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15 mars 2002 - n°175
Denise Neyts adore les légumes curieux, méconnus, oubliés bref, les légumes bizarres. Elle aime creuser la terre pour mettre à jour des racines et fouiller les catalogues de grainetiers afin de dénicher une quatre mille cinq cent cinquante-deuxième variété de plantes. Présidente du cercle horticole de Habay-la-Neuve, conférencière, elle a mis tout son cur dans les légumes. Depuis six ans, elle suit aussi assidûment les réunions " jardinage " et " consommateurs " de la Fraternité ouvrière à Mouscron. Grâce à une série de belles diapositives, elle a promené les spectateurs dans son potager. Pourquoi a-t-on abandonné de nombreuses variétés ? Quand on voit le peu de choix quil y a dans une grande surface par rapport à tout ce que lon trouvait dans un catalogue du début du siècle passé on se pose la question. Les uns sont difficiles à éplucher, les autres se conservent mal Quand on a un peu de temps et un potager, on ne regarde pas à ces détails on part à laventure. On essaie, on goûte on rate parfois un semis, mais tant pis, et on étonne ses invités. Côté racines
Le panais, sorte de grosse carotte blanche qui parfume très bien les pot-au-feu , est très nutritif, résiste au froid et peut passer lhiver au jardin. Il est un rien capricieux pour lever comme tous les ombellifères et sa graine a un pouvoir de germination court. Son goût est à mi-chemin entre la carotte et le scorsonère. Côté feuilles
Le plantain corne de cerf se récolte toute lannée pour confectionner des salades et plus les feuilles grandissent, plus elles sont sucrées. Une belle variété à servir accompagnée de lardons. La Claytone de Cuba, de la même famille que les pourpiers, résiste bien lhiver et ne disparaît quaux fortes gelées, pour réapparaître dès le printemps. Tout se mange, les feuilles et les fleurs. Cest une plante qui produit de la verdure fraîche rapidement après lhiver. La tétragone, ou épinard de Nouvelle Zélande, nest pas du tout un épinard ! Elle se mange de la même manière et le remplace avantageusement lété. Cest une plante exigeante en chaleur. La ficoïde glaciale est une plante aux petites bulles saillantes et transparentes qui donnent un aspect couvert de rosée ou givré. Elle décore les rocailles et se mange ! La roquette, une plante de la famille des choux, a une saveur piquante. La plante jeune est plus douce. Côté fruits
Denise Neyts nous a livré de nombreux secrets mais elle en connaît sûrement dautres. Cultiver des légumes est très agréable. Se passionner pour des légumes anciens cest encore mieux parce quen plus, à force de courir les bourses aux semences, les marchés, à poser des questions à tous vents à des conférences on récolte des amis. La prochaine réunion du cercle horticole de Neufchâteau aura lieu le jeudi 28 mars à 20h00 au Moulin Klepper. B.H.
Des bovins au naturel... Depuis quelques années, de petits troupeaux arpentent certaines réserves naturelles, domaniales ou privées. A Straimont, sur le site de Basse-Wanchies on rencontre depuis trois ans un groupe de vaches des Highlands. A lautomne dernier, une petite troupe de poneys arpentait la réserve de Juseret en attendant que quelques vaches Galloway ne prennent - dans un futur proche - la relève. Du bétail dans certaines réserves naturelles ? Oui, car pratiquer le pâturage extensif est une façon écologique et économique de maintenir ouvertes de grandes étendues despaces naturels. Louis-Marie Delescaille, biologiste attaché au Centre de Recherche de la Nature, des Forêts et du Bois de Gembloux, effectue des recherches sur la gestion des milieux semi-naturels. Rencontre LInfo : Depuis 1999, quelques vaches des Highlands pâturent dans la réserve domaniale de Basse-Wanchies à Straimont. Peut-on déjà tirer un bilan de lefficacité du pâturage ?
LInfo : Quelle est la philosophie développée dans la gestion par pâturage ?
Le pâturage nest évidemment pas la technique miracle et, dans certains cas, une gestion plus ciblée sera nécessaire pour conserver des espèces particulièrement fragiles. Il existe aussi des terrains trop humides où les animaux ne pourraient saventurer sans risquer de senliser. LInfo : Y a-t-il différents types de pâturage ? On peut pratiquer le pâturage de diverses
manières : de façon permanente ou temporaire. Dans le premier
cas, les animaux restent en permanence dans le site. Ce système nécessite
de grandes surfaces, la possibilité pour les animaux de trouver leur
nourriture en toute saison, la présence dabris naturels contre
le soleil, le vent, la pluie, la neige, les insectes. Ce système est
difficile à mettre en uvre dans les sites ardennais généralement
détrempés pendant lhiver et rarement de taille suffisante. LInfo : Pourquoi avoir choisi des vaches des Highlands ? Le choix sest porté sur ce bovin parce que nous avons eu lopportunité dacquérir un petit troupeau dun éleveur qui arrêtait son exploitation en 1999. La vache des Highlands est fréquemment utilisée pour lentretien de milieux difficiles car elle se montre rustique vis-à-vis du climat, de lhumidité et de la faible valeur nutritive des herbages (ndlr : cette rusticité est aussi reconnue chez le bovin Galloway et plusieurs réserves naturelles domaniales ou appartenant aux RNOB sont gérées avec cette race). En dépit de son aspect sauvage, la vache des Highlands est un animal placide qui se laisse manipuler sans difficultés pour autant bien sûr quil soit habitué à lhomme. Il faut évidemment prendre des précautions à cause de ses longues cornes. Propos recueillis par La vache des Highlands Malgré son allure rustique mi-nounours, mi-viking, la vache des Highlands saccommode remarquablement à la présence et à lautorité de lhomme. Néanmoins, ses origines sauvages encore proches lincitent rapidement à un comportement plus farouche lorsque les contacts avec les hommes sespacent. Cette vache est une des dernières races bovines rustiques subsistant en Europe. Elle trouve ses origines dans les hauts plateaux du nord de lEcosse : les Highlands. Pluie, neige et vents nimpressionnent donc pas ces animaux bien emmitouflés. Les veaux, de poids raisonnable à la naissance, viennent au monde facilement et sans aide vétérinaire. La mère et le petit adoptent dailleurs un comportement proche de celui des animaux sauvages (la vache met bas à lécart du troupeau et dissimule son veau dans la végétation). ...dans des réserves naturelles ! Et la gestion des réserves naturelles RNOB ? Du côté francophone, "Réserves Naturelles RNOB" protège actuellement près de 3000 hectares de sites naturels de haute valeur biologique. Environ 10% de cette surface sont actuellement gérés par pâturage extensif, principalement en Haute Ardenne et en Fagne-Famenne. Le cheptel actuel se compose de : LInfo : Eric Leprince (permanent des Réserves Naturelles RNOB) : dans vos réserves, des Galloway plutôt que des vaches des Highlands. Pourquoi ? Réserves Naturelles RNOB na jamais acheté de vaches des Highlands. Cela pour plusieurs raisons. Tout dabord, à lépoque des premiers achats en 1996, les vaches Galloway étaient plus faciles à trouver car le nombre déleveurs de cette race était plus important. Ensuite, parce que nous avions des contacts avec les Hollandais et les néerlando-phones qui utilisaient déjà des Galloway pour la gestion de leurs réserves. Ils ont donc naturellement servi de référence lors du choix de la race. En plus, la vache Galloway est une race sans cornes; nous pensions à cette époque que cela lui donnait un avantage significatif au point de vue de la sécurité vis-à-vis des personnes qui seraient chargées de leur manutention et du public susceptible de parcourir les réserves pâturées par ces animaux. Enfin, le choix de la race Galloway étant fait, nous préférions pour des raisons pratiques évidentes, monter et gérer un seul troupeau. LInfo : Il ny aura donc pas de vaches des Highlands dans les réserves naturelles RNOB ?
La rusticité du bétail utilisé
dans les réserves naturelles nimplique que peu de soins spécifiques,
nécessaires au bien-être des animaux. De nombreux bénévoles
assurent volontiers la surveillance des petites troupeaux avec laide de
personnes compétentes lorsque les circonstances limposent. Frédéric
François, cow-boy des marais, a établi très rapidement
un contact privilégié avec son troupeau de Galloway de la province
de Luxembourg.. En Région wallonne, les races locales reconnues comme étant menacées et dont lélevage est actuellement encouragé par loctroi de primes sont au nombre de neuf. Parmi les cinq espèces dovins reprises figure le Mouton Mergelland. Il y a un siècle, ce mouton broutait communément les herbes sèches des pelouses calcaires de la région de Mergel. |
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