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17 avril 2003 - n°202 et 203
Jour de sortie !
Quand on reste toute l’année dans un même bâtiment, avec tous ses repères, la démarche de le quitter est un peu difficile. Mais les infirmières, les aides-soignantes sont là pour rassurer les pensionnaires : “Tout va bien se passer. Des bénévoles de la Croix-rouge vont vous aider et des élèves, de seconde, de l’école d’infirmières de Libramont vous accompagnent, un élève par personne !” La tension s’estompe et les vingt-cinq personnes inscrites se laissent diriger vers les minibus sous la bonne conduite d’Anne Noël, la chef de service, l’œil attentif de Julie Paquet, l’ergothérapeute, le sourire bienveillant d’Hector Piron, le président du CPAS… Bref, tout le monde est là, un rien ému quand même de cette balade exceptionnelle. Dans la cour de la ferme, à Juseret, sous un soleil radieux, les pensionnaires sont amenés dans un réfectoire où trois animatrices leur expliquent, en deux mots, les activités de l’après-midi. Un premier groupe est dirigé vers un atelier fromage, un second vers un atelier laine et un troisième vers une pièce où trône une écrémeuse. A l’atelier laine, on compare de la laine fraîchement tondue à la laine lavée, on carde… et ici aussi, les uns parlent des moutons qu’ils élevaient, on plaisante : “Tondre les moutons, c’était pour les hommes et travailler la laine, pour les femmes !”
L’écrémeuse est déjà rincée dans la pièce où l’on prépare le beurre. Les pensionnaires autour d’une grande table observent l’animatrice qui bat une motte et chacun raconte sa petite histoire de crémière, de papier spécial, de formes et de fil à couper le beurre.
Les plus valides vont jeter un coup d’œil dans l’atelier voisin et racontent ce qu’ils viennent de faire. Les animatrices s’adaptent, c’est la première fois pour certaines qu’elles font des ateliers avec des personnes âgées;ordinairement, ce sont des enfants qui leur rendent visite. Julie Paquay, l’ergothérapeute, va d’un groupe à l’autre et est enthousiasmée par les réactions. En réalité, tout son métier trouve là une application, puisque son travail consiste à stimuler au long de l’année, par des activités, les fonctions encore disponibles des pensionnaires. “Deux fois par semaine, explique-t-elle, je viens au home et j’occupe les résidents avec des chants, de la gymnastique, etc. Le but varie en fonction de chacun. Je peux les stimuler, par exemple, pour qu’ils puissent à nouveau faire leur toilette, s’habiller. Il faut leur éviter la passivité et s’atteler à valoriser tout ce qui peut l’être. On le voit bien sur le terrain, quand un pensionnaire arrive à refaire quelque chose, l’image qu’il a de lui change !” Au terme de cet après-midi, tous étaient prêts à recommencer l’expérience. Après tout, vieillir… c’est encore vivre ! B. Herry |
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