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17 janvier 2003 - n°194
Une nouvelle destinée pour “Le Central”
Cette maison est une des plus anciennes, peut-être la plus ancienne, de Neufchâteau. Elle date de 1783. Elle avait été construite par François-Joseph Roland-Burton. C’est dans cet immeuble que, de 1787 à 1792, la justice loua deux chambres pour y tenir ses séances. En 1840, le bâtiment est un café tenu par Félix Janty. C’est dans sa salle de billard qu’est fondée, le 20 décembre de cette année, la “Société d’encouragement mutuel pour l’amélioration de la race des chevaux ardennais” qui devint en 1926 la “Société Le Cheval de trait Ardennais”. C’est dans la grande salle à l’étage que s’installe la “Société de lecture” créée en 1855 par Charles Bergh, une sorte de bibliothèque où les amateurs pouvaient consulter livres et journaux. Au cours du XIXe siècle, le café fut repris par la famille Lange. C’était là que se retrouvaient les libéraux chestrolais. Le “café Lange” a existé jusqu’en 1945. Depuis lors, plusieurs tenanciers se sont succédé au café rebaptisé “Le Central”. Le dernier, M. Hotua, a terminé son bail le 31 décembre 1999. L. Lejeune Cercle “Terre de Neufchâteau” Lors du conseil communal durant lequel fut décidée l’acquisition du “Central”, on évoqua sa future destination. Sans grande précision, on y annonce la création d’une vitrine touristique au rez-de-chaussée, l’aménagement d’une salle de réunion pour le collège au 1er étage et des bureaux pour la maison de l’emploi et la maison de l’urbanisme au 2e étage. Soulignons aussi le projet de mettre en valeur la charpente. Il fut aussi évoqué l’idée de construire des logements sociaux à l’arrière du bâtiment. Lors de cette séance, l’opposition a insisté sur un engagement des responsables communaux de ne pas démolir le bâtiment. Ce que la majorité a juré ! Cet important projet de restauration et d’aménagement serait, selon le collège, inscrit au plan triennal 2003-2006, après désignation d’un auteur de projet. A suivre.
A force d’hêtre !
Albert Alexandre, le propriétaire du terrain, se souvient d’un temps où l’arbre n’était pas seul le long de la route. A ses côtés, il y avait deux autres hêtres, au fût élancé, et un chêne énorme. Il y avait aussi un mur, comme partout dans le village, un de ces larges murs bas qui servaient à retenir les chevaux dans les pâtures. Au moment de la mobilisation, un des deux autres hêtres fut abattu. Du tronc on scia des planches, tandis que les branches furent débitées en de nombreuses bûches, pour les poêles à bois, par des chasseurs ardennais qui étaient venus avec des tronçonneuses. Ces machines étaient inhabituelles dans la vie du village à l’époque. Les planches stockées dans un local mal ventilé se détériorèrent et ne donnèrent rien de bon. Plus tard, le second hêtre disparut aussi.
Mon frère qui rentrait de chez sa fiancée,
qui habitait Namoussart, fut très étonné de trouver des
branches sur la route et les villageois qui constataient les dégâts,
à la lueur de leurs lanternes à pétrole, sur le coup de
minuit. Les fidèles sortirent de l’église, terrorisés. Seul le hêtre, au tronc qui se sépare, est resté. Albert Alexandre l’a une fois mesuré. Il a noté le périmètre du tronc principal et celui des trois branches maîtresses. Il doit avoir ses chiffres quelque part dans ses archives. Les tronçonneuses, devenues plus communes aujourd’hui, se sont mises à chanter ici et là dans le village. L’un coupe une haie, l’autre une rangée d’arbres. Et le hêtre ? N’allait-il pas un jour subir l’assaut des chaînes dentées ? Des habitants se sont renseignés, sont allés au service des eaux et forêts. Il existe bien une solution : demander le classement de l’arbre ! Maurice Modard, qui fait partie de l’asbl “Lahérie loisirs”, est allé chez Albert Alexandre et ils ont introduit une demande à un service des eaux et forêts à Jambes. Le temps a passé, sans aucune nouvelle du dossier. Petit à petit, l’inquiétude a gagné les vingt-deux membres de l’asbl, soit quasiment la moitié du village qui compte une cinquantaine d’âmes. “Un jour, ils sont arrivés, explique Maurice Modard. Ils ont tourné autour de l’arbre, l’ont mesuré, photographié. Ils ont aussi regardé des haies, pris des notes. Le hêtre a été retenu comme arbre remarquable. La division nature et forêt, la DNF, a demandé que l’on ôte tous les pneus qui étaient amassés au pied de l’arbre. Ils servaient à retenir des plastiques sur des silos. Maintenant, l’environnement du hêtre, dont l’âge a été estimé à deux cent cinquante ans, doit être maintenu propre et dégagé.” “Pour qu’un arbre soit retenu, nous dit Martin Cleda de la DNF Namur, il faut engager une procédure de classement. Dans le code wallon de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, on a tous les critères auxquels les arbres ou les haies doivent répondre. Par exemple, un arbre qui a un rôle dans le folklore d’une région peut faire l’objet d’une demande de classement auprès de la Direction des espaces verts , avenue Prince de Liège 15 à 5100 Jambes. On vient toujours voir sur place et on établit un rapport en fonction des observations.” Ce hêtre est donc sur la bonne voie. Albert Alexandre se dit qu’il irait bien reprendre les mesures pour les comparer aux anciennes. Maurice Modard, son épouse et toute l’équipe de l’asbl “Lahérie loisirs” sont dans l’attente de la parution au Moniteur belge de quelques lignes qui diront que le hêtre de Chantenieule fait partie de la liste des arbres et haies remarquables. La vraie histoire du hêtre commence peut-être ici. Les amoureux qui ont choisi cet arbre pour graver leurs initiales peuvent dormir tranquilles ! B. Herry |
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