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17 avril 2003 - n°202 et 203
Prendre le temps... de lire
Après onze ans d’animation socioculturelle, il fait le constat qu’on ne travaille pas toute sa vie dans le social : “On se pose des questions. On finit par être en décalage avec les jeunes, même si on a le souci de rester dans le coup. C’est inévitable.” Ce fut le premier pas vers Le Temps de Lire. Pierre entreprend alors, tout en travaillant, de suivre une formation de bibliothécaire à Mirwart où il est véritablement fasciné par le cours de littérature. Le second déclic, c’est le fait que
tout le monde lui disait qu’une librairie spécialisée manquait
dans la région de Libramont. Mais Pierre reste prudent. Il est partagé
entre les avis favorables et les opinions plus sceptiques : “La lecture
n’intéresse plus personne...” Ensuite, il a suivi une formation Idélux, “Comment réaliser son projet ?”, qui lui a permis d’être confronté à des professionnels qui ont analysé le “dossier”. Il a encore réalisé une enquête auprès des parents des élèves de l’école Saint-Joseph à Libramont. Les résultats étaient encourageants : les gens attendent beaucoup d’une librairie de ce type. Cette fois, après avoir mûrement réfléchi, Le Temps de Lire était enfin né… Dès le départ, il a fallu donner une orientation à la librairie. Pierre voulait vraiment se spécialiser en littérature. L’habitude l’a poussé presque naturellement vers la littérature de jeunesse, qui prend une ampleur phénoménale aujourd’hui. Mais, par ailleurs, il ne fallait pas trop se cloisonner afin de rencontrer les attentes d’une clientèle plus large. “Ma clientèle m’inspire beaucoup dans le choix des livres et des bandes dessinées. Parfois les goûts des gens me poussent à acheter certaines choses. Mes propres goûts me guident également. J’aime beaucoup la littérature actuelle, les jeunes auteurs, les auteurs belges et régionaux. De plus, je veille à faire une place aux petites maisons d’édition souvent écrasées par les grands manitous ! Et puis, il y a également le système d’offices proposés par des représentants de maisons d’édition. On choisit de prendre tout ce qui sort dans telle ou telle édition. C’est ce que je fais pour L’ école des Loisirs en littérature de jeunesse. Cela permet de ne pas passer à côté des nouveautés incontournables. Ça permet aussi de renvoyer le stock invendu. De cette façon, il y a un roulement dans les livres. Enfin, chacun peut passer des commandes particulières dans un délai assez court. En fait, dans le choix des articles, mon souci est toujours de respecter ma clientèle et le cadre de la librairie, tout en pensant inévitablement au côté commercial. Il faut aussi être rentable !” Bref, au cœur des livres, Pierre Bodson est heureux. Ce qu’il aime surtout, c’est le contact avec les gens. “Le livre a quelque chose d’humain et de social qui me plaît beaucoup. C’est aussi dans ma nature ! J’aime beaucoup collaborer avec la bibliothèque ou avec les autres librairies comme Alinéa à Libramont, Oxygène à Neufchâteau.” Au Temps de Lire, la clientèle trouve un accueil chaleureux, une disponibilité parfaite et un très grand choix d’articles allant du livre au jeu, en passant par la bande dessinée et la musique. Beau projet, qui replace le livre au centre des relations humaines… Bon anniversaire au Temps de Lire qui soufflera, en août, ses sept bougies ! Céline Lahaye
L’appel de “La Louve” Depuis 1998, au travers de plus de quarante expositions, la Galerie La Louve, sise à Louftémont, réussit le pari fou d’inscrire l’art contemporain au cœur de la ruralité. Son nom est Denis, Guy Denis…Un capiche, un ludion ludique aux talents multiples. On connaît le romancier, le poète, le dramaturge, le pamphlétaire, l’homme aux convictions humanistes et républicaines, au style si personnel et à la plume trempée dans l’humour lyrique.
La galerie propose également Les inédits de La Louve. Ce sont de courts livres qui présentent “l’essence et la synthèse” d’artistes à l’œuvre marquante. La collection est déjà riche d’ouvrages sur Marcel Duchamp, Daniel Seret, Edmond Dubrunfaut ou Victor Hugo. La qualité et la précision de ces inédits sont une véritable carte de visite pour les activités de La Louve. Du rural à l’international. En plus des ses expositions en ses murs, Guy Denis s’ouvre au monde en proposant ses collections à divers salons internationaux. Après Art Miami aux U.S.A., en janvier 2003 et St’Art-Strasbourg en février, la galerie exposera, entre autres, au Salon des Antiquaires et de l’Art contemporain de Charleroi en septembre 2003 et au Libr’Art de Libramont fin septembre. En France, des co-organisations sont également prévues du 8 mai au 12 mai, Art.Metz 2003 accueillera une exposition prestige Man Ray, près d’une centaine d’œuvres du célèbre artiste dadaïste et surréaliste (photos, peintures, estampes, objets, livres) et du 3 juin au 28 juin 2003, en collaboration avec la revue Mémoire des Arts de Lyon, La Louve proposera, sur plus de 100 mètres carrés, une importante exposition “Camille De Taeye”. Arrêtons ici l’énumération de toutes les initiatives prises par Guy Denis pour faire vivre et faire reconnaître sa galerie loin des soi-disant “passages et lieux obligés” du microcosme de l’art contemporain. Pour reprendre ses mots : “Si une galerie comme la nôtre, "perdue au milieu de nulle part", comme l’a joliment écrit Anne-Sophie Gérouville, a besoin de se montrer dans des lieux forts fréquentés afin de toucher ces amateurs internationaux, la banalisation de certains salons, leur multiplication même, redonne un lustre à la galerie traditionnelle qui incite à se déplacer en véritable amateur d’art, à prendre son temps et son plaisir, à regarder, à s’entretenir avec le galeriste, à flâner… pour notre part, notre petitesse mariée à l’originalité de nos artistes est un atout : "outsider art", livres précieux, petites sculptures, soit de petites pièces de grande qualité pour des collectionneurs curieux.” Bref une volonté de recentrer l’homme au cœur de l’art, de privilégier la découverte et la rencontre et de défendre une certaine vision de ce qu’est l’acte créatif. Allons à Louftémont, louvoyons à La Louve, louchons-y à l’unisson ! Pascal Dabe Renseignements : Galerie La Louve, rue Saint-Orban à 6860 Louftémont. 063 42 42 02
Plus vite que le vent ! Tous les quinze jours, une vingtaine de personnes venaient se mettre autour du piano de Clairette Frenay, à Rosière-la-petite, pour chanter en toute simplicité. C’était en février 2002. De sept à huit heures du soir, en famille, cela faisait une halte musicale, une sorte de rendez-vous. Mais pris au jeu, certains ont demandé pour se réunir une fois par semaine, parce que lorsque l’un ratait une répétition, cela lui faisait tout un mois sans chanter. Clairette a cédé… et de partition en partition, quelque chose d’indéfinissable s’est construit. Ce n’est pas une vraie chorale, il n’y a pas les traditionnels soprani, alti, ténors et basses. De toute manière, Clairette ne dirige pas avec les mains. Ce n’est pas non plus une réunion autour d’un feu de bois ; les chants sont travaillés et réécrits avec minutie. C’est un phénomène qui n’existe nulle part ailleurs, on vient chanter avec papa, maman, les frères et sœurs. “Si je faisais quelque chose, explique Clairette, c’était une activité qui pouvait se faire avec les enfants. J’en ai six et je sais qu’il n’est pas toujours évident de s’organiser dans la vie mouvementée d’aujourd’hui. Chanter est tout à fait possible en famille et j’ai choisi des heures qui conviennent bien à tous. Mais par contre, cela me donne un travail énorme de réécriture de chants. Je garde la voix du chanteur, que je peux transposer vers le haut ou le bas et j’écris une seconde voix en fonction des capacités de nos tessitures moyennes. Je fais aussi très attention à la qualité des textes. Tout a pris une tournure que je n’imaginais
pas au début. Quand je vois l’ampleur que cela prend, j’aurais
presque envie d’arrêter. Mais je ne peux plus, les chanteurs refusent
! Alors voilà, maintenant que la machine est en route, je suis son mouvement.”
“C’est un plaisir d’arriver à présenter un concert, nous irons même à Liège le 27 avril, en plus de ce que nous avions prévu. Les enfants sont extraordinaires et ils ne déçoivent jamais !” Le concert aura lieu au cercle paroissial de Sibret, le samedi 26 avril à 20 heures.
Manhattan Le Ciné-Club Moulin Klepper présente le mercredi 30 avril 2003 à 20 heures au Moulin Klepper : Manhattan de Woody Allen (U.S.A., 1979) avec Woody Allen, Diane Keaton, Mariel Hemingway, Meryl Streep… L’une des œuvres les plus importantes de Woody Allen. Non seulement celui-ci nous éclaire sur lui-même et sur le microcosme intellectuel new-yorkais, mais son film, d’une grande profondeur psychologique, est servi par une admirable photo que vient encore souligner la musique de Gershwin. Faussement désinvolte, en réalité tragique et quasi masochiste, peinture implacable d’un milieu précis, passant de l’émotion au rire, Manhattan nous révèle l’immense talent de Woody Allen. Un rendez-vous à ne pas manquer ! Le film sera projeté en V.O. et en qualité D.V.D. La séance sera suivie d’un débat-discussion animé par François Pirot, cinéaste. |
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