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17 janvier 2003 - n°194
L’honneur d’un timbre
Les philatélistes le savent, chaque année un timbre sort pour les fêtes. Une fois sur deux, le sujet est religieux. Pour les autres, les illustrations sont “neutres”. En 2002, nous avions des personnages un peu fêtards et farceurs dans un style de bande dessinée. Cette année-ci, nous aurons donc un sujet religieux.
Humour et boîtes aux lettres Myriam Voz, qui est née à Herbeumont, a un début de carrière assez classique. Elle effectue des humanités traditionnelles à l’institut Notre-Dame à Bertrix et va suivre un graduat en arts plastiques en section illustration à l’école Saint-Luc à Bruxelles. En dernière année, elle réalise un travail sur un thème libre. Par hasard, son choix se porte sur la poste. Elle crée une série de dessins humoristiques dont l’objet est les boîtes aux lettres. Imaginative, elle va présenter ses planches à ce que l’on nommait encore à l’époque le service commercial de La Poste. La voilà engagée comme stagiaire ONEM dans ce service ! Là, elle remplit des fonctions administratives et occasionnellement crée des cachets, des affiches ou des couvertures de brochures. Cet emploi lui plaît et elle décide de passer l’examen de rédacteur. Mais obstinée, elle veut travailler dans le domaine artistique. Elle se présente à Frank Daniëls qui est le directeur de la Philatélie. Elle ne peut mieux tomber ! Le service a justement besoin d’un graphiste. Quand elle prend son nouveau travail, tous les timbres sont encore créés par des artistes externes à la poste. Son rôle consistait à adapter les maquettes. Cette occupation prend de plus en plus d’ampleur et il faut engager un second graphiste, rédacteur avec une formation artistique. C’est ainsi que Thierry Martin, originaire de Namur, vient l’assister. En 1993, au lendemain du décès de roi Baudouin, il faut d’urgence un timbre à l’effigie du roi Albert II. La Philatélie fait appel à des graphistes chevronnés, dont l’équipe constituée de Myriam Voz et Thierry Martin. Tous reçoivent la même photo du roi à partir de laquelle il faut créer le timbre. Au bout du parcours, c’est le roi en personne qui choisit le projet de ces derniers. Les initiales MVTM entament une belle carrière. La bonne impression “Chaque année, explique Myriam Voz, des centaines de demandes d’émission de timbres parviennent à la Direction de la Philatélie. à noter que tout un chacun peut envoyer une suggestion pour un sujet qu’il aimerait voir apparaître sur un timbre. Toutes les propositions sont examinées par la Commission philatélique qui en sélectionne finalement une vingtaine. Ensuite, en fonction du thème et du style souhaité, un artiste est choisi ; cela peut être un artiste externe à la poste ou bien notre équipe MVTM. Aussitôt que l’artiste a reçu la commande, la première phase du travail consiste à se documenter le plus possible sur le sujet. Ensuite seulement la création peut commencer. Le ou les projets sont examinés par la Commission philatélique et lorsqu’ils sont approuvés, ils sont transmis à la Photogravure qui réalise tout d’abord une épreuve couleur, et ensuite les cylindres destinés à l’impression. Nous assistons souvent à l’impression des timbres et pouvons encore faire modifier le dosage des couleurs si c’est nécessaire. Après leur impression, toutes les feuilles de timbres sont encore contrôlées une à une afin d’éliminer les anomalies.” Les presses sur lesquelles les timbres sont imprimés sont des machines “Goebel”, des presses rotatives qui permettent aussi bien l’impression en héliogravure qu’en taille-douce (ou gravure) ou en combinant les deux techniques. Ces machines permettent aussi le datage, le numérotage, la perforation et la découpe des feuilles. Les artistes travaillent toujours à quatre cents pour cent du timbre, ce qui correspond à peu près à un format de carte postale. “La principale qualité d’un beau timbre, ajoute Myriam Voz, est à mon sens la clarté du message. Etant donné l’espace restreint dont on dispose, il est essentiel de créer une image forte. Le dessin doit pouvoir supporter la réduction. Les couleurs jouent également un rôle très important. L’ordinateur n’a pas encore détrôné le travail à la main. Enormément de travaux sont toujours réalisés de cette façon ! Toutes les techniques artistiques sont admises. Cela peut aller du collage à la photo, en passant par la gouache ou l’aquarelle. En finale, l’œuvre est toujours scannée et le lettrage est souvent réalisé à l’ordinateur. Bien que certains artistes dessinent même leurs lettres.” Tombés sous le charme “L’église d’Herbeumont célèbre en 2003 le centième anniversaire de sa bénédiction, poursuit Myriam Voz, mais ce n’est cependant pas une raison suffisante pour émettre un timbre spécial. Toutefois, pour le timbre de Noël de 2003, la Commission philatélique recherchait un sujet religieux. Il pouvait s’agir d’une peinture, d’une statue ou d’une église. C’est à la même époque que j’ai découvert une photo du village et de son église sous la neige, prise par ma cousine Chantal Jacob, Herbeumontoise également. Avec mon collègue Thierry Martin, nous sommes tombés sous le charme de cette image. Nous l’avons adaptée à l’ordinateur. C’est ainsi que le timbre d’Herbeumont est né.” Le nom d’Herbeumont ne figurera pas sur le timbre, c’est la tradition en la matière pour Noël. B. H. A propos du future prévente du timbre “Herbeumont” Une prévente des timbres de Noël, dont le tirage avoisinera les douze millions d’exemplaires, aura lieu le samedi 15 novembre de 10 à 17 heures à la salle “Le Vivy” à Herbeumont. Myriam Voz et Thierry Martin seront présents pour les dédicacer.
De plus les feuillets ne sont plus composés de trente ou cinquante timbres, mais de dix, neuf, douze qui dont l’ensemble forme parfois un dessin. Donc, il est très tentant d’acheter des feuilles complètes. Tout acheter représente une fortune ! Surtout si on ne se limite pas à la Belgique. On doit donc effectuer des choix. Se dire, par exemple, je ne collectionne que les oiseaux ou que les timbres sur l’aviation. Actuellement, de nouvelles formes de présentation permettent d’associer d’autres éléments que le timbre en soi. Si on collectionne les timbres sur les abbayes, on peut intégrer des étiquettes de produits qu’elles fabriquent comme la bière, les fromages, cela ouvre une multitude de portes et la collection prend un accent personnel.” |
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