15 mars 2002 - n°175

Région

Petits commerces : quel avenir ?

La semaine dernière, nous évoquions le projet de rénovation urbaine à Neufchâteau. A son tour, comme tous les centres importants, la ville est confrontée à la question de son devenir commercial. Vu sous cet angle, le problème de l’évolution est toujours posé de façon collective. Or, le commerce de détail, qui compose 80% de l’activité commerciale d’un centre, est frappé de plein fouet par le changement de comportement des consommateurs. Individuellement aussi, ils ont tous des bonnes raisons de se remettre en question ! Analyse de la situation et rencontre avec un homme de commerce.

“Le commerce n’est plus ce qu’il était !”. Voilà une réflexion que l’on entend souvent et qui n’est pas neuve. Depuis l’ouverture des grandes surfaces, le commerce de détail avale des couleuvres chaque année. Plus que jamais, les petits commerçants doivent faire leur métier à temps plein : vendre, gérer, innover, créer, séduire et... rester rentable ! De quoi remplir des journées souvent trop courtes.


René Culot, dit le “Chausseur Ardennais”Les commerçants doivent prendre les devants !

Dans le mensuel “Entreprendre aujourd’hui” (CCILB) de février, Bruno Bianchet, responsable du département Commerce & Industrie de la Chambre de commerce et de l’industrie de Liège, évoque, dans un large article consacré à l’avenir des commerces de détail, l’évolution nécessaire du métier de commerçant. Il souligne la lenteur avec laquelle le secteur du commerce traditionnel s’est modernisé. “Ce retard concerne les différentes facettes de l’activité : la gestion, les assortiments ou la présentation du magasin. C’est au niveau de la connaissance de sa clientèle et du développement de services spécifiques que le commerçant indépendant peut marquer des points par rapport à la grande distribution.” Les petits commerces vivent trop souvent le nez dans leurs affaires sans connaître suffisamment leur zone de chalandise. Beaucoup sont rivés derrière leur comptoir et ne bougent pas assez !

Dans son analyse, Bruno Bianchet appelle à rompre l’isolement des petits commerçants qui trop souvent, par crainte, dissuadent bien des initiatives d’animations économiques. Il insiste aussi sur le nécessaire renforcement du dialogue entre les commerçants et les politiques. “De ce point de vue, dit-il, on ne peut que saluer et encourager les initiatives relatives au développement local (cellule de gestion de centre-ville et agence développement local) qui permettent d’agir de façon professionnelle, sur la mise en oeuvre de dynamiques et de partenariats locaux. En effet, nous savons les limites des structures associatives qui ont toutes leurs raisons d’être mais qui se heurtent au cadre du bénévolat et à l’absence de moyens”. Enfin, il rappelle que tourisme et commerce sont alliés et qu’il est un facteur de développement local majeur. Insistant sur la nécessaire promotion de cette symbiose qu’il faut prendre en compte tant au niveau régional que local.

René Culot : le commerce c’est sa vie !

René Culot, dit le “Chausseur Ardennais”, est une figure bien connue de la région. Régulièrement, il passe sa bouille dans les journaux pour vanter les mérites des chaussures qu’il a spécialement sélectionnées pour sa clientèle. Détaillant, il a fait sa place sur le marché avec sa large gamme de chaussures de travail. Sa réputation n’est plus à faire, mais “il faut la défendre” dit-il. René Culot a fait ses premières armes à l’âge de quinze ans : “Je vendais du textile. J’allais de maison en maison avec une valise et mon vélo. C’était difficile, mais c’est la meilleure école de commerce que j’ai faite !”. Après, René a acheté son premier véhicule et quotidiennement il arpentait tous les villages de sa région : “Jusqu’en 1961, je roulais pour le compte de mon père qui tenait une épicerie, puis j’ai fait le pas et j’ai lancé ma propre affaire. Mais ça n’a jamais été vraiment facile. Avec l’arrivée des grandes surfaces, la concurrence devenait de plus en plus rude”. C’est en 1969 que René décide de changer l’orientation de son commerce. Petit à petit, il abandonne l’épicerie pour vendre des chaussures. Très vite, ses nouveaux produits remportent du succès sur les marchés qu’il fréquente assidûment.

René Culot est passionné par le commerce, il a ça dans le sang comme on dit ! En trente ans, son nom est devenu une enseigne connue à travers toute la province et bien au-delà. Ses chaussures sont réputées pour leur qualité. Certaines destinées au travail ou à la randonnée sont même signées de son logo fétiche : le cerf bleu de la maison. Pour René Culot, les petits commerces ne sont pas finis. “Ils doivent se battre, être dynamiques, originaux, créatifs. Les besoins évoluent. Les clients n’achètent plus de la même manière qu’il y a dix ans. Il faut donc savoir se remettre en question et puis... avoir la hargne, avoir envie de se battre. Il faut y croire” dit-il avec insistance.
“A l’heure actuelle, les clients sont très infidèles. Ils sont toujours à la recherche du meilleur achat et du bon conseil. Il faut donc faire de la publicité, c’est très important”.
Le chausseur de Neufchâteau a bien compris que la grande mobilité des consommateurs a un impact direct sur les commerces. Chez Culot, il est fréquent de voir débarquer un client qui a fait plus de cent kilomètres pour acquérir une bonne paire de chaussures !

Le consommateur fait des choix selon les facilités qu’il a avec sa voiture. C’est d’autant plus vrai dans une région rurale comme la nôtre. Pour René Culot, acheter en grande surface n’est pas plus facile qu’en centre ville. Pour les achats de consommation courante, si, mais pour le reste, il estime que les centres ont encore des atouts. La flânerie commerciale reste une activité prisée qui se prête bien au centre-ville mais il leur faut une accessibilité maximale.
Propos recueillis par Ol. Weyrich

Soutien au Télévie

Par la troupe de théâtre les “Arlequins” de Bercheux.

Alors qu’ils terminent l’ensemble de leurs représentations théâtrales, les “Arlequins” de Bercheux vous proposent, le dimanche 17 mars à 20h00, une nouvelle et dernière représentation des deux pièces programmées cette année.

En effet, il y a quelque temps déjà, plusieurs membres de la troupe avaient émis le souhait d’offrir les bénéfices d’une représentation à une oeuvre caritative. Eh bien, cette année, ils ont franchi le pas et ont décidé de proposer leur soutien au TELEVIE qui, comme vous le savez, est un grand mouvement de solidarité permettant de récolter des fonds afin d’aider la recherche scientifique à progresser.

Après être entrée en contact avec les organisateurs, la troupe - qui pourtant avait déjà démonté les décors et restitué le mobilier - s’est remise au travail. Durant plusieurs soirées, les acteurs ont à nouveau répété leur texte et préparé les différents décors. C’est donc avec une certaine impatience qu’ils vous attendent nombreux afin de témoigner votre soutien à la recherche contre le cancer et plus particulièrement celui de la leucémie chez l’enfant.

Rendez-vous donc ce dimanche 17 mars à 20h00 pour un merveilleux geste d’amitié.

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