mange principalement durant les fêtes à Pâques et en fin d’année.

D’ici deux semaines Joachim pourra ranger tous ses moules d’œufs et de motifs divers, après avoir procédé à un fastidieux nettoyage des moules. En effet, c'est une vaisselle difficile à faire puisque le chocolat n’aime pas l’eau ! Attention aux éviers bouchés...

Pour le moment, Joachim n’en est pas encore là, il reste encore beaucoup de motifs à fabriquer, des heures de travail et des nuits sans dormir...

Joachim Laloi
Artisan chocolatier installé à Libamont
Tél. (061) 22 24 58

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