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14 décembre 2001 - n°171
La litanie des préparatifs... Noël a le pouvoir de rassembler les familles, dans la joie, autour d'une bonne table, malgré le rythme de notre vie accéléré sans cesse. Les heures passées au bureau ne le sont plus au fourneau ou chez une voisine pour façonner un chignon. Qu'importe, un coup de fil chez le traiteur, vingt minutes chez la coiffeuse. Le tour est joué. Pour la messe de minuit là, pas de service rapide ! Ils mijotent et gratinent pour vous...
Le jour J les patrons et les cuistots sont sur le pont pour que tout soit prêt La journée commence à sept heures du matin. L'équipe turbinera non stop jusqu'à sept heures du soir. Les premiers plats prêts, Joël Martin commencera les livraisons. Attention interdit d'oublier un gratin dauphinois ou de déposer du gibier là où on attend un plat de poissons ! Certaines personnes viennent chercher elles-mêmes les préparations au restaurant. Côté nouveautés, de nouveaux plats bien sûr, mais aussi une sensibilisation aux déchets. Linda et Joël Martin ont remarqué qu'au rythme de cinq plats par personne en moyenne, la quantité de matériel acheté uniquement pour le transport était énorme et en plus tout file à la poubelle. Pour pallier ce problème, ils proposent aux clients d'apporter leur grande casserole pour la soupe et leurs assiettes à garnir. Le repas de Noël se termine par la traditionnnelle
bûche
. Au départ, la bûche n'avait rien de comestible
puisqu'il s'agissait d'un morceau de bois. La tradition remonte avant l'ère
chrétienne
et tout se passait dans l'âtre d'une cheminée.
On choisissait une belle bûche qui devait durer toute la fête et
ne pas brûler jusqu'au bout ! On conservait le morceau subsistant pour
allumer la bûche de l'année suivante, dans un esprit de continuité
du temps et une symbolique de perpétuation de la lumière. Le bois
de cur s'est transformé en gâteau Savoie, l'aubier en croûte
dorée et l'écorce en crème au beurre
qui s'en plaindrait
? Manger est un plaisir, mais cuisiner aussi. Là où Linda et Joël sont les plus heureux, c'est quand ils servent à domicile des personnes âgées seules, en phase difficile. Offrir un repas dans lequel ils ont mis tout leur cur à quelqu'un qui n'a plus que cette joie les comble.
Cette année, le père Noël sera bleu ! L'une après l'autre, les boules et les guirlandes sortent des cartons. Les petits personnages de la crèche aussi Six boules rouges, six boules jaunes, cinq vertes parce que la sixième est cassée. Un petit père Noël rouge. Oh la la mais ce n'est plus à la mode tout ça ! Les sapins ne sont pas des mannequins, pas encore de défilé pour indiquer les tendances dans le monde de la haute parure. Mais quand même des vitrines pour savoir comment les habiller cet hiver. Il sera léger avec des boules argentées, des anges en fil aux ailes de nacre, des rubans transparents, d'aériennes plumes blanches et un soupçon de neige. Il sera fort avec une cascade de grosses boules bleu roi, une dizaine de têtes de pères Noël, des guirlandes en perles, des pendeloques argentées et de nombreuses lanternes. Il portera des nuds ou alors il sera "nature " avec des fruits, des bonshommes en paille, des branches de feuillus portant des baies entrelacées dans sa ramure et un hibou qui, mine de rien, vous regarde. La flèche ou l'étoile au sommet s'efface
pour laisser place au nud fourni constitué de deux sortes de rubans
avec en son centre un bouquet de fleurs en organdi aux pétales liserés
d'argent ou d'or. Sur un air de liberté
les rubans se multiplient
et s'échappent pour descendre et s'enrouler sous les branches basses.
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