| 17 juin 2004 - n°242, 243, 244 et 245
Daniel Ledent en haut de l’affiche
L’info : - Daniel Ledent, vous êtes né en 1951, originaire de Neuvillers, on sait de vous que vous êtes fils d’agriculteur, vous êtes à l’origine technicien secondaire A2 en électricité-électronique. Votre parcours professionnel vous a conduit dans le secteur du chemin de fer où vous vous êtes investi dans l’action syndicale. Qu’est-ce qui vous a motivé à faire le pas de vous lancer dans la vie politique ? Daniel Ledent : - Au départ, c’est une demande qui est venue à moi concernant les élections communales. Nous sortions de la première législature de fusion des communes, dans un contexte d’une fusion mal digérée par les villages. Pour rappel, Libramont avait assisté à la présentation d’une liste pour défendre les villages. Il y avait donc chez ces derniers un sentiment de laissés-pour-compte, d’abandon et ils pensaient que dans la fusion, ils allaient tout perdre au profit de Libramont-centre. On est donc venu me trouver pour devenir un jeune porte-drapeau de Neuvillers et un représentant de la ruralité dans une liste mixte. Déjà, je me suis affiché comme socialiste et cela m’a valu quelques remarques. à l’époque, le PS n’était pas encore la force qu’il représente aujourd’hui dans notre province. Les élections ont eu lieu et j’ai été élu pour la première fois en 1982. Il faut souligner que c’est la politique qui est venue à moi et non le contraire. J’avais un job de délégué syndical et je l’appréciais beaucoup. à l’époque, je n’avais aucun projet politique, bien au contraire. C’est à force de sollicitations que j’ai commencé à y réfléchir. Quelques personnes ont aussi été très convaincantes, comme par exemple René Déom et Maurice Willeme, socialistes eux aussi. Et puis, il y a eu les élections provinciales quelque temps après les communales… et je me souviens avoir vu débarquer, un dimanche midi, un homme que je connaissais à peine. Il s’agissait de Jean Meunier, le député permanent. Je me suis interrogé sur le but de sa visite, puis j’ai vite compris ! Wellin venait jouer au football à Neuvillers et il en profitait pour venir solliciter le jeune conseiller communal que j’étais pour être sur sa liste. De nouveau, j’avais beaucoup d’arguments pour refuser dont toujours ma préférence pour mon travail de syndicaliste. Mais vu l’insistance, j’ai cédé ! Finalement, je suis entré au conseil provincial en 1985. Voilà comment je me suis embarqué dans la vie politique provinciale. Pour la petite histoire, il faut savoir que le PS compte cinq sections socialistes dans notre districte électoral : Libramont, Saint-hubert, Neufchâteau, Libin et Léglise. Il fallait six candidats sur la liste à l’époque, donc qu’une des cinq sections propose deux candidats pour clôturer la liste. Ceci était évidemment coûteux pour la section concernée et pas très profitable puisque les deux candidats se partageaient l’électorat de la section dont ils étaient issus. Traditionnellement, c’étaient les sections de Libramont et Neufchâteau qui fournissaient, à tour de rôle, un deuxième candidat. Saint-Hubert qui représentait la section la plus importante avait d’office la tête de liste. Et j’ai accepté mon engagement à la condition que Saint-Hubert présente un second candidat puisque la section était puissante. A l’issue de ces élections, avec Claude Bonmariage nous avons remporté deux sièges dans notre district. C’était une première ! C’est en décembre 1987 que je suis entré à la députation permanente. En 2006, j’aurai dix-huit de mandant ! J’ai été candidat à la députation permanente parce que ma situation à la SNCB me permettait d’accéder au congé politique, ce qui n’était pas le cas de Claude Bonmariage, chef de file, qui aurait pu légitimement accéder au poste de député.
Aujourd’hui, votre groupe n’est titulaire d’aucun siège luxembourgeois à la Région, mais les observateurs avertis indiquent que cela pourrait bien changer. Il semble même que vous avez toutes vos chances de décrocher un siège sur l’arrondissement Neufchâteau-Virton. Toutefois, vous avez répété votre attachement à votre siège de député permanent. Alors, outre le goût du jeu et du défi, expliquez-nous le sens « personnel » que vous donnez à ces prochaines élections ? Daniel Ledent : - Je pense que cela sera très difficile de remporter le siège dans l’arrondissement Neufchâteau-Virton. Les chances sont minces. C’est donc un vrai défi ! Si sur l’arrondissement Marche-Bastogne, nos chances sont réelles, il faut savoir qu’il est impossible d’atteindre le quotient électoral avec notre seul arrondissement, on est donc élu par apparentement. Notre élection dépend donc de l’élection de notre parti dans l’autre arrondissement. On verra donc quelle sera la différence entre les partis en lice. Ce sera donc au terme final du comptage des voix que l’on connaîtra le résultat nous concernant. Mon défi personnel est de conduire mon parti à essayer de décrocher ce deuxième siège. Je vais donc tout mettre en œuvre pour réunir un maximum de voix. Mais il est plus facile d’en parler que de gagner ce siège et je rejoins mon collègue Sébastian Pirlot quand il dit que nous avons une chance sur cinq de le remporter. Il y a donc du travail ! L’info : - Nous n’allons pas insister sur cette question, mais que ferez-vous si vous êtes élu ? L’info : - Revenons à la députation permanente. Vous en êtes aujourd’hui le doyen, c’est un titre honorifique certes, mais celui-ci donne sans doute plus de force à vos interventions. Ces dernières années, votre action s’est fortement centrée sur la promotion et le développement du secteur économique investissant dans les ressources naturelles : le bois et la pierre en particulier. On a le sentiment que cette action est animée par une vraie passion. Est-ce exact ? Daniel Ledent : - C’est tout à fait exact. à propos du titre de doyen de la Députation permanente, c’est vrai que c’est honorifique. Le seul avantage est sans doute une plus grande visibilité. Toutefois, le doyen assure un rôle de coordination, c’est aussi celui qui représente officiellement la députation permanente dans une délégation provinciale. On attend de lui un rôle d’arbitre, de conciliateur, de sage… bref celui qui met de l’huile dans les engrenages de la vie quotidienne. Toutefois, à l’avenir, la loi va changer et c’est le doyen qui remplira le rôle du gouverneur à la présidence de la députation permanente. Ce sera à partir de la prochaine législature, en 2006. Ce poste sera donc plus sollicité par les partis. Pour en revenir au bois et à la pierre, c’est une compétence que j’ai découverte quand je suis entré à la députation permanente. C’est aujourd’hui pour moi une vraie passion. Mais il faut dire que toutes les matières que j’ai en attribution me passionnent. C’est une chance, je crois. (suite en page 9) L’info : - L’économie sociale et son développement sont une autre matière qui vous tient à cœur. Daniel Ledent : - Il s’agit là d’une nouvelle matière pour la députation permanente. Il faut avouer que l’économie sociale est un secteur qui a été négligé pendant de nombreuses années. C’est suite aux encouragements de notre ancien président, Philippe Busquin, que je me suis intéressé sérieusement à la question. La question m’a paru suffisamment importante et j’ai pris l’initiative de créer l’Agence provinciale d’économie sociale (APES). Avec elle, nous contribuons à développer et dynamiser ce secteur. Certes, c’est un secteur difficile, mais il a des choses à faire, il y a des services à rendre à la population. L’économie sociale doit travailler là il n’y a pas de concurrence, là où on a des besoins, où l’activité est peu rentable mais nécessaire. Enfin, l’économie sociale peut être aussi partenaire des entreprises traditionnelles. Celles-ci sont par ailleurs de plus en plus attentives à l’économie sociale et aux services qu’elle peut offrir. Il faut donc être complémentaire… Sans oublier les possibilités de réinsertions sociales possibles via ce nouveau secteur d’activité. L’info : - à la province, vous êtes aussi en charge de la mobilité. Vous êtes donc sensible à tous les problèmes liés aux déplacements et ceux qui sont aussi liés à la route. Vous êtes, si je ne me trompe pas, à l’initiative d’un colloque sur la somnolence au volant. En février dernier, dans notre journal, le docteur en charge des urgences de Libramont lançait un appel à la conscientisation face aux drames de plus en plus nombreux des accidents de la route. La majorité de accidents de roulage ont pour facteurs communs soit l’alcool, la vitesse ou l’absence du port de la ceinture de sécurité. « Il y a un vrai problème de conscientisation et de responsabilisation, en particulier chez les jeunes » expliquait le docteur. Daniel Ledent : - En ce qui concerne la mobilité quelle qu’elle soit, mon intérêt est certain. Il y a d’ailleurs d’énormes défis à relever en ruralité parce qu’il y a de plus en plus de personnes qui rencontrent de graves problèmes de mobilité. Cela touche tous les âges : les jeunes, les personnes âgées, les personnes en difficulté… On constate qu’il y a des villages qui ne sont plus du tout desservis par aucun bus. C’est interpellant, d’autant plus que parallèlement à cela d’autres véhicules du service public viennent dans le village plusieurs fois durant une même journée. C’est un paradoxe et cela doit nous faire réfléchir à chercher une solution. Dans une province comme la nôtre, nous risquons de mourir de notre ruralité si l’on ne permet pas à chacun d’avoir un minimum de mobilité. La problématique de la sécurité routière est une question dont la Province ne s’est pas occupée par le passé. Depuis, il y a eu un certain nombre d’initiatives. Par exemple, la Province est partenaire d’actions de sensibilisation en collaboration avec la police ou le parquet. Pour rappel, nous avons développé avec le procureur du Roi de Marche-en-Famenne des actions visant à changer leur comportement. Enfin, nous travaillons à l’ouverture d’une école de conduite, qui sera installée, en principe, à côté du Space Camp à Redu. Notre dernière action a visé la problématique de la somnolence au volant. Savez-vous que 30 à 35 % des accidents sur autoroute sont dus à ce problème ? La somnolence touche tout le monde, encore plus de nos jours où dormir devient secondaire. Il y a donc une vraie nécessité de mener une action de sensibilisation. L’info : - Au terme de tant d’années d’engagement politique, quel regard portez-vous sur le Centre-Ardenne, sur son présent et son futur ? Daniel Ledent : - Le Centre-Ardenne dispose de potentialités. Notre région a été victime d’un sous-développement depuis un certain nombre d’années. Les aides européennes ont concentré l’implantation de nouvelles entreprises sur les zones PED et Objectif 2, Arlon, Aubange…, ce qui renforce le sentiment de mise à l’écart de notre région. Le temps est donc venu de nous battre pour un nouveau développement du Centre-Ardenne. Propos recueillis par Olivier Weyrich
Qui sont les candidats de votre région ? Lors d’un précédent numéro de L’info, nous avons publié un long entretien avec le député permanent Daniel Ledent, candidat tête de liste PS pour l’arrondissement Neufchâteau-Virton. Il nous a semblé bon de donner la parole aux autres candidats, du moins ceux qui font partie de la population du territoire recevant L’info dans leur boîte aux lettres. Olivier Jadoul, l’échevin écolo
L’Info : - Les Écolos militent contre le cumul des mandats, votre mouvement en fait même une question de principe. Alors, pourquoi être candidat à la Région ? Olivier Jadoul : - Si j’étais élu, c’est certain, un choix s’imposerait. Si je m’engage, c’est d’abord pour être présent et soutenir Ecolo. C’est un mouvement jeune qui a l’avenir devant lui et qui a besoin de renforcer sa base. Je travaille donc pour qu’Ecolo soit plus fort. L’info : - Pourquoi avoir choisi de militer chez Écolo ? O.J. : - C’est le parti qui correspond le mieux à mes idées, dans la façon de faire de la politique : propre et transparente, où l’on ne prend pas les gens pour des idiots. De plus, Écolo est actif pour encourager la participation des citoyens à la vie politique et c’est pour moi essentiel. Notre mouvement s’emploie à essayer de faire redécouvrir le vrai sens de la politique. Ce n’est pas quelque chose de sale, de moche… c’est d’abord la gestion de notre vie en commun, en communauté. Et j’apprécie chez Écolo cette façon de faire de la politique de manière plus franche, plus droite, plus honnête sans doute. L'écologie est une vision globale de notre mode de vie : notre vie personnelle, affective, mais aussi sociale, professionnelle, culturelle, économique... Elle concerne tout ce qui a un impact sur l'équilibre de ce mode de vie, c'est-à-dire, en fin de compte, tout ce qui relève du champ politique. C'est pourquoi je considère cette vision comme particulièrement riche et féconde pour l'action politique. Elle renoue avec le bon sens. Elle donne une ligne de conduite solide. Pour moi, c'est la seule porteuse d'avenir parce qu'elle est respectueuse de tous les aspects de notre vie. C'est ce que nous voulons dire quand nous parlons de «voir plus loin». L’info : - Quel parallèle fais-tu entre le niveau de pouvoir où tu exerces ta fonction d’échevin et le niveau régional, celui pour lequel tu es candidat ? O.J. : - Ce sont deux niveaux très complémentaires. Le niveau communal est celui de l’action sur le terrain, où l’on peut mener des actions très concrètes à plus ou moins long terme. Le niveau régional est tout aussi indispensable dans ce sens où c’est là que l’on donne forme aux structures et aux outils dont le pouvoir local a besoin. L’info : - Quelles sont les grandes lignes du programme Écolo pour la Région ? O.J. : - Au sujet du développement
économique, nous souhaitons l’orienter vers un développement
propre et durable, parce que c’est le seul qui a de l’avenir.
Toutes les technologies polluantes et destructrices sont amenées
à disparaître. Il faut donc miser sur l’innovation.
À propos de l’emploi, nous désirons favoriser le partage
du temps de travail. Une autre idée qui nous tient à cœur
: permettre aux aînés d’alléger leur temps de
travail en fin de carrière et leur offrir la possibilité
de participer à la transmission de leur métier aux plus
jeunes. Notre volonté est aussi de développer la formation.
En ce qui concerne le secteur social, nous sommes désireux d’encourager le travail en réseau, améliorer la collaboration entre les acteurs publics et associatifs, faciliter l’accès au logement et aux équipements collectifs, développer les activités d’insertion sociale et encourager les actions de prévention santé. L’info : - La politique est souvent décriée en raison de ses mœurs et ses comportements, de ces décisions qui ne sont pas toujours simples à comprendre dans ce pays compliqué et rompu aux compromis. Une certaine distance s’est installée entre les hommes et les femmes politiques et les citoyens, d’où sans doute un problème de communication, une difficulté à lire et comprendre le message que les uns et les autres veulent faire passer. O.J. : Je le répète, Écolo ne veut pas prendre les gens pour des idiots. J’entends par là qu’il est inutile de résumer nos projets, nos ambitions, notre programme en quelques slogans simplistes. Nous voulons donner davantage d’informations, d’explications… débattre avec les citoyens. Mais évidemment, on peut devenir trop compliqué, trop intellectuel, c’est la menace qui pèse sur nous, j’en suis conscient. L’info : - C’est difficile de communiquer avec le citoyen ? O.J. : - Oui et non. C’est difficile de faire passer un message compliqué avec des mots simples, pas parce qu’il est confus, plutôt parce qu’il est complexe et riche. De plus Écolo ne veut pas réduire son message à des idées ou des slogans faciles parce que ça c’est duper l’électeur et sous estimer sa capacité de jugement. O.W. Monique Oeyen fait parler son cœur
L’info : - Monique Oeyen, vous êtes candidate au CDF. Pourquoi le choix de ce parti ? Monique Oeyen : - C’est un choix de l’enthousiasme et de la volonté chrétienne. Je n’étais jamais intéressée par une entrée en politique, mais j’ai suivi les fondateurs du parti pendant des mois et j’ai pu constater que les gens sont bien. Au niveau de la province, nous tenons encore fort à nos convictions. Ma candidature, je l’ai posée avec mon cœur. Celui qui veut encore voter pour un parti chrétien doit saisir sa chance car c’est peut-être une des dernières fois. On se bat pour le C de chrétien. En retirant le C, nous aurions pu faire une coalition, mais nous n’avons pas voulu. On dit parfois que voter pour nous est inutile, mais il faut que les gens se réveillent. On pourrait avoir de mauvaises surprises. L’info : - Vous appartenez à un petit parti. La campagne n’est-elle pas trop difficile ? M.O. : - On ne savait pas si nous allions pouvoir rassembler assez de candidats et de signatures cette fois-ci. Nous avons dû nous battre. L’an dernier, j’ai été faire les marchés durant des semaines. Cette fois, je n’ai pas fait de campagne particulière. Les gens me connaissent. Il faut lutter pour la liberté de chacun. Les gens sont généralement déçus par la politique. Certains veulent même faire un vote contestataire en cochant le Front National. Cela ne serait pas une bonne chose. Nous sommes un parti de centre droit ouvert sur le monde extérieur. Au CDF, nous voulons un respect absolu de la vie, mais aussi un respect entre tous les hommes. L’info : - Comment envisagez-vous ce respect de la vie ? M.O. :
- Les gens ne remarquent même plus qu’on a attenté
à leur liberté. Ils pensent qu’ils peuvent faire ce
qu’ils veulent ! Ne sommes-nous pas allés trop loin ? Ne
sera- L’info : - Vous êtes également très attachée à la jeunesse. Comment jugez-vous les jeunes d’aujourd’hui ? M.O. : - Ils ont besoin de repères moraux. J’en ai rencontré de très nombreux qui ne savent plus se positionner. Ils craignent de se marier. On vit dans une société de consommation et on ne leur donne plus le choix, même dans le respect d’eux-mêmes. Être chrétien, ce n’est pas seulement aller à la messe, mais c’est également faire preuve d’amour. T. L. Ingrid Balon-Bodson : la politique, une passion
L’info : - La première question qui vient à l’esprit, c’est évidemment, comment vit-on une vie de famille quand on est épouse de député permanent et que l’on a une vie professionnelle et sociale active ? Est-ce facile de concilier toutes ces activités ? Ingrid Balon : - Eh bien,
avant tout, nous avons une vie de famille, le reste est fait de choix.
Certains font un choix qui met l’accent sur une activité
professionnelle ou une activité de loisir, le nôtre s’est
porté sur l’action politique. Évidemment, ce choix
nous expose davantage. L’info : - Par votre profession, vous êtes sensibilisée à la problématique de l’accès aux soins de santé et aux services pour les personnes du 3e âge. Quelles idées défendez-vous au travers de votre engagement politique ? Quelles actions ou quelles réformes souhaitez-vous qui soient entreprises ? I.B.-B. : - Ma première action est d’abord celle que je mène au niveau professionnel, à la direction de «L’âge d’or Service». J’ai donc une lecture aisée des besoins en termes de soins de santé et de services pour favoriser la mobilité. À ce sujet, l’entreprise pour laquelle je travaille a développé un service réservé aux personnes à mobilité réduite et aux personnes du troisième âge. La majorité des demandes que nous enregistrons concerne la santé : se rendre chez le médecin, aller à l’hôpital… Le concept «Âge d’or service» est né en Belgique en 1999 et la première structure a vu le jour à Mons. Deux ans plus tard, nous ouvrions nos portes à Libramont. Ce concept vise à permettre aux personnes âgées de continuer à vivre chez elles. Nous offrons donc des prestations de type mobilité, aide ménagère, achats pour le ménage, repas à domicile… Mais ne rendons aucun service ayant un rapport aux soins de santé en dehors de la mobilité. Grâce à mon métier, j’ai pu découvrir un nombre important de personnes seules ou isolées. Celles-ci sont très demandeuses de contacts et de services. Notre aide leur permet de conserver leur autonomie le plus longtemps possible.
I.B.-B. : - Par mon activité à «L’âge d’or Service», j’ai pris conscience des nouveaux besoins de la population en termes de transport. Notre entreprise enregistre des demandes pour un total de plus de 10000 km par mois, alors que nous disposons de deux bus pouvant assurer ±5000 km/mois. Je pense que cet exemple illustre bien les besoins de la population . Tous les partis sont sensibilités à cette problématique de transport, mais il ne faut plus attendre pour offrir des solutions. Le moment est venu d’agir et de donner des moyens. L’info : - Présidente de l’office du tourisme de Libramont, vous avez donc votre idée sur le développement du tourisme en Centre-Ardenne. Comment le percevez-vous ? I.B.-B. : - Graduée en tourisme, j’ai une approche technique du sujet. Pour ma part, j’estime que si on ne travaille pas de façon professionnelle, les résultats seront maigres. D’une manière générale, trop de communes ne prennent pas en compte cette dimension nouvelle qu’est l’économie touristique. Il y a donc des mentalités à faire évoluer. À Libramont, la commune vient de mettre à la disposition de l’Office de Tourisme de nouveaux locaux . Il faut continuer dans ce sens. L’info : - Le monde sportif ne vous est pas étrangère puisque vous êtes coache-entraîneuse des poussins-filles du basket-club de Libramont. C’est aussi un domaine où il y a beaucoup à faire… I.B.-B. : - J’ai été élevée dans un esprit sportif et j’ai même joué au foot ! Je me suis très investie dans le sport et même si je m’occupe encore d’une équipe de basket, aujourd’hui j’ai pris du recul. Mais je reste très attentive aux difficultés que rencontre le monde du sport. Je sais qu’il y a un manque de moyens, pourtant je suis persuadée que le sport véhicule des valeurs essentielles pour vivre en communauté : discipline, respect de l’autorité, tolérance, joie de vivre, esprit d’équipe, remise en question… Il y a donc du travail ! O.W. Dimitri Fourny rêve de siéger
L’info : - Dimitri Fourny, vous êtes candidat sur la liste cdH à la Région. Comment vous est née cette passion pour la politique ? Dimitri Fourny : - J’ai fait des études en « latin-grec » et j’y ai découvert la Grèce antique et la naissance de la démocratie. Le goût de la politique est né par ce biais. C’est aussi pour cela que je me suis lancé dans le droit. J’ai également collaboré au journal « Info Flash » en relatant les conseils. J’ai été aussi à la base de l’organisation du Cuistax ou du bal en plein air de Petitvoir. En 1995, je suis devenu un des plus jeunes conseillers à l’âge de 23 ans. Et puis l’engagement a fait son chemin avec une participation aux régionales en 99 (21 000 voix), les communales en 2000 (900 voix) et les législatives l’an dernier (6 800 voix). L’info : - Quel rôle espérez-vous jouer dans cette élection ? D.F. : - Notre circonscription a la particularité d’accueillir Josy Arens qui vient pour nous soutenir car son travail au quotidien a dépassé le cadre de sa seule commune et englobe tout le Luxembourg. Il est d’ailleurs pour nous « ministrable ». S’il ne l’est pas, il poursuivra son travail au fédéral. Dans ce cadre, un accord a été pris entre tous les suppléants. Celui qui recueillera le plus grand nombre de voix personnelles accédera à la suppléance : le choix de l’électeur prévaudra. L’info : - Vous avez donc toutes vos chances de rejoindre Namur ? D.F. : - Je l’espère. C’est une belle opportunité pour le Centre-Ardenne de pouvoir compter sur un député qui pourrait défendre cette région. Le cdH est le seul parti qui permet cette possibilité. Au MR, Gérard Mathieu est du sud ; au PS, Daniel Ledent a déjà signalé qu’il resterait à la députation permanente et chez Écolo, ils ne sont pas en ordre utile. L’info : - Quels sont les points forts de votre programme ? D.F. : Il faut s’attacher au développement économique de notre région car nous sommes à un point stratégique au centre des autoroutes ; il faut à présent débloquer les fonds pour la création du zoning de Molinfaing. Il faut également réinvestir dans le monde agricole et forestier. Ce n’est pas à un Liégeois de nous dire ce que l’on doit faire chez nous. Il faut revoir la méthodologie. Il faut également une réflexion sur l’aéroport de Jéhonville. Il serait plus opportun de maintenir les acquis pour assurer sa pérennité. On parle de création d’emploi, mais ce ne sera pas ouvert aux gens du coin. Il faut présenter notre cadre de vie afin de rester attractifs pour les touristes. Au niveau des soins de santé, on nous a lanternés durant deux années. La Région doit réagir car on ne peut pas se priver d’un hôpital en Centre-Ardenne. L’info : - Comment voyez-vous cette élection ? D.F. : Le cdH va redevenir le premier parti de la province. C’est le seul parti qui, quand il était dans les effectifs, a eu des ministres. Qu’on ne me parle pas de Philippe Courard qui n’est qu’un globe-trotter, un gadget politique. T. L.
Crusardenne oui, insécurité non !
L’Info : Des gens de nos villages se plaignent de l’insécurité provoquée par le Crusardenne. Quelles sont les consignes dictées aux pilotes ? Guy Maréchal : Quatre circuits sont proposés, deux aux 4 x 4, un autre réservé aux motos et quads et un quatrième commun à tous les pilotes. Sur les terrains champêtres et forestiers ainsi que dans les agglomérations, la vitesse est limitée à 30 km/h. Nous disposons sur l’ensemble du parcours de plusieurs commissaires. En s’acquittant du droit d’inscription, le pilote doit aussi verser une caution de 100 _. Si des irrégularités sont commises, l’organisateur conserve le montant de la caution. Cette année ce sont ainsi quatre jeeps et sept motos qui ont été sanctionnées. L’Info : C’est plus que les années précédentes ? G.M. : La première année la plupart des participants étaient étrangers à notre province. Il y avait uniquement des passionnés de randonnées moto ou 4 x 4. Tout s’est déroulé sans aucun problème. Lors de cette édition, ce ne sont pas moins de 35% des concurrents qui sont issus des alentours. Il faut bien sûr s’en féliciter. D’autre part, il est regrettable de constater que toutes les cautions saisies l’ont été au détriment de pilotes de la région. Ceux-ci n’ont pas compris que les circuits du Crusardenne ne constituent pas une aire de défoulement pour apprentis Fangio. Je pense qu’il est important de rappeler la philosophie du Crusardenne. La manifestation peut se résumer en cinq mots : croisière, balade, découverte, nature en Ardenne. L’info : Autre reproche formulé par nos lecteurs : «Nous n’étions pas au courant que le Crusardenne passait devant chez nous.» N’y aurait-il pas un effort à effectuer au niveau de l’information ? G.M. : Je comprends que la population souhaite être informée. L’organisation du Crusardenne représente des heures et des heures de travail. Environ 400 demandes d’autorisation sont introduites. Les premières ont été rentrées dans les communes le 23 janvier. Celles-ci donnent un accord de principe sur la base des circuits définis par un agent de la DNF. Le dossier est ensuite introduit à la Région wallonne fin mars. Celle-ci dispose de soixante jours pour marquer son accord. Ce n’est que trois jours avant l’épreuve, soit le mercredi matin à 11h que nous avons reçu les autorisations concernant les parcours. Difficile dès lors de publier les itinéraires dans la presse et de prévenir la population. L’Info : Satisfait tout de même de cette édition malgré quelques mécontentements dans la population locale ? G.M. : Bien sûr. Le Crusardenne reste une grosse manifestation qui amène beaucoup de monde en Centre Ardenne avec des retombées positives : 2000 nuitées vendredi, 2500 le samedi dans les gîtes, campings et hôtels de la région, des restaurateurs et commerçants satisfaits. L’Info : Prévois-tu des nouveautés pour l’année prochaine ? G.M. : Tout d’abord demander les autorisations plus tôt en espérant que la Région wallonne donne son accord plus rapidement. Ensuite j’envisage d’encore augmenter le nombre de commissaires pour améliorer la sécurité. Enfin j’ai déjà pris accord avec un marchand de motos pour vérifier le nombre de décibels produits par les moteurs des véhicules. En cas de dépassement de la limite autorisée, interdiction de participer à la randonnée. Quelques innovations intéressantes pour une manifestation déjà bien rôdée. L’organisateur, qui n’entend pas perturber la vie tranquille des villageois des alentours, souhaite néanmoins que les pilotes locaux constituent des exemples de bonne conduite. Er. Meunier
« Caissons funéraires » et vieux cimetière de Warmifontaine Le cercle «Terre de Neufchâteau» et la bibliothèque communale organisent une conférence ce vendredi 18 juin à 20 heures au Moulin Klepper sur un thème original et déroutant. Un rendez-vous alliant histoire et tradition populaire.
Un peu d’histoire… Le décor végétal de la mort a une lointaine histoire. De tout temps, la dernière demeure des défunts, quelle que soit leur culture, a été garnie de fleurs, probablement dans le but de rendre leur passage vers l’inconnu moins douloureux et pour marquer, par ce geste, l’affection qui les lie à ceux qui les pleurent. Le xixe siècle instaure les compositions florales élaborées. C’est à cette époque que les caissons funéraires voient le jour; ils tendent à disparaître dès la Deuxième Guerre mondiale. Toutefois, selon quelques témoignages, leur fabrication perdure jusqu’aux années soixante avant de disparaître totalement. Quant aux origines et à la fabrication de ces ornements, elles demeurent quelque peu mystérieuses. La famille du défunt achetait une couronne ou une gerbe de fleurs artificielles chez un entrepreneur de pompes funèbres ou chez un fleuriste. Cet ornement était accroché sur le corbillard et accompagnait le défunt jusqu’au cimetière. Quelques jours après la cérémonie, l’ornement était récupéré par la famille. Le décor floral était onéreux, c’est pourquoi les familles, désireuses de le conserver le plus longtemps possible, s’adressaient à un couvreur ou à un plombier-zingueur afin de réaliser un «caisson», destiné à l’abriter. Caissons funéraires Les caissons sont fixés de différentes manières. Pour les tombes situées le long d’un mur du cimetière, les caissons sont accrochés, voire adossés, à celui-ci. Pour les autres tombes, ils sont fixés ou suspendus à une croix en fonte, en bois ou en pierre, à la tête de la tombe. Ils peuvent être aussi soudés à une barre de fer fichée dans le sol, ou encore reposer sur un trépied. En ce qui concerne le contenu des caissons, on peut rencontrer des crucifix, des photos ou encore des montages végétaux. Ceux-ci sont de loin les plus intéressants. Les matériaux utilisés pour la réalisation de ces ornements sont très légers. En effet, les fleurs sont en biscuit de porcelaine et le feuillage est en zinc, le tout fixé sur une armature de fil de fer. Les feuilles, découpées par estampage, et les fleurs, confectionnées par modelage, sont d’un réalisme étonnant. Les différents feuillages rappellent la fougère, le chêne, la vigne, le saule ainsi que le lierre et le rosier. Les feuilles, dans un souci de réalisme, étaient peintes dans des tonalités de vert et de jaune. Toutefois, les feuillages qui ont conservé leur teinte d’origine sont rares car sous l’action de l’humidité et du soleil, le métal reprend souvent sa couleur d’origine. Parmi les fleurs représentées, la rose est la plus répandue. Elle est présente dans tous les montages floraux. Cela peut s’expliquer par le succès de cette fleur depuis l’Antiquité et par le symbole de l’amour qu’elle véhicule depuis la nuit des temps. D’autres montages sont réalisés en perles de verre. Celles-ci, rondes et de petite taille, se nomment « rocaille ». Elles sont enfilées sur de fins fils de fer qui sont ensuite torsadés et pliés pour former des fleurs et des feuilles. Ce type de montage est particulièrement fragile et sa réalisation requiert beaucoup de temps et une grande habileté. Peut-être s’agit-il d’un travail collectif ? Aujourd’hui, beaucoup de ces caissons ont disparu. Certains d’entre eux sont soumis aux intempéries depuis près d’un siècle. Souvent, au bout d’une vingtaine d’années, la vitre se brise, laissant ainsi l’ornement subir des détériorations souvent fatales. Par chance, certains caissons sont encore très bien conservés mais ils sont aussi voués à disparaître. C’est pourquoi il est important d’en préserver quelques-uns comme témoignages des arts et des traditions populaires. En plus d’un montage de diapositives, différents échantillons de caissons funéraires illustreront la conférence qui se terminera par l’évocation des projets de rénovation du vieux cimetière de Warmifontaine. L’asbl Qualité-Village-Wallonie –ayant pour mission la sauvegarde, la promotion et la mise en valeur du patrimoine historique en région rurale – a déjà rencontré et sensibilisé une équipe de villageois afin de les seconder dans leurs démarches administratives et d’effectuer un inventaire des richesses du lieu. En vous promenant dans les cimetières de vos villages, votre attention sera peut-être attirée par ces « caissons funéraires » si particuliers. Si vous en rencontrez, vous pouvez contacter l’asbl Qualité-Village-Wallonie au 04 379 05 01. En attendant, rendez-vous ce vendredi 18 juin à 20h au Moulin Klepper. P. Dabe |
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