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14 décembre 2001 - n°171
Pas de doute un sentiment de fêtes de fin d'année envahit les villes et les villages. Tout le monde s'active pour dénicher le cadeau qui comblera, la décoration qui étonnera, le repas qui surprendra Noël et Nouvel An se conjuguent avec joie, bonheur, sorties, folies aussi et pour certains avec boulot ! Aux réveillons, les trains ne s'arrêteront pas de rouler. En gare de Longlier, réveillon ou pas, on travaille presque comme d'habitude ou en tout cas comme un week-end. Jusqu'à dix heures du soir, les voyageurs viennent chercher leur billet aux guichets. Environ quarante trains de marchandises passeront durant la nuit du 24 au 25 décembre et presque autant pendant celle du 31 au 1er janvier. Des trains qui empruntent la ligne 162 : Namur-Luxembourg. Un train international quittera Bruxelles-midi, franchira la gare locale à une heure du matin, pour se diriger vers Milan et un autre fera chemin inverse plus tard, pour repasser en gare à quatre heures.
Une autre sonnerie électrique cette fois. Un voyageur se présente au guichet. "Neuchâteau-Marloie", Yves Stiernon tape sur le clavier de l'ordinateur "Aller et retour ? Quatre cent trente francs. Je vous laisse parce que " Au son du téléphone -une véritable antiquité !- le sous-chef de gare court jusqu'au bâti pour actionner ses mannettes. Téléphone un train de marchandises. Les lampes. Les vibrations. Le sol tremble du tonnerre Maintenant c'est Jean de Libramont : " n° 70 21-37 46 08 58 65 15 ". Les mannettes, les lampes. Voilà, toute la nuit du réveillon, ça se passe ainsi. Le guichet en moins de vingt-deux heures à six heures du matin, explique-t-il. On est tout seul dans le noir. Les avaries ne connaissent pas les jours fériés ! Il se peut qu'une commande de signal ne fonctionne pas. Le train arrive à un feu qui ne lui permet pas le passage Le convoi est en détresse. Le conducteur immobilise sa locomotive et descend. A chaque signal, tous les deux kilomètres, il y a un téléphone raccordé directement avec la gare. De là, il peut appeler pour indiquer sa présence pour qu'on ne l'oublie pas ! Ce n'est pas tout il y a les ruptures de caténaires à cause de l'usure ou du gel. Parfois, un aiguillage se bloque avec un paquet de neige ou le tableau ne répond pas quand on bascule la mannette d'aiguillage. Alors, on ne sait pas s'il est actionné ou pas. En cas de pépin, le chef de gare contacte le dispatching de Namur qui lui appelle le conducteur du train ou le contraire. Quand un train passe, outre les manuvres, le chef de gare doit jeter un il sur les roues pour regarder s'il n'y a pas un patin de frein bloqué et vérifier que le disque de queue est bien allumé. S'il n'y a pas de rond rouge à la fin du convoi c'est qu'il manque des wagons ! "Autrement, c'est tranquille. Entre un train de containers, un autre d'automobiles, il y a parfois un train de dynamite ou de papier, hautement gardé, pour fabriquer des billets. Sinon, on se prépare une petite tasse de café, soupire Yves. On se dit : tout le monde s'amuse et moi je suis là ! C'est un peu triste quand même..." Les nuits de réveillon à la Protection civile Une équipe de treize hommes monte la garde et est prête à partir en intervention, sur appel du 100, dans tout le territoire de la province de Luxembourg, sur le sud de la province de Namur et parfois en renfort sur Liège. Quasiment comme un jour normal. La prise de garde est à huit heures. Au changement d'équipes, on se passe les informations sur les tâches en cours : les missions à terminer, les véhicules à compléter, à réparer, ce qui doit être exécuté en caserne.
Bref, au réveillon, il y a faire ! B. H.
Quelle affaire, ces sapins ! Habillé de lumière, paré de boules dorées ou sous un voile le roi de la forêt se mue en roi de la fête, le temps de Noël. A sa tête, une étoile ou une flèche. A son pied, des cadeaux et une crèche. Chargé du symbole de l'immortalité, le sapin a sa place dans l'atmosphère des soirées de décembre. Avant de décorer et de parfumer nos intérieurs, nos rues, il a grandi en forêt au cur de notre Ardenne.
Cette étape passée, les sapins entrent
dans une seconde catégorie. Celle des individus allant de quatre à
sept ou huit mètres. Les arbres représentent un capital de plus
en plus important ! A l'aide d'un sécateur au bout d'un manche, on effectue
une taille de correction pour éviter les fourches aux cimes ou les problèmes
d'asymétrie; après ils seront trop gros pour être taillés.
On coupe également les branches inférieures, qui sont de toute
manière condamnées. Ceci permet d'orienter le passage de la sève
vers les branches supérieures et aussi de protéger l'arbre d'ennemis
petits, mais terribles : les champignons, qui se développent en milieu
chaud et humide. Pour les éviter, rien de tel qu'un bon courant d'air
! Plus on s'approche des huit mètres de haut, plus l'abattage et la préparation
au transport sont délicats, mais c'est toujours possible avec du matériel
classique. La grande aventure commence au-delà. Si un client, comme une
commune, un bâtiment public souhaite avoir un sapin de dix, douze ou quinze
mètres de haut, on passe dans la troisième catégorie, et
la vente prend une autre dimension. Tout d'abord, cet arbre doit être
déniché ! L'outil de travail principal devient le téléphone
pour contacter des gardes forestiers, des particuliers, des propriétaires
de bois. Le problème de l'accessibilité se pose ensuite. Pas question
de labourer la pelouse d'un jardin anglais ou de tirer un bel arbre sur des
centaines de mètres au bout d'un câble en pleine forêt. Si
les conditions sont réunies
il est impératif de trouver
les hommes adroits pour l'abattage. Passé les huit mètres, il
n'est pas permis de tronçonner et de laisser tomber le sapin. Il doit
être retenu par une grue et pour le transport les branches ne peuvent
rester ouvertes. Avec de la corde, elles sont rassemblées vers le tronc.
L'arbre peut prendre la route pour la place qui l'accueillera. Sur les lieux,
un nouveau travail de grue est nécessaire pour le mettre debout et le
planter solidement. Installées dans la nacelle d'un camion élévateur,
des personnes peuvent décorer le sapin
qui est probablement un
épicéa ! Mais bon, on lui pardonne
Noël c'est un sapin, une fête familiale mais c'est avant tout une célébration chrétienne qui a le don de rassembler les fidèles : la Messe de minuit ! Mais qui a eu l'idée de la mettre le 25 décembre à zéro heure ? Et pourquoi installe-t-on des crèches à l'église, dans les maisons ?
C'est une vieille, vieille histoire. Il y a très longtemps, les hommes ne s'en souviennent pas parce qu'ils n'existaient pas encore, la lumière est apparue parce que Dieu en avait décidé ainsi. Depuis, le soleil éclaire notre terre chaque jour. Dans l'hémisphère
Nord, les gens en vivant au rythme des saisons et du temps d'ensoleillement
ont remarqué que le nombre d'heures claires diminuait en allant vers
décembre, mais aussi qu'il recommençait à augmenter vers
le 21, au solstice d'hiver. Le 25 décembre, c'était certain le
soleil était vainqueur
et reprenait du terrain.
Les autres messages que la naissance
du Christ véhicule comme la générosité, la famille
réunie, la paix, l'unité, l'alliance Vers 1550, l'usage de la crèche - petite construction contenant le nouveau-né, Marie, Joseph, l'âne et le buf - dans les église est attesté. Il fut même encouragé par des ordres religieux et notamment par les jésuites. La grande leçon de sensibilisation à la pauvreté s'est effilochée. Avec les années, l'influence artistique et les mouvements commerciaux aidant, les personnages se sont multipliés et ont bien souvent perdu leur sens premier. Malgré ses charmes, la crèche provençale constituée de milliers de personnages et accessoires, de grands décors, de mouvements d'horlogerie, n'a plus rien de rudimentaire. Et puis, ne parlons pas de l'image de la crèche utilisée pour la publicité ! Dans la région nous n'avons pas à rougir, par leur sobriété, les crèches de quartiers, de villages gardent leur vocation initiale ! Noël c'est aussi le père Noël ! Il se promène dans les rues pour saluer les enfants et il apporte des cadeaux dans les chaussures ou sous le sapin. Il y en a même qui disent qu'il passe par la cheminée Après avoir visité les maisons de nos contrées, il s'enfonce vers l'Est, loin dans la neige et il arrive dans la nuit du trente et un décembre au premier janvier au Kirghizstan en Asie centrale. Témoignage avec Julia Gorbunova. Noël l'autre bout du monde... Du haut de ses huit ans, Julia nous raconte que là-bas c'est pas comme ici. Le dernier jour du mois de décembre est extraordinaire. Tout le monde fait une grande, grande fête. Une semaine à l'avance déjà, on pense à tout ce qu'il faut pour préparer le repas et on cherche des cadeaux pour tout le monde et aussi, devant les blocs d'appartements on vide de l'eau avec un tuyau d'arrosage sur le sol gelé.
On va en ville pour acheter des cadeaux... petits mais comme ça, on en a pour tous les gens qu'on connaît. Pour la famille, les amis, les voisins. Les cadeaux pour les enfants on ne les voit pas c'est le père Noël qui les apporte. Quand il y a de la neige, on prend la luge. On se promène et on rapporte des choses incroyables, qu'on se permet uniquement pour la fin de l'année. Quand on revient, on vide de l'eau sur le sol gelé. Le jour du trente et un décembre, on commence la fête. On met de la musique, on mange, les parents boivent de l'alcool Il y a du bruit partout tout le monde s'amuse. A un moment, les gens s'asseyent devant la télévision. Ce qui est drôle, c'est que chaque année, on regarde le même film. Depuis dix ans, c'est le même ! C'est l'histoire d'un monsieur qui habite Saint-Pétersbourg et qui fait la fête avec ses copains. Mais il boit trop et il ne sait plus ce qu'il fait. Alors ses copains le reconduisent chez lui. Pendant qu'il dort, ses copains lui font une blague. Ils le mettent dans un avion et le déposent à Moscou. Ils l'abandonnent en rue. Quand il revient à lui, il prend un taxi et donne son adresse. Le chauffeur le débarque devant une maison et, comme il peut, il grimpe dans ce qu'il croit être son appartement. Il entre et ses copains ont mis les mêmes meubles que chez lui. Il s'effondre dans un fauteuil et s'endort. Un peu après, une dame entre mais elle est chez elle ! Ils se disputent et à la fin, ils se marient ! Tous les ans tout le monde regarde ce film. A minuit, on éclaire toutes
les lampes. Les fenêtres d'appartements s'ouvrent et chacun lance des
fusées, des pétards
il fait clair comme en plein jour !
Alors
on se souhaite bonne année, on va chez les voisins et on
offre des bouquets de mimosa, des roses. B. Herry |