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14 avril 2000 - n°141
Aux enfants quétonne le silence des cloches de léglise les derniers jours de la semaine sainte, les parents expliquent quelles sont parties à Rome. Dès lors, le jour de Pâques, jour dallégresse, jour de fête, les cloches rentrent dans leur clocher et sonnent à toute volée pour exprimer la joie du retour, la joie de Pâques. Mais ces cloches sont remplies dufs cuits dur colorés et dufs en chocolat quelles doivent distribuer aux enfants de leurs paroisses. Alors, elles se secouent doucement et les ufs multicolores, comme une giboulée davril, tombent par-ci par-là, dans les champs et les courtils. Là, les enfants joyeux ont creusé, avec soin et conviction, des nids-de-poules au fond desquels ils ont placé de la blonde paille ou une épaisse couche de papier qui épouse bien la forme du creux. Mais les adultes, les parents, savent bien que si les cloches se taisent, cest par tristesse, car cest pour chacun le rappel du sacrifice et de la mort du Christ. Ainsi, ces jours de deuil religieux, pour appeler les paroissiens aux offices, les enfants de chur font résonner leurs crécelles, passant par petits groupes dans les rues du village, criant plus que chantant, mais répétant sans cesse: Au premier coup, préparez-vous! Arrivés au terme du trajet qui leur est désigné, ils font demi-tour et reprennent le chemin de léglise en répétant: Au dernier coup, sortez dchez vous! Et lorsque les enfants de chur arrivent à la sacristie, loffice peut commencer, les paroissiens sont à leur place. Le samedi saint, toute la journée, les enfants de chur font le tour de la paroisse, passant de maison en maison, pour récolter des ufs, des bonbons, des sous Ainsi se font-ils "payer" les services du chur rendus à la communauté paroissiale pour les offices de chaque dimanche, de chaque jour de la semaine, sans oublier les enterrements, les mariages, les baptêmes, les processions et les trois derniers jours de la semaine sainte. La tournée commence le matin par Assenois et Bernimont. A chaque maison, le groupe des enfants chante sans bien comprendre le sens des mots: Carême est mort, Dieu le confort, Dieu le bénit, charme la vie, des ufs pour Pâques, Alléluia Et ainsi, la porte souvre, et une main, qui se veut généreuse, dépose quelques menus dons dans le grand panier en osier que portent deux enfants. Puis le groupe séloigne en lançant un grand "merci". Mais gare à la maison qui reste close! Les enfants de chur se transforment en petits diables pour jouer un vilain tour aux paroissiens "oublieux"! Vers midi, la caravane bien sympathique arrive sur le chemin Habaru. Là, en bordure du talus, le feu est allumé et les enfants cassent la croûte. Mais un feu dherbe nest jamais quun feu de paille et jai oublié si les ufs frais, déposés sur la braise, étaient cuits dur ou baveux! Ce nétait sans doute pas fameux! Laprès-midi commence par Habaru. Le village de Habaru nétait pas renommé pour les bonnes récoltes dufs de Pâques. Après le porte-à-porte, sortant du village, sur le haut de la côte qui domine les maisons serrées autour de la fontaine, les collecteurs déposent leur butin sur le bord de la route caillouteuse. Ils insultent alors copieusement les habitants du bourg en criant: Haboru, les gros culs! Haboru, les gr ! Les enfants de Habaru prennent, bien entendu, la défense de leur village outragé. Et la collecte se poursuit en dispute, et parfois quelques coups sont échangés. Puis, sans vainqueurs ni vaincus, le groupe poursuit sa route. Chevaudos prend peu de temps. Ce qui nempêche pas lun ou lautre de crier: Tchfaudos, les gros dos! Tchfaudos, les tchfaux dbos! Notre groupe continue en direction dAssenois, longe le château, et sarrête à lécole des filles. Là, surs Alexia et Léona distribuent religieusement à chacun, et en y accordant une grande importance, une image de la Sainte Famille entourée dun liseré dor: Vous la mettrez dans votre Hosanna ou dans votre missel! La journée sachève par le partage équitable du "butin" sur le seuil du presbytère, sous lil attentif et sévère de mademoiselle Jeanne, la gouvernante de labbé François. Enfin, fourbus mais satisfaits et heureux, les enfants de chur retournent chez eux, les poches pleines de bonbons, de caramels mélangés à des pièces de monnaie trouées; dans les mains, quelques ufs multicolores. Daniel Trinteler Extrait de la revue du "Musée en Piconrue" de Bastogne, n°57, 1re trim.
2000. Lu wallon a Môssu
Une bonne soixantaine denfants étaient venus de toute la province avec leurs instituteurs ou leurs parents pour faire résonner les accents de leur terroir respectif. Cette année, cest Emile Guiot, instituteur à la retraite, qui présidait le jury. Dans son mot daccueil, il salua la mémoire de trois anciens membres du jury, ardents défenseurs de la langue régionale : Jean Morand, Charles Bentz et José Gilson. Il rappela que ce trio chaque fois présent ne semployait pas à juger les candidats, mais à les encourager.
Avant de procéder à laudition des candidats, labbé Mouzon prit la parole quelques minutes au sujet de Massul... Il rappela que trois personnalités du monde dialectal avaient une attache avec ce petit village coincé entre deux autoroutes. Labbé Mouzon évoqua dabord labbé Léon Hector qui fut curé de Massul pendant plus de quarante ans. Premier historien de la région de Neufchâteau et du Ban de Chevigny, "cétait aussi un fin connaisseur de notre dialecte, rappelle labbé, na-t-il pas couronné chacun de ses ouvrages historiques par un chapitre de toponymie".
Enfin, labbé Mouson remémora le travail réalisé par Jean-Baptiste Dasnoy, qui publia en 1856 un dictionnaire wallon-français. "Oui, un dictionnaire, sexclame labbé, mais dans le but avoué dapprendre aux petits Ardennais de son époque à parler un français plus correct. Quimporte ! Ce faisant, il a sauvé trois mille mots du wallon de Massul. Le plus extraordinaire... Dans un congrés de philologie qui sest tenu à Barcelone en Espagne, il y a peu de temps, un professeur de lUniversité de Liège, a évoqué le dictionnaire de notre Dasnoy !" Enfin, pour terminer, labbé Mouzon souhaita que ce tournoi du 25 mars 2000 soit un hommage à ces trois personnages "mô sukès". RÉSULTATS DU CONCOURS (relevé des participants locaux)
Ecole com. de Bras, élèves de 5e et 6e prim. Mention Très Bien Hélène Bozet de lécole com. de Flohimont Prix du groupe le plus original à : lécole communale de Bras |
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