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16 octobre 2003 - n°222 - 223 - 224


Un ouvrier dépanneur
C’est
le dimanche, à la suite d’un petit coup de téléphone
aux responsables de l’asbl pour laquelle il travaille, que Nestor Rothé
prend connaissance du travail qu’il devra effectuer pendant la semaine.
Il est ouvrier agricole, mais d’un type spécial. En réalité,
c’est plutôt un ouvrier dépanneur. Avec une douzaine d’autres,
il assure le Service de Remplacement pour les Agriculteurs de la province de
Luxembourg, le SEREAL.
Initialement Nestor était
chauffeur de camion. Il conduisait des chargements de ballast pour la construction
des routes. Mais un jour, il change de métier. Toute son enfance, sa
jeunesse, il les a passées dans la ferme de son père. Voici dix-neuf
ans, il postule pour un poste d’ouvrier agricole. À l’issue
d’un essai de trois mois, il décide de continuer ce métier
particulier. Le service de remplacement est né en 1973, à l’image
de ce qui existait déjà aux Pays-Bas. Les agriculteurs cotisent
auprès de cette asbl, ce qui leur assure d’être remplacés
en cas de maladie, d’accident, de décès. Aujourd’hui,
certains y font appel aussi s’ils souhaitent partir en vacances ou assister
à une réunion de famille.
“
Certains jours, on est appelé pour un surcroît de travail, comme
pendant la fenaison ou les moissons, mais parfois, c’est à la suite
d’un décès. Quand on entre dans la cour de la ferme, qu’il
n’y a personne et que les vaches beuglent, c’est éprouvant.
Dans ces cas-là, il y a souvent un papier sur la table qui explique un
peu les tâches à effectuer, ou un voisin vient à la rescousse.
Les bêtes sentent qu’il se passe quelque chose et sont nerveuses.
On doit chercher les outils, mais on finit toujours par se débrouiller.
Il arrive qu’on ait des surprises. Une fois, on m’a dit “d’aller
aux œufs”. Je me suis retrouvé dans un poulailler qui contenait
des milliers de poules, une grande machine emportait les œufs sur des bandes
transporteuses, il fallait les mettre dans des cartons. Des œufs tombaient
par terre ! Après quelques minutes, je m’étais adapté…
mais je ne m’attendais pas à cela.
Il arrive aussi, quand on est
tout à fait perdu, que le secours vienne du chien de la maison. Il connaît
les vaches, les rassemble au pré, les conduit à l’étable.
Après la traite, on ouvre à peine la barrière, qu’il
les conduit tout seul d’où elles viennent. Mais cela devient rare,
il y a de moins en moins de chiens ! ”
B.H.
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