16 octobre 2003 - n°222 - 223 - 224

Neufchâteau

“être et avoir”

“être et avoir”Ce mercredi 8 octobre, à 20 heures, au Moulin Klepper, dans le cadre de ses Ciné-Conférences, la bibliothèque communale de Neufchâteau abordera un thème d’actualité en ce début d’année scolaire : Quelle école pour quelle société ? Vaste sujet qui amène nombre de questionnements.

Comment définir les missions de l’école dans une société en pleine mutation? Quelles valeurs transmettre face à celles du marché et de la compétitivité exacerbée? Quels sont les mécanismes de la sélection sociale omniprésente dans l’enseignement? La solution miracle viendra-t-elle de l’enseignement individuel informatisé?

Pour illustrer ces différentes facettes de l’enseignement, la soirée débutera à 20 heures par la projection du documentaire-événement de l’année 2002 : Être et avoir de Nicolas Philibert.

“être et avoir”Quelque part au cœur de l’Auvergne, Nicolas Philibert nous fait découvrir l’aventure quotidienne d’une école à classe unique, qui réunit tous les enfants d’un même village, de la maternelle au CM2. Le maître accompagne cette petite communauté dans l’apprentissage de la vie avec son lot de questions, de blessures et de joies! Un documentaire récompensé notamment par le Prix Louis Delluc 2002 et le César du meilleur montage 2003. Ensuite à 21 h 45, une exposition/vente d’ouvrages sur le thème de la soirée sera proposée par la librairie Oxygène et la bibliothèque communale.

Au cœur de la lutte! À partir de 22 h, place à un débat/discussion animé par Nico Hirtt professeur de physique dans l’enseignement secondaire et auteur de plusieurs ouvrages sur la marchandisation de l’école dont Tableau noir (avec G. de Sélys, EPO, 1998), Les nouveaux maîtres de l’école (EPO/VO éditions,2000) et L’école prostituée (Labor, 2001).

“être et avoir”Il est aussi l’un des fondateurs de l’association Appel pour une École Démocratique (Aped). Dans son ouvrage, L’école prostituée, Nico Hirtt aborde notamment l’offensive des entreprises sur l’enseignement : “Depuis la fin des années quatre-vingt, on assiste dans l’ensemble des pays industrialisés à une soumission croissante de l’enseignement aux lois du marché. "Employabilité, flexibilité", "Formation tout au long de la vie", "Apprendre à apprendre" constituent les maîtres mots de la novlangue pédagogique néolibérale dictée par l’OCDE ou la Commission européenne et relayée par nombre de responsables de l’éducation.” Cette évolution en cours, Nico Hirtt la décrit, pièces à l’appui: “L’actualité récente illustre d’emblée les caractéristiques essentielles du système éducatif qui se met en place depuis un peu plus d’une décennie. Le patronat fait une irruption en force sur la scène de l’enseignement; il s’intéresse désormais directement aux contenus enseignés et aux structures du système d’enseignement.

Sur le plan des contenus, les décideurs économiques et politiques stigmatisent l’inadaptation de l’enseignement aux besoins de l’économie moderne. Les connaissances, compétences et attitudes inculquées par l’école ne correspondent plus aux besoins de l’industrie et du commerce.Ces besoins changent d’ailleurs si rapidement que l’enseignement est appelé à se recentrer sur une préparation à "l’apprentissage tout au long de la vie". Parallèlement, l’École et l’Université elles-mêmes doivent pouvoir s’adapter plus vite et plus spontanément aux attentes des employeurs. Pour ce faire, il faut augmenter "l’autonomie" des établissements et faire jouer la concurrence entre eux.” L’auteur ne se contente pas de faire un constat alarmant de l’état des lieux de l’enseignement, il donne des armes pour une résistance collective, dans laquelle les enseignants de tous niveaux ont leur part active à jouer : “Il s’agit de faire comprendre aux universitaires, aux professeurs du secondaire, aux instituteurs, mais aussi aux parents, aux élèves et aux étudiants, que leurs colères doivent se fondre en une résistance commune.

La condition première de cette union est la prise de conscience du processus en cours, la compréhension de ses mécanismes et des forces qui le promeuvent.” Puisse cette soirée, qui risque d’engendrer son lot de remises en question et de réflexions dérangeantes, y contribuer. Un débat nécessaire et utile.

P. Dabe

Réservations : Bibliothèque communale de Neufchâteau. Centre du Lac 061 27 88 67 (tous les jours sauf le jeudi).

Six lauréats à l’examen d’entrée “ ingénieur civil ”

Six lauréats à l’examen d’entrée “ ingénieur civil ”Il est bien légitime pour une école d’être fière de son palmarès scolaire et d’en faire la publicité. Ces résultats sont le support concret d’un long travail de formation assurée par toute une équipe de professeurs. Pour ces derniers, ces réussites sont souvent les premiers résultats tangibles de long mois, voire aussi de longues années d’efforts mais aussi d’espoir. Aussi est-il normal, lorsqu’un succès peu commun survienne, qu’élèves et professeurs expriment leur joie.

Début septembre, Bernadette Goffin, professeur à l’Institut Saint-Michel, nous contacte pour nous convier a rencontrer six élèves sortant de terminale. Thomas Conniasselle, Benoît Coulon, Jean Huvelle, Dimitri Lambert, Ruddy Leclerc et Laurent Poirrier viennent de décrocher leur admission aux études d’ingénieur civil, à la suite d’une épreuve qui a eu lieu en juillet dernier à Louvain-la-Neuve.
Visiblement heureuse, Bernadette Goffin nous confie sa grande satisfaction, pour elle et ses collègues, de voir six de leurs anciens élèves prendre le chemin préparatoire au métier d’ingénieur civil.

“ C’est une grande joie de voir autant d’élèves réussir un tel examen. Toutes les matières de l’option forte en mathématique doivent être acquises pour pouvoir entreprendre des études à la faculté des sciences appliquées et cette évaluation est faite par des professeurs de candidatures. La préparation est un travail d’équipe et de relais. Je partage ce sentiment de satisfaction avec tous mes collègues qui enseignent les mathématiques à l’institut Saint-Michel et plus particulièrement Christine Bosquée et Bernard Devos qui, avec moi, ont assuré leur formation durant ces deux dernières années, explique Bernadette Goffin.

Mais il faut rendre à César ce qui appartient à César, le mérite revient à ces six élèves lauréats, qui en plus de leur horaire, ont suivi des cours complémentaires les samedis matin à Libramont ou à Namur. Il faut se rappeler qu’une fois la session de juin terminée, et alors que leurs camarades de sixième faisaient la fête et profitaient des vacances, c’est de nouveau un blocus et une deuxième série d’examens très sélectifs qui les attendaient ! Être un numéro dans un très grand auditoire, devant des questions ardues et avoir un temps très limité pour y répondre tout en sachant que seulement la moitié des candidats seront acceptés est loin d’être une chose aisée et il faut de la volonté pour relever ce beau défi ”, souligne la professeur de mathématique.

Pour la petite histoire, aucun des six élèves n’a dû subir d’évaluation orale complémentaire dans aucune des quatre disciplines (analyse, géométrie, algèbre et trigonométrie), leurs résultats étant plus que satisfaisants dès la première épreuve écrite !
Souhaitons à ces six brillants élèves de réussir dans la suite de leurs études et félicitations à leurs professeurs.

Ol. Weyrich

La danse au cœur

La danse au cœurTous les deux ans, Les Ateliers de la Danse de Neufchâteau présentent un récital de plus en plus professionnel. Derrière cette vitrine se cachent plus de quarante années de travail, de passion et de générosité. À l’heure où une page se tourne, il nous semblait nécessaire d’éclairer quelques étapes fondatrices de ce parcours peu banal.

Fin des années 50, une poignée de passionnées (Jacqueline Metz, Eliane Balon…), emmenées par Yvette Schenéder, lançaient l’idée de créer des cours de danse ouverts à tous. Rapidement reconnu par les Services d’éducation populaire, le groupe se développe et présente son premier récital, mis en scène par Rémy Cornerotte, à L’Union en 1960.

Une des caractéristiques importantes de ces spectacles a toujours été la volonté de défendre une certaine conception de l’art de danser. Il s’agit, et cette volonté reste toujours d’actualité, d’apporter une solide formation au danseur qui progressivement apprend les bases de la technique et de la morphologie mises aux services de l’esthétisme, d’une haute idée de l’acte créatif et de la beauté. On est loin ici des “Stars Academy” et autres usines à fabriquer des clones dansants qui se limitent souvent à imiter des chorégraphies télévisées.

La danse est un art difficile à l’apprentissage long et semé d’embûches avant de pouvoir présenter une œuvre digne de ce nom. Pour concilier l’exigence et le plaisir, chaque spectacle s’ouvre à la poésie et à la musique classique ou contemporaine. Cocteau, Verlaine ou Rimbaud se mêlent aussi bien au jazz qu’à des musiques plus traditionnelles.

En 1968, la mise sur pied de stages de danse classique pendant les vacances scolaires, repris sous l’encadrement des Vacances Culturelles, sera l’embryon de la future Académie Internationale d’Été de Wallonie dont le rayonnement local et international et la qualité des stages ne sont plus à démontrer.

Une fidélité sans faille

La danse au cœurParmi les anciens élèves des Ateliers de la Danse, on soulignera des noms connus de notre commune : Monique Nannan, Rose-Marie Bastin, Martine Castagne, Mireille Hartmann, Françoise Annet… et les noms des pédagogues professionnels qui les ont encadrés : Nicole Baijot, Sophie Miclotte, Fabienne Lambert, Géraldine Boussard, Daniela Lucà…Toutes ces rencontres, tous ces spectacles ne peuvent se réaliser sans l’implication de nombreux bénévoles et sans l’aide précieuse notamment de Danièle et Yves Magerotte, sans oublier Jacqueline Rosière qui depuis plus de trente ans assure des cours, dont actuellement celui de Danse rythmique proposé chaque mercredi aux enfants à partir de quatre ans. Reconnu par les tournées Art et Vie depuis de nombreuses années, Les Ateliers de la Danse ont écumé les scènes de notre province et d’ailleurs (Huy, Bruxelles…) démontrant leur savoir-faire et la volonté de le transmettre.

En ce début d’année scolaire, les responsables de l’organisation ont décidé de transférer leurs activités vers l’Académie de Musique de Saint-Hubert dont l’antenne chestrolaise s’inscrit parfaitement dans le projet de continuité des fondateurs. Chaque semaine, au Centre du Lac, des professionnels de haut niveau assurent des cours allant du classique au jazz : Sophie Yernaux (professeur dans diverses écoles internationales et académies belges et à l’école de danse Alix Riga) ; Xin Wen Cao, chorégraphe, ex-danseur au Théâtre-Opéra de Pékin et de la Compagnie Béjart-Lausanne-Ballet. Bref, un programme complet offrant qualité et diversité. De la danse pour tous les âges et tous les goûts près de chez vous.

Après plus de quarante ans, une infrastructure professionnelle remplace une infrastructure amateur dont la démarche artistique était depuis longtemps professionnelle. C’est un pas en avant fondamental et nécessaire afin d’assurer la pérennité de l’institution. Bon vent à cette nouvelle aventure et que les fondateurs se rassurent : l’enfant est entre bonnes mains.

P. Dabe

Renseignements et inscriptions :
Xavier Haag, rue de la Converserie 1
6870 Saint-Hubert 061 61 22 44

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