14 juillet 2000 - n°145

175 ans des Pompiers

1976 : la situation est grave

Au cours des différentes époques, les hommes furent confrontés à tout type de catastrophes. Une année est à marquer d’une croix et plus particulièrement les mois de juillet, août et septembre 1976.

Une sécheresse prive plusieurs communes de la province de Luxembourg d’eau potable. Tout commence au début du mois de juillet avec des incendies qui se déclarent tous les jours. Le plus important est sans conteste l’incendie du 5 juillet où environ vingt-cinq hectares sont détruits. Mais revenons plus en détail sur cet incendie spectaculaire.

Il éclate sur le territoire de la commune de Grapfontaine, entre la ferme de Montplain-champs et le " bois d’Ospot " à Neufchâteau, dans un massif forestier situé à droite de la RN 25 Florenville-Neufchâteau, non loin du lac.

D’après les premières constatations, il apparaît que l’incendie serait dû à l’imprudence d’un touriste négligent. Cette surface boisée appartient à M. Capelle.

Les pompiers sont déjà intervenus le 4 juillet pour éteindre un foyer d’une vingtaine d’ares. Tout semblait terminé le 5 au matin. Les pompiers ont eu à peine le temps de souffler avant d’être demandés pour une autre intervention. Ils ont construit une ligne de plus d’un kilomètre, mais très vite dépassés par les événements, ils font appel à des renforts importants. C'est ainsi que l’on voit débarquer les pompiers de Marche-en-Famenne, Bertrix, Paliseul, Bouillon. Ces services d’incendie sont équipés d’un matériel performant pour la lutte des incendies de forêt. Le service chestrolais ne possède pas ce genre de matériel. On en vient même à réquisitionner un détachement de la première compagnie d’infanterie. En plus de cet incendie, d’autres éclatent à Recogne et à Léglise. Cet incendie spectaculaire va durer plus de trente heures.

La situation est très difficile. Des incendies éclatent tous les jours sur le secteur, mais le problèmes le plus préoccupant est de trouver de l’eau pour les éteindre.

La situation est très grave à Neufchâteau

A Neufchâteau la situation paraît la plus grave. Il n’y a plus d’eau. L’armée et la protection civile ont installé des citernes de 1000, 2500 et 3000 litres aux quatre coins de la localité. Les habitants viennent y remplir des seaux, bidons, bouteilles et autres récipients. D’autres font la queue aux sources de maigre débit, situées au bois d’Ospôt . Il faut vingt minutes pour remplir un bidon de cinq litres.

Les pompiers ravitaillent régulièrement les cultivateurs et les entrepreneurs. Après 17 heures, ils conduisent de l’eau dans les pâtures, pour le bétail. A cet effet, des pompes sont installées à l’abattoir et aux anciennes ardoisières.

Les habitants peuvent aussi se ravitailler aux puits de M. Renoy avenue de la Gare et à la laiterie Deblon.

Le 30 août, la moitié du lac est à sec et l’autre partie est profonde de trente centimètres. Le réseau de distribution d’eau n’est ouvert que trois heures tous les deux jours.

Un rapport adressé aux différents bourgmestres donne une idée des interventions réalisées par le service d’incendie de Neufchâteau. Le voici :

31 feux de décharges
13 feux de broussailles
14 feux de sapinières
12 feux de forêts
4 feux de talus et voies de chemin de fer
3 feux de récoltes sur champs
228 ravitaillements d’eau

Dés le 1er août, les cultivateurs ont été ravitaillés par le service à raison de plus ou moins 20 m3 par jour, dans les communes de Longlier, Hamipré, Grapfontaine et Neufchâteau selon la demande qui était faite chaque jour.

A partir du 26 août, ce ravitaillement a été assuré soit par l’armée soit par la protection civile. Vers le 1er septembre, les cultivateurs pouvaient se ravitailler par leurs propres moyens à proximité de l’abattoir de Neufchâteau, où les pompiers avaient aménagé un barrage.

Quatorze cuves ont été placées aux points névralgiques de la ville, ravitaillées chaque jour par le service d’incendie, la protection civile ou l’armée, environ 20 m3 par jour.

La création de divers barrages et le montage d’une ligne de deux kilomètres vers la station de pompage ont permis d’approvisionner cette dernière pour alimenter le château d’eau avec environ 100 m3 par jour du 1er août au 20 septembre.

Du 20 août au 16 octobre inclus, des transporteurs civils assuraient, à raison de 126 m3/jour l’approvisionnement du château d’eau.

J.-M. Panier

Retour au sommaire



Publicityweb Référencement & E-marketing


Retour page d'accueil