16 octobre 2003 - n°222 - 223 - 224

Région

“ J’écrirai pour vous ! ”

Catherine FagnerayRédiger du courrier n’est pas à la portée de tous. La manière de tourner une phrase, d’expliquer l’essentiel et de disposer du matériel adéquat constitue souvent, aujourd’hui encore, des obstacles difficiles à surmonter. Les obligations administratives sont de plus en plus nombreuses et peuvent être, pour le citoyen d’aujourd’hui, une difficulté réelle et problématique. Pour aider et accompagner tous ceux qui sont demandeurs d’un accompagnement administratif, des écrivains publics vendent leurs services. Catherine Fagneray, installée à Longlier, est de ceux qui ont décidé d’écrire pour vous.

Nul ne sait vraiment quand sont apparus les écrivains publics. Mais la fonction, elle, existe depuis l’Antiquité. Tout le monde garde en mémoire l’image du scribe égyptien en train de gratter sa tablette de terre. Plus tard, au Moyen âge, le copiste prendra son relais. Certains d’entre eux arpentent même les marchés avec leur écritoire et leur plume d’oie, offrant leurs services à qui en a besoin.
Aujourd’hui, l’écrivain public ne s’adresse plus seulement aux personnes en mal d’écriture. Son rôle est devenu plus vaste.
Catherine Fagneray l’explique bien : “Je conçois mon métier comme un bureau conseil. Outre le fait d’apporter un secours aux personnes fâchées avec l’écriture ou la paperasse, je propose mes services pour épauler les particuliers, les professionnels ou les administrations dans toutes démarches ou conceptions de dossiers divers et pointus”.

L’idée de ce nouveau métier a germé dans la tête de Catherine Fagneray il y a dix ans. Toutefois, à l’époque, elle estimait manquer d’expérience et la demande de ce genre de services n’était pas aussi importante qu’aujourd’hui.

Depuis, Catherine a fait ses armes dans l’administration avec laquelle elle garde un contact étroit. De plus, en quelques années, la complexité administrative est devenue telle qu’il faut, dans de nombreux cas, être assisté pour répondre à ses obligations administratives.

“Les services que je propose aux particuliers vont de la rédaction d’une simple lettre jusqu’à la prise en charge des formulaires plus complexes comme par exemple la rédaction d’une demande de pension en langue allemande pour d’ex-résidents”, explique Catherine Fagneray.

L’environnement et les marchés publics sont ses spécialités.

Depuis le 1er octobre 2002, la nouvelle réglementation relative au permis d’environnement et au permis unique est en vigueur. Toutes les entreprises ou personnes qui exercent une activité ou qui vont entreprendre des travaux nécessitant au préalable une étude, comme par exemple l’épuration individuelle ou quelconque activité exigeant un diagnostic environnemental, sont confrontées à l’obligation de répondre à des procédures lourdes et complexes. Pour vous y aider, Catherine Fagneray propose son expérience. Avec elle, vous dresserez une analyse de votre situation et un inventaire de vos obligations diverses. Enfin, elle vous épaulera dans vos démarches, procédures administratives générales ou encore permis d’urbanisme.

Le bureau conseil ouvert par Catherine Fagneray offre aussi un service plus pointu destiné aux entreprises confrontées à la problématique des marchés publics.

Les procédures dans ce domaine sont très strictes et forcément réglementées. Quelles sont les initiatives à prendre pour pouvoir participer aux procédures de sélection et d’attribution de marché ? Comment introduire utilement sa candidature et présenter une offre ? Comment réagir quand surviennent les incidents lors de l’exécution de marché ? Autant de questions auxquelles Catherine Fagneray peut vous apporter des réponses, voire des solutions. Que vous souhaitiez être conseillé à un stade précis de la procédure ou que vous souhaitiez confier la gestion totale de la procédure à un spécialiste rompu à ce genre de dossiers, Catherine Fagneray répond : présente !

Ol. Weyrich

Bureau conseil,
uniquement sur rendez-vous :
061 27 00 53 - 0498 39 46 53
catherine.claude@belgacom.net

Tous au poste !

Tous au poste !À la salle le Carrefour d’Hamipré, ce samedi 27 septembre après-midi, des fous du timbre-poste planchaient sur le questionnaire de la seconde édition des Philatéliades organisées par le cercle de Neufchâteau. Cette idée originale de se rencontrer dans de véritables joutes est née sur le sol ardennais, mais voilà qu’on parle déjà d’étendre le concours à toute la Wallonie.

Les philatélistes aiment les concours. Ils adorent débusquer tel personnage célèbre, trouver l’année d’émission de tel timbre ou énoncer toutes les couleurs d’un tirage d’Albert II. Ils font des concours dans leur cercle, avec des cercles amis. C’est dans cet ordre d’idées que sont nées les Philatéliades… et elles auraient très bien pu n’exister qu’au niveau de questionnaires écrits envoyés à des cercles participants, par simple courrier par exemple. Les Chestrolais ont préféré organiser une rencontre réelle, humaine. La première avait lieu l’an passé au moulin Klepper et la seconde vient de se dérouler, avec une évolution par rapport à la première édition. Les participants groupés en triplettes s’affrontent grâce à un questionnaire préparé aux petits oignons par Jean Oth, le président, et testé sur des philatélistes cobayes qui, eux, ne participeront pas.

Dur, très dur !

PhilatéliadesVers quinze heures, quinze heures et quart, la salle le Carrefour ressemblait à une classe en examen… bien que lors d’examens, on ne boive pas d’Orval ou de Ciney. Les onze équipes, composées d’un driver et de deux disciples, potassaient les catalogues, inspectaient à l’aide d’une loupe le visage des personnages imprimés. Le bruit des pages que l’on tourne fébrilement s’accentuait soudain, lorsqu’au micro une voix lançait : “ Il reste cinq minutes.” Il s’agissait notamment de retrouver à qui appartenaient des paires d’yeux ! La télévision locale ne perdait pas une miette des mimiques, des sourcils qui se fronçaient et des fronts couverts d’étonnement. Les questions étaient difficiles ! Les participants chuchotaient des avis, pendant que les membres du cercle de Neufchâteau passaient entre les tables pour voir si personne ne trichait ! Le quartier général des examinateurs, quant à lui, était installé dans les cuisines, à l’abri des tensions et des regards.

Les philatéliades se déroulaient en deux manches. “Un détail qui ne nous avait pas frappés, explique Jean Oth, c’est que certains viennent parce qu’ils sont mordus et que d’autres ne sont là que pour se rencontrer, papoter timbres et boire un bon verre. Alors, les premiers sont acharnés pendant que les seconds trouvent l’épreuve un peu difficile et attendent le dénouement avec impatience. Nous avions cependant déjà apporté une amélioration par rapport à l’an passé en supprimant une sélection pour que le concours ne s’éternise pas.”

Il faut dire que la formule est à ses débuts ! Quoi qu’il en soit, c’est Hornu qui a remporté la première place et Binche, la seconde.

On se les arrache !

L’année prochaine, les Philatéliades iront à Namur et la suivante, elles se dérouleront à Hornu, près de Mons. Restera à trouver un cercle dans le Brabant et un cercle près de Liège pour boucler les cinq provinces, avant de revenir par ici.

“L’année dernière, nous pensions passer à quelqu’un d’autre tout en restant en Wallonie, mais finalement, nous avons remis cela.”

En tout cas, l’idée doit être bonne puisque des Flamands se renseignent (mine de rien) pour savoir comment les organiser et que le club de Bastogne voudrait accueillir ce concours en 2005, pour fêter le quarantième anniversaire du club !

B. Herry

Un dico philathélique

Un dico philathéliqueA l’occasion des deuxièmes Philatéliades, Jean Oth a publié un livre, ou plutôt un morceau de dictionnaire. “Depuis des années, nous faisons des concours dans des bulletins de cercles, explique-t-il. Trois, quatre, cinq ou six concours par mois ! En discutant une fois, on se disait entre philatélistes que si on avait un répertoire de tous les personnages qui sont sur les timbres, ce serait bien pratique. De là est venue cette idée du dictionnaire des personnes, mais en travaillant, j’ai aussi imaginé un dictionnaire de l’art, des professions, de la musique, de l’industrie, de la vie sociale, des sports, des thèmes religieux, du syndicalisme, etc. et tout ce qu’on ne peut pas classer ! Au bout de six ans, j’avais pratiquement quatre-vingts pour cent des personnages que l’on trouve sur les timbres. Initialement, je pensais éditer une encyclopédie, mais en y réfléchissant, j’ai opté pour une édition en plusieurs volumes.”

Au total, ce sont sept volumes qui constitueront l’ensemble du travail. Le premier est sorti et le second est déjà “sur le feu”. Jean Oth est un auteur qui a toujours un livre qui mijote ! Les illustrations sont en noir et blanc. Le dictionnaire reprend, dans certains cas où c’est possible, une tapisserie ou une peinture complète, de laquelle on a extrait le timbre. Le but est de rendre l’image du timbre plus lisible et plus attrayante.

À la fin, après l’alphabet, le lecteur trouve des notions d’héraldique. Un chapitre aborde les signatures. Il doit y avoir seize signatures de personnes sur les timbres, comme celle de Bela Bartok, de Lindbergh, etc.

Les amateurs attendent les prochains volumes qui devraient sortir au rythme d’un tous les ans.

B.H.

Dampierre et détours

La trompe de chasseL’or des fougères et les brumes matinales ont sonné l’automne au creux de nos forêts ardennaises. Les odeurs des champignons, des troncs d’épicéas fraîchement coupés accompagnent les promeneurs. Ce moment de l’année est absolument particulier, même les branches craquent autrement! Et si au détour d’un chemin, la voix d’une trompe de chasse s’élève… l’instant devient magique.

Cet instrument, épuré à l’extrême, est d’une facture déroutante; il n’a ni piston ni coulisse! Et pourtant, ces 454 centimètres et demi de laiton enroulés, terminés par un pavillon plus grand qu’une main, ont le don d’émerveiller, de captiver, comme si la trompe vibrait au son de la nature.

Philippe Manand, garde forestier, est tombé sous le charme du son cuivré voici déjà plusieurs années. Tout doucement, il s’en est approché, a essayé de produire les premières notes. Peu de temps après, il a craqué! “J’ai acheté ma première trompe en juillet 1995, explique-t-il. Je me suis déplacé jusqu’à Château-Thierry exprès, parce que la trompe n’est fabriquée qu’en France et j’ai commencé à apprendre. La trompe de chasse n’est pas si facile à pratiquer qu’il n’y paraît… lorsqu’à l’écoute d’un sonneur déjà confirmé, se dégage une impression d’aisance. Apprendre à sonner nécessite avant tout beaucoup de volonté et d’entraînement. Il n’y a pas d’âge pour commencer.” Un “bon coffre” est toutefois nécessaire! Normalement, les enfants ne commencent pas avant dix ans. Les poumons doivent être suffisamment grands et, mine de rien, cela demande de la force. C’est presque un sport.

La trompe de chasse“La trompe de chasse est indissociable de la vénerie (la chasse à courre). Elle lui doit son origine, sa signification et son développement. Les premiers airs de chasse remontent à 1705, mais c’est à partir de 1723 que le marquis de Dampierre écrivit les premières des deux mille fanfares qui constituent aujourd’hui ce patrimoine musical.”

Bien souvent, les sonneurs de trompe jouent sans consulter de partitions. “En fait, on apprend les morceaux de mémoire. Une fois par semaine, je vais à Bertrix pour répéter, avec d’ailleurs quatre autres Chestrolais. En tout, nous sommes une dizaine. Nous jouons en salle et si la météo le permet, nous allons dans les bois. Là c’est sublime ! Si le temps est clair et sec, les mélodies se propagent entre les arbres.”

Et à l’entendre parler, on en est tout retourné !

La trompe de chasseC’est aussi ce son… surnaturel qui a ému la famille Burnet. “Nous allions écouter les sonneurs de trompe à Saint-Hubert, dit Pierre, le papa, mais les musiciens nous semblaient comme intouchables avec leur tunique de laine anglaise.” Tous les Burnet étaient donc un peu séduits, mais avaient l’impression que cela appartenait à un autre monde. Un jour cependant, Michaël, l’aîné des garçons fut interpellé par un chant de trompe en marchant en rue, en plein Neufchâteau. C’était un certain Thibaut Jentges qui sonnait; il répétait. Captivé et capturé par les sonorités, Michaël rentre à la maison et dit : “Papa, j’aimerais jouer de la trompe de chasse.” Ce à quoi le papa a répondu : “Eh bien, débrouille-toi! Si tu arrives à trouver comment on en joue, tu peux y aller!”

Michaël ne se fait pas prier. Il questionne Thibaut, l’accompagne aux répétitions et s’applique à l’étude. Deux semaines plus tard, Pierre Burnet s’y met aussi! Ils jouent depuis cinq ans maintenant. Cela devait arriver : Gaëtan, le plus jeune s’est laissé contaminer. “Lui, il ne joue que depuis trois ans, mais il nous a vite dépassés.”

Ce qui est extraordinaire, c’est que Gaëtan joue “le chant”, Michaël, la seconde, et Pierre, la basse. Ils sonnent donc à trois voix. “C’est un instrument qui demande du travail. Nous sonnons tous les jours. Cela demande beaucoup de volonté.” Ce “sport musical” qui exige de la discipline, une oreille subtile et une mémoire précise ne manque pas d’apporter son lot de récompenses : “Jouer à trois nous encourage, dit Michaël. Nous nous soutenons, mais nous pouvons aussi détecter les erreurs de l’un et de l’autre, et ainsi progresser. Nous avons aussi le soutien de notre maman, qui est notre meilleur supporter avec Marie, notre petite sœur.”

Comme des grues en vol, les sonneurs de trompe se placent en “V”, le dos tourné, pour présenter l’ouverture du pavillon vers le public, et jouent en suivant le léger mouvement de balancier du sonneur qui conduit. Aujourd’hui, on les entend surtout lors de cérémonies, de mariage, de fins de chasse au fusil; la chasse à courre est désormais interdite sur le territoire.

Pour l’initié, les phrases des Dampierre, modèles actuels de la trompe de chasse, sont bien plus que de simples associations de notes. En réalité, c’est un véritable langage de chasseurs. Le début de la chasse, le choix de l’animal poursuivi, les déplacements en forêt, le traverser d’un ruisseau, etc. tout est codifié ! Celui qui connaît les fanfares (les musiques) sait même si l’objet de la chasse est un cerf, un daguet, un cerf de dix cors, un cerf portant velours… ou un sanglier, un renard !

Ce vocabulaire de musiciens des bois s’en est venu chanter jusque dans la langue française. “Sonner l’hallali” d’un homme politique vient des phrases qui annoncent que la bête est aux abois.

La trompe de chasse forte de ses sonorités, du patrimoine musical qu’elle véhicule et de ses expressions françaises vaut donc trois fois le détour !

B. Herry

Renseignements : Rallye Trompes des Ardennes “Croix Mambour”, Ph. Manand 0477 78 16 34

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